Julianne Séguin et Charlie Bilodeau occupaient le 12e rang au classement en vertu de leur meilleur résultat (67,52 points) de la saison au programme court.

La mère de Charlie Bilodeau a revu son petit garçon

GANGNEUNG — Il y avait de la fébrilité dans l’air au Palais des glaces de Gangneung, mercredi [mardi soir à Québec] au programme court de patinage artistique. Pendant qu’un groupe de meneuses de claques du pays voisin encourageaient bruyamment le couple nord-coréen, la mère de Charlie Bilodeau avait hâte de voir son fils prendre le contrôle de la patinoire avec sa partenaire, Julianne Séguin.

Au terme de cette première portion de l’épreuve qui se poursuivra dans moins de 24 heures, ils occupaient le 12e rang au classement en vertu de leur meilleur résultat (67,52 points) de la saison au programme court. Les favoris canadiens Meagan Duhamel et Eric Radford ont pris le troisième rang.

«Je crois que c’est notre meilleur programme court de l’année, on a eu beaucoup plus de misère avec le court que le long, cette saison. Notre gros stress, on l’avait vécu aux Nationaux, en janvier, où il fallait se classer parmi les trois premiers pour venir aux Jeux olympiques. Il y a quand même quelque chose de particulier avec toute l’énergie qui se dégage autour, car les Jeux, c’est une bulle en soi, mais la patinoire est notre repère», résumait le patineur de Trois-Pistoles.

Du haut de la section 212, Linda Joubert y revoyait le petit garçon qu’elle a entraîné jusqu’à l’âge de 10 ans. «Il était tellement malcommode, il n’y avait pas d’entraîneur qui voulait lui enseigner… Il a arrêté un peu pour faire du snowboard, et après, il a recommencé. Il m’avait dit : avant, je patinais pour toi, maintenant, je vais compétitionner pour moi», racontait-elle, affiche de Charlie et Julianne à la main.

La mère de Charlie Bilodeau, Linda Joubert

Elle a donc laissé partir son adolescent pour Montréal. Une décision déchirante, mais logique dans les circonstances. «Il n’aurait pas pu faire cela en restant à Trois-Pistoles, il faut aller à Montréal à un certain moment. Mais ça prouve que lorsqu’on croit en son rêve, qu’on travaille fort, c’est possible. Il avait commencé par un camp d’été, à 14 ans, à Montréal, et il est resté là-bas. Si ça n’avait pas marché, on l’aurait ramené…»

Aujourd’hui, le couple participe aux Jeux olympiques, une étape importante dans le lot des événements qui suivront, comme le Grand Prix de Laval à l’automne, les Mondiaux 2020 à Montréal, les Jeux de Pékin en 2022. Si la progression du couple Bilodeau-Séguin se poursuit dans la même veine, il n’est pas interdit de croire qu’il pourrait rivaliser pour des podiums dans l’avenir.

«On se prépare tellement longtemps pour ça, qu’on dirait que ça n’arrivera jamais. Mais on ne peut pas être plus là-dedans que ça», notait-elle lors d’une pause où l’on passait la resurfaceuse avant l’entrée de leur couple préféré.

Le couple Séguin-Bilodeau abordera le programme long (mercredi soir au Québec) avec légèreté, comme il l’a fait pour le court, où leur but était d’avoir du plaisir, de savourer le moment. «Il n’y a pas de crottes sur le cœur, on va essayer de tout donner pour créer un moment comme les autres», disait Julianne en regardant son partenaire.

«Au final, on peut faire une performance fabuleuse, et ne pas voir le classement qu’on désire. À l’inverse, on peut en faire une médiocre et avoir la position qu’on voulait. On essaie de se concentrer sur ce qu’on a laissé sur la glace quand la musique arrête», ajoutait Bilodeau, le premier sportif de Trois-Pistoles à se rendre aux Jeux olympiques.