«On travaille avec ceux qui regardent en avant»

Trois-Rivières — Près de trois ans après la chute de Marcel Aubut, l’ombre de ce dernier plane toujours au-dessus du Comité olympique canadien. Quelques semaines avant l’ouverture des Jeux olympiques de PyeongChang, le COC a une fois de plus essuyé de virulentes critiques de l’un ses enfants chéris, Jean-Luc Brassard.

Le médaillé d’or à Lillehammer en 1994 a profité de son passage à l’émission Les Francs Tireurs, à Télé-Québec, pour dénoncer une multitude de sujets en lien avec le mouvement olympique. Parmi ceux-ci, il souligne le dopage, la corruption, l’abus de pouvoir. Il va même jusqu’à prédire la fin des Jeux olympiques de son vivant.

Pour Éric Myles, directeur exécutif du comité sport au COC, la colère de Brassard envers le mouvement olympique n’a rien de nouveau. Sans nier le passé, Myles mentionne que plusieurs changements ont été effectués et il estime qu’il est maintenant temps de passer à autre chose.

«On reste dans le passé, la même amertume. C’est son choix, je ne veux pas le juger. Mais au COC, on travaille avec les gens qui regardent en avant et qui s’impliquent pour du changement réel. On peut compter sur des gens comme Tricia Smith (présidente du COC), Becky Scott, Isabelle Charest, Nathalie Lambert, Mark Tewksbury. La liste est longue. Tous ces gens continuent à y croire.»

«Le COC a pris des positions claires au niveau du sport propre et au niveau de l’inclusion sociale. Oui, on s’est amélioré grandement depuis la crise de 2015. On regarde en avant et on travaille avec ceux qui regardent en avant.»

Ce n’est pas la première fois que Brassard écorche le COC et tout le mouvement olympique international. À quelques mois de Jeux olympiques de Rio de 2016, alors qu’il devait agir comme chef de mission, Brassard avait claqué la porte de la délégation canadienne en raison de toutes les allégations de harcèlement sexuel qui circulaient. «Dénoncer, ç’a été fait. Là, on n’apprend rien. Maintenant, il faut travailler ensemble à s’améliorer.»

Dans son entretien aux Francs Tireurs, Brassard va jusqu’à se qualifier de paria au COC. À ce sujet, Myles rétorque que la porte n’est fermée à personne. «La porte est ouverte à tous. Ceux qui sont prêts à travailler pour faire avancer les choses sont bienvenus.»