Alex Beaulieu Marchand était très ému de retrouver ses parents à son retour à Québec.

Retour émouvant pour ABM

Deux médailles, six athlètes olympiques et des tonnes de sourires. Mais aussi des larmes, celles d’Alex Beaulieu-Marchand, subjugué par l’accueil triomphal reçu lundi soir à l’aéroport de Québec. Disons que l’humble skieur de slopestyle n’a pas eu le choix de sortir sa médaille de bronze de sa poche.

Vingt-sept heures. Presque 28. Bon nombre des passagers du vol qui a atterri un peu après 20 h, à l’aéroport Jean-Lesage, arrivaient de PyeongChang, via Toronto. Athlètes, entraîneurs et journalistes s’étaient levés la veille, pour ainsi dire, en route pour ce long périple qui les a ramenés à la maison.

«Je suis ému! Je ne pensais pas qu’il allait y avoir autant de monde. Je suis tellement content, j’avais hâte de voir tout le monde», a lâché Beaulieu-Marchand qui, la fatigue aidant, n’a pu contenir ses émotions.

Quand on lui a demandé si c’était comme de remonter sur le podium, celui que tous surnomment ABM n’a pu que laisser tomber, entre deux sanglots étouffés: «C’est plus d’émotions encore.»

Plus que ses parents, sa sœur et sa blonde, pas moins d’une quarantaine de ses proches s’étaient déplacés pour l’occasion. Tout autour, familles et amis de la gardienne de but Ann-Renée Desbiens, du bosseur Philippe Marquis, du patineur longue piste Alexandre St-Jean, de la fondeuse Anne-Marie Comeau et du skieur alpin Adam Lamhamedi étaient aussi venus chercher leur olympien.

Médaille olympique oblige, Beaulieu-Marchand repart dès mardi pour une tournée des médias montréalais, comme L’Antichambre et Salut, Bonjour! «J’espère passer du temps avec ces gens-là le plus possible», a-t-il toutefois insisté, en regardant sa famille et ses amis.

Les occasions ne devraient pas manque, car en plus de célébrer sa médaille, il fêtera son 24e anniversaire samedi.

Après une dizaine de jours à la maison de Saint-Augustin-de-Desmaures, il souhaite se faire plaisir avec un petit voyage de... ski, quelque part en Europe. Mais pas de sauts. Juste de la poudreuse. Lui qui n’a skié que huit jours jusqu’ici en 2018, dont trois aux JO, à cause d’une commotion cérébrale subie en décembre et une blessure au genou.

«Pour moi, la médaille olympique veut dire que j’ai bien skié, que j’ai bien géré la situation et pour ça, c’est super. Mais c’était juste des descentes de ski et je me concentrais sur ma performance. De voir tous les gens de l’extérieur qu’eux, ça les fait encore plus triper, c’est encore plus incroyable!» a conclu Beaulieu-Marchand, ses yeux bleus encore rougis.

Opération dans 48 heures

Beaulieu-Marchand a passé une bonne partie de son temps à Corée avec les gars des bosses. Dont Marquis, skieur de Sainte-Foy qui a participé à ses deuxièmes Jeux olympiques malgré un ligament croisé antérieur sectionné dans le genou droit.

«Ça fait six semaines, depuis ma blessure. Ç’a été six semaines extrêmement difficiles, mais aussi six des plus belles semaines de ma vie! À travers toutes ces difficultés-là, on ressort le meilleur de nous-mêmes. J’ai vraiment testé mes limites et j’en ressors très gagnant», a-t-il expliqué.

Si le retour à la maison veut dire retrouver les êtres chers, dans le cas de Marquis, «ça annonce l’intervention chirurgicale dans 48 heures», a constaté le bosseur. «Je veux mettre l’opération derrière moi le plus vite possible pour ensuite faire ma réhabilitation et me donner le plus de temps de réflexion pour voir où j’en serai à la fin de l’été.»

«Je n’ai pas fait de choix encore pour mon avenir, assure vétéran de bientôt 29 ans. Ma priorité est de me donner un genou qui va être bon pour le reste de ma vie. Ensuite, je verrai si le ski me manque», résume Marquis.

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SURPRISE POUR UNE MÉDAILLÉE

Ann-Renée Desbiens était la troisième gardienne de l’équipe canadienne féminine de hockey battue en finale, aux tirs de barrage. Première sortie pour embrasser ses proches, lundi soir, sa médaille d’argent au cou faisait quand même bonne impression. «Aller aux Olympiques, c’est extraordinaire. Mais ramener un souvenir d’une telle valeur, c’était un rêve depuis que je suis une petite fille», a commenté la native de La Malbaie, accueillie par sa mère et son frère, mais aussi par la famille d’accueil qui l’a hébergée pendant ses trois années à Québec, les Clément. Celle qui a gardé le premier match du tournoi, victoire de 5-0 contre les Russes, retournera à l’automne à l’Université du Wisconsin pour amorcer une maîtrise en comptabilité, après avoir fait un stage à Chicago, cet été, chez Deloitte. Reste à voir si la joueuse par excellence de la NCAA en 2017 gardera de la place pour le hockey dans son horaire, elle qui a écoulé ses quatre années d’admissibilité universitaire aux États-Unis.  

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RETOUR EN CLASSE ET EXAMEN

Avec le décalage horaire de 14 heures, le retour à la réalité s’annonce ardu pour les athlètes rentrés de PyeongChang. Mais le patineur de vitesse longue piste Alexandre St-Jean n’aura pas le choix de vite se raplomber, car un examen l’attend mardi en classe dans le cadre de ses études de deuxième année en médecine dentaire, à l’Université Laval. «J’espère que ce ne sera pas un examen sur une vraie personne, parce que je ne voudrais pas être cette personne!» a blagué son père. Fiston avouait retomber de son «high» des Jeux, à sa descente de l’avion, mais dit y avoir été plus que comblé. «Je m’attendais à quelque chose d’incroyable et c’était incroyable!» a résumé celui qui retient l’expérience d’avoir patiné son épreuve de 1000 m en compagnie d’un Coréen, pour qui la foule faisait énormément de bruit.