Blaine Stoughton n’a pas joué longtemps avec Gérald Leroux, mais il a eu le temps de le marquer à vie !
Blaine Stoughton n’a pas joué longtemps avec Gérald Leroux, mais il a eu le temps de le marquer à vie !

Compteur théâtral, Playboy et terreur

Blaine Stoughton a déjà connu une saison de 56 buts et de 100 points avec les Whalers de Hartford dans la LNH. Mais avant d’y arriver, il avait d’abord été un joueur vedette dans l’Association mondiale (WHA), surtout avec les Stingers de Cincinnati, mais aussi chez les Racers d’Indianapolis où il avait été un coéquipier de Gérald Leroux.

À ses débuts chez les professionnels, l’attaquant de St-Bernardin ne pouvait tout simplement pas s’asseoir à côté de ce personnage excentrique sur le banc des joueurs. Pour vous donner une idée de l’individu, Blaine Stoughton était marié à une Playboy bunny et selon Gordie Howe lui-même, « Cindy » était encore plus populaire que Blaine à Hartford !

« C’était tout un bouffon ! Il avait un énorme talent, mais Blaine jouait au hockey pour avoir du plaisir avant tout. Il me faisait trop rire. J’étais nerveux et je voulais faire ma place dans l’équipe. J’avais Pat Stapleton comme coach. Je ne voulais surtout pas qu’il m’attrape en train de rire ! »

En 1978, à Indianapolis, Blaine Stoughton avait été assigné dans un trio avec Wayne Gretzky. Il avait été le 7e choix de la première ronde du repêchage 1973 de la LNH. Il avait joué pour les Penguins de Pittsburgh dès sa sortie des rangs juniors, puis il avait été échangé aux Maple Leafs de Toronto où il a disputé toute la saison 1974-75. Son manque de sérieux a eu raison de la patience de Harold Ballard, le propriétaire des Maple Leafs. Un incident hors de l’ordinaire a marqué son renvoi dans l’Association mondiale pendant cinq longues saisons.

« Il avait du talent à revendre. Il pouvait marquer trois buts sans trop forcer, mais il se sacrait pas mal de tout ! À Toronto, il avait reçu une passe très haute de Tiger Williams. Il avait donc recommandé à Tiger d’envoyer sa prochaine passe à la même hauteur, mais plus fort. Blaine lui avait dit qu’il pourrait mieux capter ses passes avec son gant. Il avait donc accroché son gant au bout de sa palette ! Dans un match de la LNH, ça n’avait pas passé ! Harold Ballard ne l’avait pas digéré. Pas longtemps après, il était parti ! »

Dave Semenko

Dans la WHA, la réputation de Dave Semenko n’était plus à faire. Cette armoire à glace de 6’3’’ et 215 livres faisait trembler ses adversaires.

Un soir, dans un hôtel d’Indianapolis, Gérald Leroux fait sa rencontre avant un match entre les Racers et les Oilers d’Edmonton.

Le lendemain, à la mise au jeu initiale, Leroux 5’6’’, se retrouve à côté de Semenko. Le contraste ne peut pas être plus frappant. Semenko s’approche de Leroux pour lui dire le plus sérieusement du monde : « est-ce que ta mère sait que tu es ici ? »

Sourire aux lèvres, Semenko donne une ensuite petite tape sur les jambières de Leroux avant le début des hostilités.

« Au banc, Blaine m’avait demandé si j’avais recommandé à Semenko de garder sa tête haute ! Je lui avais répondu que je n’étais pas certain que mon message s’était rendu jusqu’à ses oreilles là-haut ! Semenko s’était plutôt battu avec notre goon ce soir-là. Blaine en avait conclu que Dave avait eu peur de moi ! »

Les Racers n’ont pas fait long feu en 1978-79. Déjà, dès le cinquième match de la saison, le propriétaire Nelson Skalbania avait affiché ses couleurs.

« S’il ne rentre pas plus que 12 000 personnes ici bientôt, je vais tirer la plogue. »

À part Gretzky, personne n’avait un contrat pour l’année complète. Les joueurs étaient payés au match. Skalbania avait un phoque géant devant sa maison. La rumeur voulait qu’il fût évalué à 2 millions $. Un joueur lui avait donc suggéré de vendre son phoque pour payer les joueurs.

« Il avait aussitôt répondu que son phoque ne lui coûtait rien et que nous lui coûtions de l’argent. Entre les deux, il allait garder son phoque ! Nous avions rapidement perdu espoir d’avoir des contrats… »

Après 25 matches, le club a fermé boutique. 

Gretzky a notamment été vendu aux Oilers de son ami Peter Pocklington. La majorité des autres joueurs ont dû se trouver du travail ailleurs. Blaine Stoughton s’est retrouvé chez les Whalers où il a connu quatre saisons de plus de 40 buts de suite.