La carrière d’Erik Lyman en cyclisme et ses six années passées en Europe ont forgé son caractère.
La carrière d’Erik Lyman en cyclisme et ses six années passées en Europe ont forgé son caractère.

Cycliste un jour, cycliste toujours

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
QUE SONT-ILS DEVENUS? / Le cyclisme compétitif traverse ses plus belles années dans la région de la capitale nationale.

Michael Woods a gagné une deuxième étape dans un grand tour, mardi, à la Vuelta. Alex Cataford vient de participer au Giro pour la première fois de sa carrière.

La vétérante Karol-Ann Canuel demeure compétitive et la jeune Laury Milette a goûté aux Mondiaux juniors en 2019. La liste comprend les spécialistes sur piste Ariane Bonhomme et Vincent De Haître, qualifiés en vue des prochains Jeux olympiques.

Entre deux clients dans sa boîte de communication, l’ancien cycliste Erik Lyman garde un oeil sur les performances locales. Il se réjouit pour son sport.

«J’aime regarder encore le Tour de France, le Giro et la Vuelta, même si un peu plus compliqué de suivre ça à la télé. Il faut aller sur le web. Ce que fait Mike en ce moment, c’est impressionnant. Il gagné deux étapes d’un tour majeur et il a fini sur le podium aux championnats du monde. Sa capacité cardio-vasculaire de puncher, c’est tout autre chose que les autres. Il t’a une force brute. Et c’est un gars de chez nous!»

À son époque, ils étaient seulement deux hommes du coin à prendre des départs réguliers sur la scène internationale. Ottawa avait Gord Fraser tandis que Hull misait sur Lyman, qui avait participé au Tour Trans-Canada en 1999.

«C’était en quelque sorte l’ancêtre des Grand Prix cyclistes de Québec et de Montréal», rappelle l’ancien athlète âgé maintenant de 47 ans.

Erik Lyman

Une étape s’était terminée en Outaouais. «Devant le Musée de l’histoire. Il pleuvait», se rappelle Lyman, dont les dernières courses internationales remontent au milieu des années 2000.

Il a fondé, il y a une quinzaine d’années, sa propre compagnie, Lyman Media, en plus d’être chargé de cours pendant trois ans à l’Université d’Ottawa.

«Je crée notamment du contenu marketing pour des sites web. Je travaille aussi sur des concepts publicitaires.»

Tiens les grosses affiches de Gerik Construction sur lesquelles on pouvait lire à un certain moment le slogan «Quand les bottines suivent les babines», c’est lui.

Mais le sport occupe encore une place importante dans sa vie.

Sa conjointe et lui s’offrent des voyages à travers le monde pour faire du ski alpin. «Parfois un peu extrême dans des sous-bois. J’aime l’adrénaline que ça procure», dit-il.

Lyman joue aussi au hockey dans une ligue d’adultes. Et surtout, il roule toujours, ayant créé la Ligue cycliste d’affaires de l’Outaouais (LCAO).


« Quand tu amènes un enfant à la patinoire ou à un centre de ski, tu investis dans sa fondation comme être humain. C’est le plus beau cadeau que tu peux faire à un jeune. »
Erik Lyman

«C’est déjà notre septième saison. Nous avons eu à travers les années plus de 200 membres. Nous effectuons en moyenne de six à dix sorties encadrées. Il n’y a pas de compétitions. Nous sommes des gens d’affaires qui cherchaient une alternative pour faire du réseautage. Nous avons des spécialistes qui viennent faire de l’éducation, parler de comment bien s’alimenter, de l’importance d’être un leader en santé et mener une vie équilibrée.»

Lyman parle encore à quel point sa carrière en cyclisme, dont six années passées en Europe, ont forgé son caractère. Ces jours-ci en temps de pandémie, il se désole de voir certaines personnes tasser le sport sur les lignes de côté.

«Est-ce plus important que les jeunes fassent du sport ou qu’ils passent l’Halloween? Je crois qu’il faut faire la part des choses. Je veux dire aux gens que le sport, c’est important. Ça amène confiance en soi-même. Quand tu amènes un enfant à la patinoire ou à un centre de ski, tu investis dans sa fondation comme être humain. C’est le plus beau cadeau que tu peux faire à un jeune.»

Pédaler dans les rues de Rome

Erik Lyman a pu rouler un peu partout, de l’Amérique du Nord à l’Europe en passant par le Maroc, en Afrique.

Une compétition l’a marquée toutefois plus qu’une autre fois. En 1997, il était du peloton du Tour d’Italie espoirs, connu aussi dans le milieu comme le «bébé» Giro. Un événement qui sert de vitrine pour la relève du sport.

«Une ambiance extraordinaire. Ce n’est pas seulement une des plus grosses courses qui peut t’amener au niveau professionnel, c’est aussi la foule... Dans les rues de Rome, autour des ruines, tu avais 300 000 personnes qui crient, qui aiment le vélo. C’est du monde. C’est assez mental.»

Rien qui ne se compare à la poignée de spectateurs qui assistent à des courses au Québec.

Lyman était directeur de course à un certain moment du Grand Prix cycliste de Gatineau, qui attirait l’élite féminine internationale.

«Il y a une culture cycliste ici, mais elle reste participative, dit-il. En Europe quand tu fais des courses comme ça et que tu débarques de ton vélo, tu as 100 personnes qui t’attendent déjà pour effectuer une entrevue ou pour te faire signer quelque chose.»