« Rien n’est déchiré », précise Mikaela Tommy. Mais son genou est trop mal en point pour lui permettre de participer aux Jeux olympiques de PyeongChang.

Pas de Jeux pour Tommy

Au lieu de préparer ses bagages en vue d’un séjour à PyeongChang, Mikaela Tommy passera les prochaines semaines à soigner son genou gauche chez elle en Outaouais.

Une blessure qui coûtera une première participation olympique en carrière à l’athlète de Wakefield. Son nom ne se trouvait pas lundi sur la liste des 14 skieurs alpins sélectionnés afin de représenter le Canada aux Jeux dans une dizaine de jours.

En revanche, Dustin Cook, de Lac Sainte-Marie, de même que Valérie Grenier, de St-Isidore, font partie des heureux élus.

« Je me suis blessée vraiment au mauvais moment », a souligné Tommy, qui est revenue dans son patelin, il y a deux semaines, après avoir échoué de rallier le fil d’arrivée du super-G de Bad Kleinkirchheim, en Autriche.

« Je ne suis pas tombée durant la course. Mais j’ai foulé mon genou. Je savais tout de suite que quelque chose n’était pas correct. »

Des tests médicaux menés en Autriche ont révélé une contusion et quelques ligaments étirés. « Rien n’est déchiré », a précisé la femme âgée de 22 ans.

On lui a dit que son absence allait durer au moins un mois. Son retour en piste aurait coïncidé avec la présentation des épreuves alpines aux Jeux olympiques.

Le hic ?

Tommy n’avait rencontré qu’un des deux critères de sélections. Elle devait terminer dans le top-30 la saison dernière et cet hiver.

L’an dernier, le produit du mont Edelweiss avait pris le 22e rang au super-G des championnats du monde. C’est sans compter sa 27e position au slalom géant de Squaw Valley.

Mais cette saison, son meilleur résultat n’avait été qu’une 34e position en décembre à Val-d’Isère.

Les dirigeants de l’équipe canadienne auraient pu en faire un choix discrétionnaire à l’image de certaines autres jeunes skieuses. Mais visiblement, l’état de son genou a pesé dans la balance.

« Je suis déçue. Je travaille depuis que je suis tout jeune pour ça », a confié Mikaela Tommy.

Cette dernière a quand même conservé un peu son sens de l’humour. Un exemple ? Sa réponse lorsque le journaliste lui a rappelé que la malchance avait déjà frappé sa famille auparavant à la veille des Jeux olympiques.

Son grand-père Andy s’était blessé en 1956 à Cortina d’Ampezzo et n’avait pu prendre part aux courses. « Il s’était cassé une jambe à l’entraînement une semaine avant les Jeux. Son frère (Arthur) s’était cassé aussi une jambe la journée suivante », a relaté Tommy.

« Il y a peut-être une malédiction sur notre famille », a-t-elle lancé du même souffle.

Mikaela Tommy n’a pas été la seule athlète de l’Outaouais à voir son rêve olympique prendre des allures de cauchemar lundi.

Ski de fond Canada a aussi dévoilé son équipe en vue des Jeux. Onze athlètes ont été retenus dont Alex Harvey, Devon Kershaw et Lenny Valjas chez les hommes.

Katherine Stewart-Jones, de Chelsea, ne figure pas parmi les femmes retenues. Dahria Beatty, Cendrine Browne, Anne-Marie Comeau et Emily Nishikawa ont reçu un des quatre laissez-passer.

Harvey, chef de file en ski de fond

L’équipe canadienne de ski de fond misera sur l’expérience chez les hommes dans l’espoir de décrocher une première médaille olympique aux prochains Jeux de Pyeongchang.

Alex Harvey, champion du monde en titre du 50 km et médaillé d’argent du 15 km libre à la Coupe du monde de Seefeld, en Autriche, dimanche, agira comme chef de file parmi le groupe de cinq vétérans et deux recrues. Il sera épaulé des Ontariens Devon Kershaw et Lenny Valjas; des Albertains Jesse Cockney, Russell Kennedy et Graeme Killick ainsi que de Knute Johnsgaard de Whitehorse.

Trois des vétérans fondeurs canadiens ont déjà remporté des médailles aux Championnats du monde ou à la Coupe du monde.

«Nous avons beaucoup appris de nos deux derniers Jeux olympiques, a confié Harvey selon le communiqué du Comité olympique canadien. Nous avons connu de grands Jeux à domicile à Vancouver, où nous avons réalisé une performance exceptionnelle, et nos attentes étaient élevées pour Sotchi, où nous avons appris qu’il ne faut rien tenir pour acquis lorsqu’on se mesure aux meilleurs.

«Nous nous présenterons à ces Jeux en confiance. Nous avons un bon mélange de vétérans et de recrues au sein de l’équipe. Nous espérons que tous les membres de l’équipe vivront l’expérience à fond et que les plus nouveaux apprendront de nous. C’est un moment passionnant pour toute notre équipe.»

L’équipe féminine sera formée de quatre membres, dont les Québécoises Cendrine Browne, de Saint-Jérôme, et Anne-Marie Comeau, de Saint-Ferréol-les-Neiges. Emily Nishikawa et Dahria Beatty, toutes deux de Whitehorse, complètent la formation.

Les entraîneurs Louis Bouchard, de Québec, et Ivan Babikov, de Canmore, en Alberta, seront également de la partie.

Le Canada compte trois médailles olympiques à son actif en ski de fond, la toute première ayant été remportée par Beckie Scott à Salt Lake City 2002, où elle avait enlevé l’or. Scott a également décroché une médaille d’argent en sprint par équipe avec Sara Renner à Turin 2006, la même année où Chandra Crawford a gagné l’or en sprint.

La place de Guay confirmée

À l’écart de la compétition depuis la mi-décembre en raison d’une blessure au dos, Erik Guay fait partie de la liste des 14 athlètes qui composent l’équipe canadienne de ski alpin en vue des Jeux olympiques de PyeongChang. Le vétéran skieur, âgé de 36 ans, n’a pas participé à une compétition depuis sa 32e place à la descente de Val Gardena, en Italie, le 16 décembre. Le lendemain, il avait appris qu’il souffrait d’une rupture de l’anneau fibreux de la quatrième vertèbre lombaire (L4). Depuis, il poursuivait sa rééducation chez lui à Mont-Tremblant. Guay, champion du monde en titre du super-G et vice-champion de la descente, participera à ses quatrièmes Jeux olympiques. Trois fois, il a raté un podium de très peu aux jeux, terminant quatrième du super-G à Turin en 2006 et cinquième du super-G et de la descente à Vancouver en 2010. Il totalise 25 podiums au circuit de la Coupe du monde, un sommet chez les skieurs canadiens. Cette blessure s’ajoutait à la rupture ligamentaire à la deuxième vertèbre thoracique subie lors d’une vilaine chute à l’entraînement au Chili l’automne dernier.