L'ancien des Remparts Fabrice Herzog, qui a eu la chance de représenter la Suisse au dernier Championnat du monde de hockey, ne croyait pas qu'il deviendrait un jour un olympien.

Le rêve inattendu de Fabrice Herzog

GANGNEUNG — Il n’avait jamais pensé devenir un olympien. Mais la situation a changé le jour où la Ligue nationale de hockey a décidé de ne pas permettre à ses joueurs de participer aux Jeux de PyeongChang. Dès lors, une chance s’offrait à plusieurs, dont l’ancien des Remparts Fabrice Herzog.

J’avais aperçu son nom en épluchant les alignements des différentes équipes qui participent au tournoi de hockey masculin. Débarqué à Québec en 2013-2014 à titre de joueur européen, l’attaquant de 23 ans porte désormais les couleurs de la Suisse.

«C’est fantastique, je n’aurais jamais imaginé pouvoir aller aux Jeux olympiques. Mais quand la LNH a dit qu’elle n’irait pas en Corée, je me suis dit que c’était possible», racontait-il quelques heures après une séance d’entraînement.

J’ai discuté avec Herzog à la veille de son baptême olympique contre le Canada (jeudi 7h10, heure du Québec), à Gangneung. Le vent frappait solidement la ville olympique, au point où tout était fermé, ou presque, y compris le parc olympique.

Herzog a joué pour les Remparts en 2013-2014. Recruté par Patrick Roy, c’est plutôt Philippe Boucher qui a été son entraîneur-chef puisque Roy a quitté pour le Colorado pendant l’été. Boucher y faisait ses débuts derrière le banc et a même aligné trois joueurs européens en même, soit Herzog, Nick Sorensen et Mikhail Grigorenko, qui était revenu avec les Remparts pour le dernier droit de la saison après un stage à Buffalo.

«Les Remparts feront toujours partie de ma vie, j’ai adoré ma saison passée à Québec. J’ai tout aimé, sauf notre élimination rapide en première ronde. Je les suis encore via leur compte Twitter, mais je n’ai plus de contacts avec les joueurs de mon année», disait celui qui était le coéquipier d’Adam Erne, d’Anthony Duclair, de Sorensen et quelques autres. Il avait revu Sorensen lors d’un match hors-concours international contre la Suède.

L’Amérique hors des plans

Herzog avait inscrit 32 buts et récolté 58 points en 62 matchs à son unique saison dans la LHJMQ. Choix de cinquième ronde de Toronto en 2013, il n’a joué que cinq matchs dans leur filiale avant de retourner en Suisse.

«Je voulais jouer dans les rangs professionnels et j’avais cette chance en Suisse. Je pensais que c’était le meilleur chemin pour moi. J’ai passé un an à Zug avant de transférer à Zurich. Je suis sensiblement le même joueur qu’avec les Remparts, sauf que je marque moins souvent.»

Avec la Suisse, il remplira un rôle de spécialiste en désavantage numérique et de joueur régulier à cinq contre cinq. Herzog ne songe pas à revenir jouer en Amérique pour l’instant. Sa femme et lui sont les parents d’une fillette de deux ans prénommée Emma.

«Disons que ce n’est pas dans les plans à court terme. Je dois améliorer certains aspects de mon jeu avant d’y penser. J’ai encore beaucoup de travail à faire en ce sens. Je me suis amélioré pendant mon séjour à Québec, même si le jeu était différent qu’en Suisse, ça m’a aidé dans mon développement.»

Depuis trois ans, il est un joueur régulier des Lions de Zurich. Il a connu deux saisons de neuf buts et en comptait sept avant la pause olympique.

Le tournoi olympique commence fort pour la Suisse, qui se mesure au Canada dans son premier match. Leur chemin croisera aussi celui de la Corée du Sud et la République tchèque.

«À part les Russes, qui sont les favoris, toutes les équipes ont passablement le même profil. Ça part contre le Canada, ça va être le fun. On vise le podium, on veut toujours avoir une médaille. Et en l’absence des joueurs de la LNH, il y a une occasion de le prendre pour un pays comme le nôtre.»

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SUR LE MÊME TRIO QUE MATTHEWS

À sa première saison à Zurich, en 2015-2016, Fabrice Herzog s’est retrouvé au sein du même trio qu’un phénomène qui allait devenir le choix de première ronde des Maple Leafs de Toronto, en 2016. Déjà, le talent d’Auston Matthews était indéniable. «Il était jeune [il a eu 18 ans en cours de saison], mais il était de loin le meilleur joueur de la Ligue. Il avait des habiletés incroyables, c’était quelque chose de spécial de jouer avec lui.»

Nul doute que Matthews aurait été un rouage important pour les États-Unis, si la LNH avait été du rendez-vous olympique. La Suisse, de son côté, est aussi privée de bons éléments, dont le centre Nico Hischier, la recrue des Devils du New Jersey qui jouait à Halifax, dans la LHJMQ, la saison dernière. Comme Matthews, il fut aussi un premier choix au total. Parmi les Suisses absents aux Jeux, on remarque des noms comme Yannick Weber, Nino Neiderreiter, Timo Meier, Roman Josi, Kevin Fiala et Sven Andrigetto.