Pour son baptême olympique, Éliot Grondin a pris le 36e rang sur 39 participants.

Le planchiste Éliot Grondin à l’école des Jeux

BOKWANG — À 16 ans, il aurait normalement dû se trouver en classe, pour suivre un cours de français, de mathématiques ou d’autres matières du genre. Mais Éliot Grondin est allé à une autre école, cette semaine, soit celle des Jeux olympiques!

L’adolescent de Sainte-Marie de Beauce pouvait se donner la note de passage pour son baptême olympique. Il a été éliminé dans la ronde des huitièmes de finale, course qu’il a brièvement menée avant de perdre le contrôle dans les airs. Il a pris le 36e rang sur 39 participants.

Il s’est quand même offert un petit passage au fil d’arrivée, saluant la foule avec son poing sous les encouragements.

«Ça se déroulait bien jusqu’à ce que je fasse une erreur qui m’a coûté la course. Mais bon, je suis quand même content de ne pas m’être fait mal. Ça aurait pu être pire», confiait le plus jeune athlète masculin de l’équipe canadienne aux Jeux de PyeongChang.

À son étonnement, Éliot s’est retrouvé devant dès le début de la course, mais il a perdu le contrôle de sa ligne aux trois quarts de la descente. Et lors d’un saut, il s’est retrouvé «un peu tout croche dans les airs.

«J’ai eu un bon départ, ça m’a surpris d’être en avant en partant. J’ai essayé de garder le momentum, je me suis fait dépasser à quelques endroits, j’attaquais avec plus de vitesse que les autres. Je ne peux pas vous dire comment, mais j’ai atterri un peu croche à terre. Sur le coup, je n’étais pas trop sûr de ce qui se passait, je ne savais pas trop où j’étais dans les airs. Mais je ne me suis pas cogné la tête, j’aurais pu me faire mal. Je suis correct, mais demain, je vais sûrement avoir mal un peu partout…»

À la dernière minute

Le jeune homme avait appris qu’il participerait aux Jeux lors d’une escale à Istanbul. Son agenda comportait des Coupes du monde en Turquie, en Bulgarie et en Allemagne, mais la Corée du Sud ne devait pas être l’une de ses destinations à l’origine.

«C’est allé vraiment vite, je n’ai pas encore réalisé que je suis aux Jeux olympiques à 16 ans, mais ça devrait arriver bientôt, je pense… Je ne suis pas quelqu’un de stressé, je ne me mets pas beaucoup de pression dans la vie. Pour moi, les Jeux ou la Coupe du monde, c’est la même chose, c’est bien le fun. Je suis resté fidèle à mes habitudes. J’étais dans le quai de départ, calme, simple, et je suis parti comme si c’était une descente d’entraînement. Je l’ai fait, jusqu’à ce que ça aille trop vite…»

En fin de compte, c’est l’expérience qui a joué. Le Français Pierre Vaultier, champion olympique du jour, est âgé de 30 ans et il est père de deux enfants…

«La différence d’âge ne me dérange pas trop. Les gars ont plus d’expérience que moi, et dans les grosses courses comme ça, ça joue un peu. Mais je suis jeune, l’expérience va venir. Ça va arriver vite et dans les prochaines années ça devrait être moi qui serai en haut du podium.»

Éliot Grondin, de Sainte-Marie-de-Beauce, est le plus jeune athlète masculin de la délégation canadienne.

Il était triste pour son coéquipier, Baptiste Brochu, qui n’a pas pu participer à la course en raison d’une blessure à la jambe. «Quand j’ai appris qu’il s’était blessé, j’ai trouvé ça plate. Il était rapide, il aurait eu des chances de faire la grande finale. C’est le sport, mais c’est plate un peu», avouait le jeune homme avec une belle touche de maturité. Les Canadiens Christophe Robanske (11e) et Kevin Hill (14e) ont aussi pris part à l’épreuve.

Grondin reviendra sous peu à la maison pour quelques semaines avant de repartir en Coupe du monde. Et l’école, comment ça se passe pour cet étudiant à distance de cinquième secondaire de l’Académie des Estacades, à Trois-Rivières? 

«Je leur ai dit que je ne serais pas disponible, cette semaine», répondait-il en riant.

***

DES PLANCHES À NEIGE EN LIVRAISON SPÉCIALE

Lorsqu’il a appris sa sélection pour les Jeux olympiques, Éliot Grondin a constaté qu’il lui manquait des trucs importants dans son sac d’équipement : des planches à neige… Ainsi, c’est le père de Baptiste Brochu qui lui a apporté les pièces manquantes, en début de semaine. «J’en avais avec moi, mais j’en avais d’autres à la maison qui étaient bonnes pour ces conditions-ci. Les techniciens ont bien travaillé dessus, elles étaient rapides, ça allait bien. Ce n’était pas dans mes plans de venir ici, cette année, et j’ai essayé d’organiser ça dans les jours qui ont suivi l’annonce.»

Si sa sélection l’a pris par surprise, la présence de son frère Ismaël à PyeongChang le réjouissait. Il a fait le voyage en Corée du Sud avec son père, Jean-Francis Grondin. «Ils ont vérifié s’ils venaient ou pas, ça été une surprise de voir mon frère ici», admettait celui qui était aussi touché par l’appui de ses proches et de ses amis. Il devait d’ailleurs retrouver son monde dans les heures ayant suivi la course. Depuis son arrivée, Éliot avait volontairement laissé les réseaux sociaux de côté. «Je n’y ai pas été dernièrement pour me concentrer sur la course d’aujourd’hui. Mais d’après moi, je vais tout voir ça ce soir quand je vais défiler les réseaux sociaux», disait-il en souriant.

Même s’il a participé aux Jeux olympiques, Éliot Grondin n’est pas encore membre de l’équipe nationale A. Dans les faits, il n’a été nommé que cette année au sein de l’équipe nationale de développement. «J’espère bien monter sur l’équipe A, l’an prochain. Le fait d’être ici devrait m’aider», estimait-il en regardant autour de lui.