Olivier Rochon a tenté le tout pour le tout en grande finale de l’épreuve de sauts acrobatiques. « Je ne regrette rien. Je me suis battu jusqu’à la fin », a souligné le Gatinois.

Rochon si près d’une médaille olympique

Olivier Rochon est passé près de mettre fin à une disette vieille de 24 ans du Canada aux Jeux olympiques.

Le Gatinois a terminé cinquième dimanche en grande finale de l’épreuve des sauts acrobatiques à PyeongChang. Il tentait de devenir le premier Canadien chez les hommes à gagner une médaille depuis l’argent et le bronze de Philippe LaRoche et Lloyd Langlois en 1994 à Lillehammer.

Une erreur à l’atterrissage de son dernier saut lui a coûté une place dans le cercle réservé aux gagnants. Son dos a touché le sol lors de la réception.

« Ce n’est peut-être pas un podium, mais cette cinquième place s’avère une médaille d’or dans mon cœur », a soutenu Rochon en entrevue téléphonique au Droit.

Ce dernier participait aux Jeux pour une première fois en carrière après avoir raté les rendez-vous de Vancouver et Sotchi. « J’ai passé à travers toute une gamme d’émotions. Je pense que j’ai fait vivre aussi plusieurs émotions fortes aux gens autour de moi », a-t-il ajouté.

Rochon a terminé quatrième lors de la première finale avec un pointage de 125,67. Puis il a pris le second rang lors de la deuxième finale afin de passer au tour ultime réservé aux six meilleurs sauteurs, récoltant 128,95 points.

En grande finale, le skieur acrobatique âgé de 28 ans a tenté le grand coup, optant pour un saut relevé (back lay, triple full, full) que seul son ancien coéquipier de l’équipe canadienne, Warren Shouldice, avait réussi auparavant en compétition internationale. « Ça lui avait permis de gagner le titre mondial à l’époque avec une note parfaite », a rappelé l’athlète natif de l’Outaouais, qui a dû se contenter d’un pointage de 98,11.

L’Ukrainien Oleksandr Abramenko a gagné l’or olympique avec un score de 128,51. Le Chinois Jia Zongyang et le Russe Ilia Burov ont respectivement empoché l’argent et le bronze avec des pointages de 128,05 et 122,17.

« C’est passé proche. Mais j’ai tout donné. Des fois, une fraction de seconde fait la différence. Je ne regrette rien. Je me suis battu jusqu’à la fin. En 12 ans de carrière, je n’ai jamais vu une compétition aussi relevée que ça. »

« Je suis content de ma performance aux Jeux. J’avais un gros sourire tout le temps durant la compétition. Puis avant chaque saut, j’étais toujours calme. »

Même lors de son saut final.

Même lorsqu’Olivier Rochon savait que « ça passerait ou ça casserait ».

« J’aurais pu opter pour un saut moins difficile. Mais même si je le réussissais parfaitement, ça n’aurait pas été suffisant pour gagner une médaille. »

C’est pourquoi il a tenté d’imiter son ami Shouldice.

« Ça fait quatre ans que je travaille sur ce saut sur les rampes d’eau. Mais j’aurais bien aimé le travailler plus souvent sur la neige. Il y a encore du travail à faire. »

Rochon a déjà indiqué qu’il ne s’arrêtera pas à PyeongChang. Il compte poursuivre sa carrière jusqu’aux Jeux de 2022 à Pékin.

L’entrevue téléphonique se déroulait une heure après sa cinquième place. Il attendait son tour « pour faire pipi ». « Un test antidopage », a-t-il précisé.

L’ancien gagnant du globe de cristal a parlé aussi de ses skis aux JO. Sur un, il avait inscrit les indicatifs régionaux 819, 613, 514 et 418.

« Un clin d’œil aux endroits où j’ai vécu, où j’ai des amis. Sur l’autre ski, c’est écrit “Blood, Sweat and Tears” parce que ça représente bien mon parcours. »

Olivier Rochon a dû surmonter son lot de blessures et de résultats crève-cœur en route vers les Jeux olympiques.

« Aujourd’hui, je suis soulagé. J’ai fait exactement ce que nous avons planifié lors des quatre dernières années. »