Serge (gauche) et Denis (droite) Labelle se retrouvent depuis une décennie à la tête de leur propre entreprise en relations internationales dans le domaine du marketing numérique, Akuntsu, en compagnie de leur partenaire d’affaires Yuko Nakamura (centre).
Serge (gauche) et Denis (droite) Labelle se retrouvent depuis une décennie à la tête de leur propre entreprise en relations internationales dans le domaine du marketing numérique, Akuntsu, en compagnie de leur partenaire d’affaires Yuko Nakamura (centre).

Joindre la famille olympique

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
QUE SONT-ILS DEVENUS ? / Denis Labelle parle comme un fier père.

Son bébé a fêté ses 20 ans, il y a une dizaine de jours. Le 17 septembre 2000, le triathlon effectuait ses débuts aux Jeux olympiques, à Sydney, en Australie.

Le Hullois a été un des pionniers de ce sport. Cofondateur de l’Union internationale de triathlon (ITU) en 1989 avec Les McDonald, il a tenu aussi le rôle d’entraîneur-chef de l’équipe canadienne.

Surtout à l’âge de 26 ans, Labelle s’était retrouvé à la tête d’une coalition internationale avec son ami afin d’intégrer ce sport dans la grande famille olympique. «Se retrouver dans le programme des Jeux, ce n’est pas une affaire qui se fait en trois minutes», note-t-il.

Beaucoup de lobbying a été nécessaire. Plusieurs voyages aussi. Et surtout beaucoup de patience.

«Cela a quand pris six ans. Je me souviens encore de recevoir en 1994 une lettre par télécopieur du président du CIO (Comité international olympique) de l’époque, Juan Antonio Samaranch, qui nous disait que le triathlon ferait partie des Jeux à Sydney.»

À ses débuts, l’Union internationale de triathlon comptait 30 pays membres. Un chiffre qui a maintenant quintuplé.

Aujourd’hui âgé de 57 ans, Denis Labelle a passé à autre chose avec son jumeau Serge, qui était entraîneur de l’équipe olympique canadienne d’athlétisme en 1992 et 1996. Les frères avaient fondé le club d’athlétisme du Stade hullois à l’âge de 18 ans.

Le duo se retrouve depuis une décennie à la tête de leur propre entreprise en relations internationales dans le domaine du marketing numérique, Akuntsu, en compagnie de leur partenaire d’affaires Yuko Nakamura. Il a donné un coup de main au comité de mise en candidature de Tokyo pour l’obtention des Jeux de 2020 à titre d’expert-conseil.

«C’était un autre rêve qui se réalisait», avoue Denis Labelle.

«Serge connaît bien Masato Mizuno qui était le président du comité de mise en candidature. Serge avait approché sa compagnie dans les années 1980 afin qu’il devienne commanditaire de l’équipe canadienne d’athlétisme. Des liens ont été créés. Ils n’ont jamais disparu. Quand M. Mizuno a demandé à Serge et moi si nous pouvions l’accompagner dans la présentation de la candidature, nous avons accepté.»

Jamais il n’y a eu d’hésitation. Les Labelle ont toujours porté les anneaux olympiques dans leur coeur.

«J’ai toujours rêvé aux Jeux depuis l’âge de 13 ans quand je suis allé voir les Jeux olympiques de 1976 à Montréal avec ma mère. Je lui avais dit que c’était ce que je veux faire, raconte Denis Labelle. Ma mère Thérèse était visionnaire. Je lui dois tout. Elle nous avait dit qu’il n’était pas question de rester à Hull pendant que les Jeux se déroulent à Montréal. Nous avons travaillé tout l’été pour nous acheter des billets. Nous avons passé la première semaine des Jeux à Montréal.»

Quand la Ville de Gatineau lui a désigné l’Ordre de Gatineau en 2015, Labelle savait à qui dédier l’honneur. «À ma mère», dit-il.

Trilingue, Denis Labelle a touché à un peu au fil des ans. Il a travaillé en tant que directeur général de la Fondation internationale Jeanne Sauvé pour la jeunesse.

Selon sa biographie, une de ses principales réalisations dans le monde numérique a été la co-création de Google+ create, une communauté de 14 millions de créatifs dans le monde. Le magazine Forbes a même souligné sa contribution à ce chapitre.

«Serge est pareil. Nous nous réinventons continuellement. Dans le fond, nous sommes triathloniens sans le savoir!»


« J’ai toujours rêvé aux Jeux depuis l’âge de 13 ans quand je suis allé voir les Jeux olympiques de 1976 à Montréal avec ma mère. Je lui avais dit que c’était ce que je veux faire »
Denis Labelle

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UNE MÉDAILLE CONÇUE SUR UNE SERVIETTE

Ça se passait à l’été 2010 à Singapour. Une larme lui a coulé au visage en assistant à la première remise des médailles de l’édition inaugurale des Jeux olympiques de la jeunesse.

«De voir la médaille que nous avions conçue se retrouver au cou d’une athlète, explique Denis Labelle. En plus, c’était une Japonaise en triathlon qui la recevait. Je trouvais que la boucle avait été bouclée de belle façon.»

Un sport auquel Labelle a tant donné. Un pays avec lequel il est tombé amoureux au fil des ans.

L’agence Akuntsu, qui a ses racines à Montréal, brasse autant des affaires au Canada qu’en Asie. Particulièrement au Japon. Elle avait remporté à l’époque le concours de design du CIO pour les médailles des premiers JO de la jeunesse.

«C’était touchant de voir sur des médailles ce que nous avions dessiné sur un napkin, relate Labelle. Ces médailles se retrouvent maintenant au Musée olympique à Lausanne. Je n’aurais jamais pensé vivre tout ça quand j’étais plus jeune.»

L’autre beau cadeau qu’il reçoit ces jours-ci? «Revoir des anciens athlètes maintenant avec des enfants», mentionne-t-il.