Malgré la défaite de 8-0, les meneuses de claque envoyées par la Corée du Nord n’ont affiché aucun relâchement au cours du match de hockey féminin opposant l’équipe des deux Corées à la Suisse.

L'équipe de hockey coréenne suscite tous les espoirs

GANGNEUNG — «Dans 10 ans nous serons réunies», lance pleine d’espoir Lee Tae-hwan, une Sud-Coréenne dans les travées de la patinoire olympique de Gangneung, samedi.

Le match de hockey des deux Corées réunies face à la Suisse a fait naître de fous espoirs pour certains. Pas forcément pour d’autres.

A-t-on vécu un moment clé de l’histoire des deux Corées? L’avenir le dira. Mais pour certains, ce moment fort annoncé des Jeux de PyeongChang a tenu toutes ses promesses dans une patinoire de Gangneung muée samedi en un théâtre géopolitique.

«C’est un événement historique. Les deux Corées doivent rester ensemble. La Corée est une. C’est une nation ancienne. Ce moment est important pour notre histoire future», s’enthousiasme Lee Tae-hwan, employée de la mairie de Séoul.

La dernière fois que les deux Corées s’étaient mêlées pour un événement sportif remonte à plus de 27 ans lors d’un tournoi de tennis par équipes au Japon... Une longue parenthèse...

Défaite sans importance

Le résultat sportif importait peu. La Corée a d’ailleurs perdu 8-0 face aux Suissesses. L’essentiel était ailleurs.

Car cette partie restera quoiqu’il arrive riche en symboles : la sœur de Kim Jong-un encourageant avec le président sud-coréen l’équipe de Corée réunifiée pour la première fois sur la glace olympique. Une image, une de plus, d’une détente paradoxalement scellée sur la glace.

Si le jeu des hockeyeuses coréennes n’a pas fait d’étincelles, dans les tribunes la démonstration n’a enregistré aucune fausse note, avec des meneuses de claque nord-coréennes aux encouragements impeccables. Et une tonalité générale s’inscrivant dans ces Jeux d’hiver de la paix.

«Cette partie, c’est quelque chose de fantastique. Nous sommes une race. Ce moment c’est le début de quelque chose d’important», s’enflamme Chong Choi, un Sud-Coréen d’une quarantaine d’années.

«C’est une super opportunité pour nous parler, pour nous comprendre et communiquer», lâche-t-il avant de nuancer : “Mais je ne sais pas si une unification peut se faire si vite.’’»

Loin de faire l’unanimité

Pour autant, tous dans le public n’ont pas manifesté le même enthousiasme. Peu finalement ont agité le drapeau réunifié pendant la partie. Preuve que le chemin est encore long vers une réunification qui ne fait pas encore l’unanimité au pays du matin calme.

«Nous ne croyons pas que les deux Corées vont se réunir un jour et nous ne voulons pas que ça arrive», assure Chelsea Byun, une jeune Sud-Coréenne d’une vingtaine d’années. «La majorité des jeunes à qui vous demanderez vous diront la même chose», assure-t-elle.

Avec sa copine Lisa Joung, elles avaient acheté leurs billets pour le match avant de savoir que les deux Corées allaient jouer ensemble. «La Corée du Sud progresse économiquement et une réunification freinerait ce progrès. Il serait très difficile de changer les choses en Corée du Nord», ajoute Chelsea.

À l’image de la relation complexe entre les deux Corées, rien ne semble simple. Mais le temps d’un match, un rêve est tout de même passé...