L’ancien joueur de water-polo Sasha Palamarevic, qui est maintenant entraîneur, a déjà tenu un parapluie pour «protéger» la reine Elisabeth II à l’époque où il travaillait à Rideau Hall.
L’ancien joueur de water-polo Sasha Palamarevic, qui est maintenant entraîneur, a déjà tenu un parapluie pour «protéger» la reine Elisabeth II à l’époque où il travaillait à Rideau Hall.

Au service de Sa Majesté

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
CHRONIQUE — QUE SONT-ILS DEVENUS / Il a été guide à Rideau Hall, analyste au gouvernement fédéral puis consultant et gestionnaire dans le secteur privé avant de devenir directeur du développement des affaires chez IBM en janvier.

C’est sans compter qu’il a même porté le parapluie de la reine Elisabeth II lors d’un événement protocolaire, il y a 10 ans, à Ottawa.

« J’étais à ses côtés. C’était une expérience intéressante. Les gens pensaient que j’étais son garde du corps », lance en riant Sasha Palamarevic, qui fait 6’5’’ et 240 livres.

La reine s’était arrêtée à la résidence du gouverneur général lors de sa visite officielle au Canada.

Ça s’adonnait que l’ancien joueur de water-polo international y travaillait depuis sa retraite sportive prise l’été précédent.

« J’ai passé deux ans à Rideau Hall. C’est là que j’ai obtenu ma première grosse entrevue pour un travail après ma carrière de joueur. J’ai eu la chance de participer à plusieurs événements », souligne Palamarevic.


« Mes parents m’avaient inscrit au water-polo pour que j’apprenne le français et que je me fasse des amis. »
Sasha Palamarevic

Ce dernier a mené une vie bien remplie depuis sa participation aux Jeux olympiques, à Pékin. L’ancien grand centre offensif, qui avait aussi goûté aux Jeux du Commonwealth, a effectué des études en sciences politiques à l’Université d’Ottawa.

Maintenant âgé de 34 ans, il a gardé le contact avec le sport qui lui a fait vivre des émotions fortes pendant une dizaine d’années dans l’eau, autant en Amérique qu’en Europe et en Asie. Il campe notamment le rôle d’entraîneur dans la région chez les Titans d’Ottawa de même que le club de water-polo de Gatineau.

L'ancien joueur de water-polo, Sasha Palamarevic

« Le club dans lequel j’ai joué et j’ai grandi », précise Palamarevic, qui a touché à son premier ballon à l’âge de 12 ans à son arrivée en Outaouais. Plus précisément dans le quartier Mont-Bleu, à quelques pas de la piscine du cégep de l’Outaouais.

Sa famille venait de quitter la Serbie, ravagée par des enjeux sociaux économiques.

« Nous faisions partie de la première vague des gens des Balkans qui immigraient ici », souligne-t-il.

« Mes parents m’avaient inscrit au water-polo pour que j’apprenne le français et que je me fasse des amis. Ils voulaient aussi nous garder occupés, loin des choses dans la rue. C’était l’idéal comme sport. Nous avions quatre à cinq pratiques par semaine. Une fois sortis de la piscine, nous étions trop fatigués pour faire autre chose ! »

Palamarevic a été le premier de plusieurs produits du club gatinois à accéder à l’équipe canadienne entre 2006 et 2020. Les Dakic, Aleksic, Lapins, Mitrovic et Gardijan ont notamment suivi au fil des ans.

« Je suis surtout concentré sur ma carrière professionnelle en ce moment, mais j’essaie de m’impliquer un peu au niveau régional en water-polo. Ça me donne la chance d’aller dans l’eau quelques fois tout en aidant à développer la relève. »

Même qu’il a repris goût à jouer.

L’hiver dernier, Sasha Palamarevic a enfilé à nouveau le maillot de joueur, s’alignant au sein des Ottawa Titans United de la ligue majeure canadienne. L’équipe compte d’autres anciens Olympiens, dont Bill Myer, qui a participé aux Jeux de... 1984 à Los Angeles.

« Si je peux faire comme lui et jouer aussi longtemps, je vais être content. »

Palamarevic et ses coéquipiers avaient une bonne saison avant que la pandémie mette fin prématurément à leurs activités en mars. « Nous avions une saison parfaite. Nous devions participer aux championnats canadiens », note-t-il.

Sa copine et lui viennent d’emménager dans une nouvelle maison dans le quartier du Plateau. Ses parents demeurent toujours près de chez lui dans le secteur Hull.

LA FOIS OÙ LE CANADA A MARCHÉ SUR L'EAU

Des médias européens avaient qualifié l’exploit de «miracle sur l’eau». Ça se passait il y a 12 ans.

Le Canada participait à un tournoi en Roumanie contre des puissances du water-polo. Sasha Palamarevic faisait partie de cette équipe de jeunes possédant peu d’expérience internationale.

La formation avait terminé quatrième, obtenant son billet en vue des Jeux olympiques. Tout ça en battant l’équipe locale devant près de 3000 spectateurs.

Jamais le Canada ne s’était qualifié en vue des Jeux par la grande porte en water-polo masculin. Il avait été présent en 1976 en tant que pays hôte. Et en 1984, il avait été invité en raison du boycottage des pays de l’Europe de l’Est.

«C’était tout un exploit. Je me souviens de ce match contre la Roumanie. Il n’y avait aucun partisan canadien sur place. Nous étions au troisième quart et nous perdions ce match. [...] Nous avions effectué une remontée. Nous avions gagné. Personne ne pouvait y croire sur place. C’était le silence dans la place. Aucun son.»

Juste les joueurs canadiens, en fait, qui célébraient.

Cinq mois plus tard, le Canada était ramené sur terre, terminant 11e aux Jeux.