Alex Harvey a franchi le fil d'arrivée au quatrième rang au 50 km départ groupé style classique, aux Jeux olympiques de PyeongChang.

Une 4e place émouvante pour Alex Harvey

PYEONGCHANG — «On s’en fiche de la médaille, on le sait que t’es bon!» La scène était émouvante entre un père et son fils. Alex Harvey venait de terminer quatrième du 50 km classique, la position la plus cruelle qui soit. Quand Pierre Harvey s’est approché de lui, les deux ont éclaté en sanglots, sachant que le rêve d’un podium olympique ne se réaliserait pas.

Jusqu’à la dernière montée, Alex y a cru, Pierre aussi. La troisième position était toujours possible, mais le Russe Andrey Larkov l’a distancé juste assez pour filer devant. 

Le fondeur de Saint-Ferréol-les-Neiges l’a suivi à l’arrivée, battant de justesse Martin Johnsrud Sundby au sprint au terme d’un effort surhumain de 2 heures, 11 minutes, 5 secondes et 7 dixièmes. Le Finlandais Iivo Niskanen l’a emporté devant le Russe Alexander Bolchunov, tous deux partis très tôt en échappée.

Le sort en était jeté : Alex Harvey n’aura pas la fameuse médaille olympique qu’il recherchait tant. Et ça n’arrivera pas dans quatre ans non plus, car le 50 km de PyeongChang était sa dernière course en carrière aux Jeux.

La quatrième position a souvent un effet crève-cœur pour les athlètes qui se battent pour le podium. On passe proche, mais on se sent loin.

«Oui, c’est crève-cœur. Finir quatrième, c’est quand même difficile, c’est dur à avaler. Ça reste mon meilleur résultat aux Jeux, c’est une super belle course, mais je ne pense pas que je vais pouvoir la digérer. Pour moi, il n’y a pas de regrets, parce que j’ai tout donné jusqu’au dernier centimètre, il faut juste accepter que c’est la vie, que c’est le sport. Ça prend quelqu’un qui finit quatrième», disait-il, visiblement ému.

Il venait de confirmer que cette course était la dernière de sa vie aux Jeux. Il n’y avait pas pensé en franchissant le fil, mais il commençait à se faire à l’idée que le rideau tombait sur cette portion de sa carrière.

Puis son père est apparu, tout près des journalistes.

Caché sous ses verres fumés, Alex avait déjà le cœur gros. Il a enfoui son visage derrière le col de son manteau de l’équipe canadienne. Tête à tête, les deux hommes étaient en pleurs. Le moment a duré une vingtaine de secondes, mais a paru à une éternité.

Mieux que les Norvégiens

Ancien fondeur, Pierre a brisé le silence. «Tu l’as eu pareil, tu as fait une maudite belle course, tu as travaillé fort. T’es super bon, t’as battu tous les Norvégiens. Je sais que ce n’est pas assez, mais c’est bon. Tu as travaillé, en tout cas, je le voyais dans ta face comment c’était dur à la fin. Niskanen était capoté de partir si de bonne heure», lui disait-il.

Alex avait réussi tant bien que mal à contenir ses émotions jusqu’à l’arrivée de son père. Le moment intime passé, il a fait une brève analyse de la course à son père, commentateur à la télévision, mais revenait immanquablement au résultat. Cette fameuse quatrième place.

«Ça aurait été plus facile de terminer cinquième ou sixième. Mais il n’y a pas de déception, autre que la position», admettait le fondeur canadien le plus titré de l’histoire en Coupe du monde et aux Championnats du monde.

Alex Harvey boucle les présents Jeux olympiques avec quatre présences parmi les 10 premiers, soit au 50 km (4e), au 15 km (7e) au skiathlon (8e) et au sprint par équipe (8e).