Le Franco-Ontarien Paul Poirier en sera à ses deuxièmes Jeux olympiques à PyeongChang. Il patinera avec Piper Gilles.

Miser sur «007» en Corée du Sud

Son nom? Poirier. Paul Poirier.

Le patineur artistique qui a grandi à Cornwall misera sur James Bond afin de monter sur le podium en danse aux Jeux olympiques. Sa partenaire Piper Gilles et lui présenteront leur programme libre sous la trame sonore des films de l’agent secret britannique à PyeongChang.

« Dès les premières notes, les gens vont reconnaître tout de suite le personnage », raconte un Paul Poirier fort excité au bout du fil.

Lui, ce sera « 007 ». Tout vêtu de noir. Le regard sérieux. Gilles, elle, campera avec sa chevelure blonde le rôle d’une « Bond Girl ».

« Ce sera un programme dynamique. Il y aura beaucoup d’énergie dans l’aréna », lance la patineuse américaine qui a obtenu sa citoyenneté canadienne en 2013.

Le couple fait équipe depuis sept hivers. Il avait échoué dans sa tentative de se qualifier en vue des Jeux en 2014, à Sotchi.

Poirier patinait alors sur une jambe, se remettant d’une fracture à une cheville. Les médecins avaient dû insérer trois plaques et 13 vis pour reconstruire le tout.

« Ce n’est pas juste une blessure... Paul a détruit sa cheville », avait dit à l’époque son entraîneur Carol Lane.

PyeongChang sera la deuxième aventure olympique de Poirier. On l’avait vu à Vancouver en 2010 aux côtés de Vanessa Crone. Un partenariat qui a pris fin un an plus tard.

Avec Gilles, l’athlète franco-ontarien âgé de 26 ans semble s’amuser plus que jamais sur la glace. Et surtout oser.

Le duo avait retenu l’attention aux championnats canadiens en 2017 à Ottawa en patinant sur une musique disco des années 1970. Poirier s’était même laissé pousser une moustache et les cheveux dans les mois précédents. Même ses adversaires étaient impressionnés.

« De plus en plus, j’apprécie l’aspect artistique du sport, affirme cet ancien hockeyeur. J’aime le défi de trouver un personnage, de le développer chaque jour. »

James Bond n’était pas le premier choix de Piper Gilles et lui en vue de la saison 2017-2018. Ils avaient passé l’été et l’automne à préparer une routine sous la musique de Perry Mason, cette défunte série judiciaire au petit écran américain.

Mais les juges n’ont pas aimé ce qu’ils ont vu lors des premières compétitions internationales.

« Nous avons décidé de changer notre programme libre en décembre. Nous trouvions que les amateurs ne connectaient pas avec nos personnages », raconte Poirier.

« C’était un gros pari. Habituellement, tu ne changes pas de programme au milieu d’une saison. »

Encore moins à la veille des Jeux olympiques.

Leurs deux entraîneurs britanniques leur ont suggéré de se tourner vers un thème bien ancré dans la culture populaire. « Et qui ne connaît pas James Bond ? Cela dit, nous n’avons pas le choix de livrer un produit de grande qualité », reconnaît Piper Gilles.

« Les amateurs auront de grandes attentes. »

La paire a présenté ce nouveau programme libre en compétition qu’une seule fois avant leur départ vers la Corée du Sud. Ce fut lors des championnats canadiens à Vancouver. Une performance qui leur avait permis de terminer deuxièmes derrière les favoris pour l’or aux Jeux, Tessa Virtue et Scott Moir. « Ce qui est encourageant, c’est que nous avons eu le temps depuis de raffiner le tout », souligne Poirier.

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