La skieuse alpine de l’Est ontarien, Valérie Grenier, a grandi sur une ferme. Elle a notamment participé à des publicités de producteurs d’oeufs.

L’œuf, le poulet et la médaille

Sa dernière semaine avant une première participation aux Jeux olympiques, Valérie Grenier l’a passée à la ferme familiale à Saint-Isidore.

Ses parents Gabriel Grenier et Nathalie Bourdon sont des producteurs d’œufs dans l’Est ontarien. Ils se spécialisent aussi dans la vente de poulets.

« Ça n’arrive pas souvent que je sois à la maison. Ça faisait deux mois et demi que j’étais partie. J’ai demandé à notre coach s’il y avait une façon de revenir chez moi avant les Jeux », relate la skieuse alpine franco-ontarienne.

« Ça fait toujours du bien de remettre le compteur à zéro. »

Grenier est visiblement fière de ses racines en milieu rural. « J’aidais beaucoup quand j’étais plus jeune. Je participais à la collecte des œufs », raconte-t-elle.

Le nettoyage du poulailler faisait notamment partie des tâches de son frère Francis et elle. Souvent, il y avait concours entre les deux.

« Mon frère était le meilleur », concède Grenier.

« Quand le ski a commencé à devenir plus important, je n’avais plus le temps de travailler à la ferme. C’était les devoirs et le ski. »

Si papa et maman connaissent du succès dans le milieu agricole, c’est la même chose pour leur fille, mais sur les pentes.

Grenier, 21 ans, a capté l’attention en terminant 13e au super-G de St-Moritz en 2015. Il ne s’agissait que de son troisième départ en carrière sur le circuit de la Coupe du monde.

L’hiver suivant, la représentante du club du Mont-Tremblant devenait championne du monde junior en descente et vice-championne du monde junior en super-G.

Quand elle se pointera sur le haut de la montagne à PyeongChang, elle sera facile à reconnaître.

« Sur mon casque, j’ai une photo d’un gros œuf », souligne Grenier, qui est commandité par la Fédération des producteurs d’œufs du Québec et leur pendant en Ontario.

On l’a vu notamment dans une publicité où elle lance le fameux slogan « J’craque pour toi mon coco ».

Reste à voir si les amateurs canadiens vont craquer pour elle.

Les Jeux olympiques réservent chaque fois des surprises. Il n’est pas rare de voir un athlète n’ayant jamais gagné une médaille en Coupe du monde se retrouver sur le podium sur la plus grande scène.

« J’y ai pensé », avoue Valérie Grenier.

« Ça serait incroyable... J’espère que ça m’arrivera. On ne sait jamais ce qui peut arriver aux Jeux. »

Du même souffle, elle avoue un autre truc.

« Ma saison va moins bien que je voulais », indique Grenier, qui n’a complété que six de ses 20 courses en Coupe du monde cet hiver.

« C’est difficile. Je n’obtiens pas les résultats souhaités. Je suis un peu déçue et j’arrive aux Jeux un peu confiante. Mais en même temps, je me répète que je me rends à ces Jeux pour acquérir de l’expérience. »

Car Grenier aimerait bien imiter son idole Lindsey Vonn, qui continue de gagner des courses à 33 ans.

« Dans ma tête, je vais skier le plus longtemps possible », précise-t-elle.

Puis quand viendra le temps de délaisser la compétition, un intéressant plan B l’attendra.

Un retour sur la ferme familiale s’avère une forte possibilité. Son frère y travaille déjà après avoir obtenu son diplôme en comptabilité.

« Mes parents me gardent toujours en tête... Ils me disent de ne pas m’inquiéter. Que je pourrai toujours revenir à la ferme. »

Source d’inspiration
Quand ça va moins bien, Valérie Grenier peut s’inspirer justement de sa mère et son père.

« Je les ai vu travailler fort tellement souvent. Ils travaillent presque 24 heures sur 24. Souvent, l’alarme sonne. Mais en même temps, ils ont la chance de faire ce qu’ils aiment. Et c’est important ça. »

Et leur fille pratique en ce moment ce qu’elle aime. Tout simplement skier.

À lire demain › Patins et... trottinette électrique