La planchiste de Stoneham Laurie Blouin a dû être hospitalisée à la suite d’une vilaine chute, vendredi, mais, plus de peur que de mal, elle devrait être en mesure de prendre part aux qualifications du slopestyle, samedi (20h, heure du Québec).

Laurie Blouin, de l'incertitude au soulagement

BILLET / Aux Jeux olympiques, les nouvelles s’accumulent. On se trouve quelque part, quelque chose se produit ailleurs. On couvre une discipline, un événement survient dans une autre. C’est arrivé, vendredi, à PyeongChang, dans le cas de la planchiste de Stoneham Laurie Blouin, transportée à l’hôpital après une vilaine chute.

La bonne nouvelle : elle a obtenu son congé de l’hôpital régional de Bokwang quelques heures plus tard. Tout au long de sa prise en charge par les secouristes au bas de la piste du Parc à neige Phoenix et au centre médical, elle était sous la supervision d’un médecin de l’équipe canadienne.

Sans dévoiler la nature de la blessure, le Comité olympique canadien (COC) a publié un communiqué pour dire qu’elle était éveillée et consciente, de retour au Village des athlètes et que son état de santé ferait l’objet d’un suivi. 

J’étais à la couverture de la qualification des bosses en ski acrobatique lorsque sa planche s’est coincée dans une fissure à l’atterrissage d’un double périlleux en bas de pente. Ça se déroulait tout près, mais trop loin pour qu’on s’en aperçoive.

Une fois les textes rédigés sur les performances de Philippe Marquis et Audrey Robichaud à l’heure du midi, mais à quelques minutes de celle de tombée pour notre édition papier, je me trouvais dans l’autobus lorsque j’ai reçu un message texte de mon collègue Jean-Nicolas Patoine. «As-tu vu pour Laurie Blouin, elle a été évacuée sur une civière?» m’a-t-il écrit, vers minuit (heure du Québec).

Je me trouvais alors dans l’autocar ramenant journalistes et photographes au Centre de presse. Une randonnée de 40 minutes dans un incubateur aux vitres embuées, tellement il fait froid à l’extérieur et chaud à l’intérieur.

Après vérification avec l’attaché de presse de snowboard et une mise à jour émise par le COC, on apprenait que Laurie était de retour au Village. L’information sur sa blessure est venue de Québec, donc en pleine nuit en Corée en raison des 14h de décalage horaire.

C’est sa mère qui a indiqué à Radio-­Canada que sa fille avait été victime d’une coupure au visage et qu’elle serait de la qualification de slopestyle, samedi à compter de 20h, heure du Québec.

Au moment d’aller sous presse, Snowboard Canada faisait toutefois savoir que «les médecins de l’équipe et les entraîneurs surveillaient toujours son état de santé et évaluaient sa capacité à participer à la qualification».

Le hasard fait parfois bizarrement les choses. La veille, j’avais terminé la rédaction d’un texte à publier samedi avec Laurie Blouin. Je l’avais rencontré en milieu de semaine, souriante et moins stressée qu’elle ne pensait l’être par sa présence aux Jeux olympiques. La championne du monde en titre de slopestyle est inscrite à cette épreuve et à celle de big air à PyeongChang. Elle tenait même de bons mots pour le parcours de Bokwang.

«J’ai un bon feeling, je le sens bien», nous disait-elle au terme de la conférence de presse de l’équipe de snowboard, où le miraculé Mark McMorris avait été encerclé de médias.

Blouin voyait la séance de qualification comme une étape importante, mais la finale restait son objectif principal. «Je me bats pour une médaille, alors je vais m’en garder un peu [pour la finale]. J’ai des sauts dans ma tête, dont un que j’ai fait en camp d’entraînement qui n’est pas encore constant. Ce serait pratique s’il pouvait l’être», ajoutait-elle à ce moment.

Laurie Blouin n’est pas accompagnée par des membres de sa famille, à PyeongChang. Sa mère devait assister à l’épreuve de big air, le 22 février, mais avait changé d’idée depuis, préférant organiser un rendez-vous avec parents et amis. «J’aime quasiment autant qu’elle ne soit pas là, je me serais trop préoccupée que tout soit correct pour elle», disait Laurie, mercredi, dans une phrase aux allures prémonitoires, mais à l’inverse.