La joueuse de curling Agnès Charette est l’une des rares membres québécoises du Temple de la renommée de Curling Canada.
La joueuse de curling Agnès Charette est l’une des rares membres québécoises du Temple de la renommée de Curling Canada.

La championne veut jouer

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
QUE SONT-ILS DEVENUS / Agnès Charette se croise les doigts. Cette rare membre québécoise du Temple de la renommée de Curling Canada espère pratiquer à nouveau son sport favori cet hiver.

La nouvelle saison doit débuter le 10 octobre, à Buckingham, où elle habite depuis six décennies.

Reste à voir si son corps va collaborer.

« Tout le monde a des bobos quand tu vieillis », note l’ancienne vice-championne du monde senior, qui a fêté récemment ses 78 ans.

Charette l’avoue. Elle a éprouvé des difficultés sur la glace l’hiver dernier. Plus précisément en raison de son genou gauche

« Tout ça à cause d’un stupide accident qui est arrivé il y a presque deux ans », déplore la septuagénaire.

« J’ai trébuché contre un tapis au club. Tout mon poids s’est retrouvé tout d’un coup sur mon genou. J’ai reçu plusieurs traitements, mais personne n’a pu trouver la nature exacte de ma blessure. Ça faisait tellement mal l’an passé quand venait le temps de me pencher. C’est la jambe qui me supporte quand je lance les pierres. Je n’ai pas eu une grosse saison. »

Résultat, Agnès Charette a réduit le nombre de parties disputées. Elle a quand même continué à donner des cliniques de curling, mais avec l’aide d’un adjoint.

« Mais à part ça, ça va bien ! Ça ne m’empêche pas de marcher pendant des heures. »

De nouveaux tests sont prévus dans les prochaines semaines afin de mettre le doigt sur le « bobo ».

Charette a pris un coup de vieux quand il a été question de ses trois titres canadiens seniors. Son dernier a été remporté il y a déjà 20 ans, en 2000.

« Je me souviens quand les gens parlaient de l’année 2000, que tout arrêterait de fonctionner. J’étais aux feux d’artifice au casino pour l’arrivée de l’an 2000. Ce n’est pas possible comment le temps va si vite quand ça va bien. »

Agnès Charette est toujours considérée une des meilleures joueuses de curling de l’histoire du Québec. Elle a participé à 20 championnats canadiens, dont six fois au tournoi des Cœurs où elle s’était liée d’amitié avec la défunte Sandra Schmirler durant les années 1990.

« Je me souviens de l’avoir battue aux championnats canadiens en 1993. On s’était échangé nos chandails de match. J’ai encore le sien chez moi. »

Fille d’un agriculteur « le long de la 148 », Charette a longtemps été enseignante en Outaouais. Un métier qu’elle pratique encore deux fois par semaine. Elle donne un coup de main au programme sport-études en golf et curling à l’école secondaire Hormisdas-Gamelin.

« Les gens me demandent pourquoi je ne prends pas ma retraite. Je réponds toujours ‘pourquoi j’arrêterais quand je fais quelque chose que j’aime encore?’ »

Charette file toujours le parfait bonheur avec son conjoint, Jean St-Pierre, qui a aussi connu ses moments de gloire sur les glaces de curling. Le couple a deux garçons âgés de 52 et 55 ans.

« Ce ne sont plus des bébés », lance en riant Agnès Charette.

Mordue de sports, elle s’amuse ces jours-ci avec tout ce qui est diffusé au petit écran.

« J’ai toujours adoré regarder les sports. C’est le fun avec le hockey et le football en ce moment. Et il y a l’Impact. Il n’y a rien que je ne suis pas. Le sport, c’est ma vie », souligne-t-elle.

« Mes petits-fils jouent au soccer. J’aime aller à leurs matches. Une chance qu’il y a tout ça, sinon nous n’aurions pas grand-chose à faire. J’aime la lecture. Mais j’ai tellement lu depuis le confinement que j’ai besoin d’une pause ! »


« Les gens me demandent pourquoi je ne prends pas ma retraite. Je réponds toujours ‘pourquoi j’arrêterais quand je fais quelque chose que j’aime encore?’ »
Agnès Charette

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QUAND LA CHANCE SOURIT CINQ FOIS

On la savait talentueuse à lancer une pierre de curling. Ce qu’on ignorait d’elle ? Au golf, la chance lui sourit aussi sur les verts et allées.

Elle compte cinq trous d’un coup à son actif. Un de plus que son conjoint. Un fait qu’elle aime lui rappeler ici et là, dit-on.

« Je l’agace avec ça au fil des ans », affirme Charette en riant.

« Il y a deux ans, il avait réussi son quatrième à vie. Nous étions alors à égalité. Il était content de me le dire en revenant à la maison après sa ronde. Puis deux mois plus tard, j’en fais un cinquième pour reprendre l’avance ! »

Ça se passait au cinquième trou au club de golf de Buckingham,  une normale trois de 100 verges pour les femmes.

« Quatre de mes cinq trous d’un coup ont été réussis sur ce trou. Des fois, tu ne peux pas voir la balle tomber car il y a une descente vers le trou qui empêche parfois de voir le drapeau selon où il est placé. C’était le cas la dernière fois pour moi. »

Charette n’a jamais conservé les balles de ces cinq exploits. Mais en revanche, le professionnel du club lui a remis un souvenir chaque fois.