Sébastien Savage avec sa conjointe Janessa Teixeira et sa petite fille Mélia lors d’un voyage à Orlando, en Floride.
Sébastien Savage avec sa conjointe Janessa Teixeira et sa petite fille Mélia lors d’un voyage à Orlando, en Floride.

Après l’adversité, le bonheur

RUBRIQUE — QUE SONT-ILS DEVENUS? / Sébastien Savage a déjà été un espoir du hockey professionnel.

À 16 ans, l’attaquant de 6’0’’ de Saint-Albert dans l’Est ontarien avait été un choix de deuxième ronde des IceDogs de Mississauga.

À 19 ans, il a été champion de la Ligue de l’Ontario dans l’uniforme des 67’s d’Ottawa. À 23 ans, il a remporté le championnat de l’Atlantic University Sport (AUS) avec les Aigles Bleus de Moncton.

S’il ne pouvait pas poursuivre sa carrière au hockey, il envisageait une carrière à titre de policier. À 24 ans, ses deux rêves ont pris fin brusquement. Dans un match contre les Axemen d’Acadia le 22 octobre 2005, le défenseur qu’il pourchassait en échec avant a chuté près de la bande et en tombant par-dessus lui, Savage est entré tête première dans la rampe. Il a perdu la sensation de ses membres. Il venait de subir une fracture de la cinquième vertèbre cervicale. Il n’a jamais perdu conscience. Il savait que sa vie venait de basculer.

Aussitôt, il a reçu le soutien de sa communauté. « J’en suis reconnaissant. Il y a eu des campagnes de financement au début. Don Cherry était venu à Moncton avec Raymond Bourque. Chez nous, au Festival de la curd, il y avait eu d’autres fonds amassés, mais j’étais à l’hôpital pendant tout ce temps. C’était dur. Je venais d’être paralysé de la poitrine en descendant. J’étais devenu quadriplégique. L’important pour moi, c’était de rester positif et de me fixer de nouveaux objectifs. J’étais bien entouré. Suffisait d’y aller une étape à la fois. Aujourd’hui, j’arrive à bouger mes bras, mes mains, mais je manque de dextérité dans mes doigts. »


« J’aime ce que je fais. Je n’ai pas pu devenir policier, mais je suis dans un domaine connexe. »
Sébastien Savage

Avec le temps, Sébastien Savage a repris ses études à l’Université d’Ottawa où il a obtenu deux baccalauréats en 2016 : une spécialisation en psychologie et une concentration en criminologie.

Deux ans plus tôt, il avait emménagé dans une maison construite pour ses besoins à Casselman. Sa sœur habite à deux maisons de la sienne. C’est là que sa qualité de vie a rapidement pris du mieux.

« C’est un bungalow avec un ascenseur qui me permet de descendre au sous-sol. Le plan de maison est ouvert pour me permettre d’avoir suffisamment d’espace pour circuler facilement avec mon fauteuil roulant. Cette maison m’a permis de devenir bien plus autonome que dans mon appartement. Toute ma cuisine est accessible. Les comptoirs sont adaptés à ma hauteur. Le robinet aussi. Ce sont des petites choses simples pour bien des gens, mais pour moi, ça fait toute une différence. »

Sébastien Savage a aussi pu se permettre de recommencer à conduire avec sa mini-fourgonnette spécialement adaptée pour lui.

En 2018, il a décroché un emploi dans son domaine d’études au gouvernement fédéral.

« J’aime ce que je fais. Je n’ai pas pu devenir policier, mais je suis dans un domaine connexe. »

Encore mieux, Sébastien Savage a rencontré l’amour de sa vie il y a quatre ans. Janessa Teixeira était une aide-pharmacienne à Orléans. Le couple devait se marier cet été.

« Le mariage devait avoir lieu en août, mais la COVID-19 nous a forcés de repousser les célébrations d’un an. Janessa a une fille de sept ans. Ç’a beaucoup changé ma vie ! J’étais un célibataire endurci et tout d’un coup, je n’avais pas seulement une nouvelle conjointe, mais aussi une petite fille de deux ans. »

Âgé de 39 ans aujourd’hui, Sébastien Savage conserve de bons souvenirs de sa carrière de hockeyeur. Son championnat en 2001 avec les 67’s va toujours rester gravé dans sa mémoire, surtout parce que le club était loin d’être favori pour tout rafler.

« Nous n’avions pas la meilleure équipe, mais nous avions atteint notre rythme de croisière au bon moment en fin de saison. Notre gardien Seamus Kotyk avait été extraordinaire. Nous n’avions pas de véritable vedette, mais nous avions des guerriers comme Zenon Konopka, Lance Galbraith et Miguel Delisle ainsi qu’une solide défensive. Finalement, nous avions gagné nos quatre rondes (16 victoires) en seulement 20 matches. »

Aujourd’hui, 15 ans après son terrible accident, Sébastien Savage assure être heureux malgré l’adversité qu’il a dû surmonter.