La ministre Dominique Vien et le premier ministre Philippe Couillard se sont joints aux proches d’Éliot Grondin au Mont Orignal pour voir les descentes de qualification.

Les premiers JO d’Éliot Grondin célébrés

Lac-Etchemin — «J’ai encore de la misère à y croire.» La surprise demeurait grande, mais Mélanie Turcotte semblait fort détendue, mercredi soir, une trentaine de minutes avant de voir son fils de 16 ans s’élancer sur sa planche à neige... aux Jeux olympiques.

Plusieurs dizaines de proches d’Éliot Grondin étaient réunis dans le chalet du Mont Orignal, mercredi soir, là où le jeune homme de Sainte-Marie-de-Beauce a grandi comme spécialiste du snowboardcross. Même le premier ministre Philippe Couillard, en tournée dans la région de la Chaudière-Appalaches, s’est déplacé jusqu’à Lac-Etchemin.

Maman était «relaxe», car Grondin n’avait rien à perdre lors de sa première présence aux JO. «D’être là à son âge, c’est comme s’il avait gagné une médaille», a souligné Turcotte. «Il est en avance de quatre ans sur ses objectifs. Il est déjà gagnant.»

Quelques minutes plus tard, la foule partisane a crié son enthousiasme en apercevant son favori à l’écran. La chute du jeune athlète en fin de parcours a jeté une petite douche d’eau froide dans l’assistance, mais rien pour l’empêcher d’applaudir à tout rompre une fois sa première descente terminée. Environ 45 minutes plus tard, Grondin a réussi un deuxième essai impeccable pour se qualifier au 34e rang. Les rondes finales ont été disputées après l’heure de tombée.

L’histoire de Grondin est atypique. Contrairement à la majorité des sportifs, sa famille ne baignait pas dans le sport qui allait le rendre célèbre lorsqu’il était (encore plus) jeune. En fait, la passion d’Éliot a mené les autres membres du clan à s’intéresser aux sports de glisse. «Il avait quatre ans, il allait dans les sous-bois, et mon chum était à côté en pointe de pizza en disant : “Attends-moi, attends-moi!”» a raconté Mme Turcotte. «C’est la patente à Éliot.»

Pour les Jeux de PyeongChang, Maman est demeurée au Québec. Papa Jean-Francis et grand frère Ismaël ont fait le voyage en Corée, même si le clan Grondin a appris il y a seulement deux semaines la qualification olympique du bébé de la famille.

Mélanie Turcotte aurait bien aimé y aller aussi, mais elle devait s’occuper de sa garderie en milieu familial. «C’est correct. Je trouve ça l’fun qu’ils fassent un trip de gars. Ils n’ont jamais vraiment voyagé ensemble», a-t-elle expliqué.

Le Mont Orignal est déjà fièrement représenté depuis plusieurs années par la skieuse Marie-Michèle Gagnon, absente en Corée en raison de blessures. En snowboardcross, la percée de Grondin pourrait n’être que la pointe de l’iceberg, si l’on se fie au directeur général, Marc Lacroix.

«On est la seule station dans l’est du Québec qui a un snowboard cross en permanence», a-t-il souligné, mercredi. «On a développé ce créneau-là, les jeunes nous représentent bien et on a de la relève en masse.»

Espoir olympique

Dans la foule, mercredi, celui qu’Éliot considère comme son équivalent au même âge. D’abord un skieur, Olivier Gagné fait du snowboard cross depuis seulement quelques mois. Sous la belle influence de Grondin, il rêve déjà d’olympisme. «Ça me donne encore plus d’espoir pour les prochaines années», a affirmé le garçon de 12 ans, parlant des bons mots de l’athlète olympique à son sujet.

Grondin reviendra dans ses terres avant la fin des Jeux. L’athlète olympique sera présent en marge de la compétition Nor-Am tenue au Mont Orignal, du 21 au 23 février, et pourrait même y participer, souhaite Marc Lacroix.