La capitaine de l’équipe canadienne Marie-Philip Poulin lors de la demi-finale opposant le Canada aux Athlètes olympiques de Russie.

La légende de Marie-Philip

BILLET / L’heure du grand rendez-vous a sonné. Pour la troisième fois d’affilée, le Canada et les États-Unis s’affrontent en finale du tournoi de hockey féminin, tard mercredi soir au Québec (jeudi après-midi en Corée du Sud).

Et il y a fort à parier que Marie-Philip Poulin y jouera encore un grand rôle, elle qui a l’habitude de répondre présente quand ça compte!

Le Canada est à la recherche de sa cinquième médaille d’or d’affilée aux Jeux olympiques, tandis que les États-Unis ne l’ont pas emporté depuis leur victoire en 1998, à Nagano. Si la tendance se maintient, comme le dit si bien cette formulation bien connue, l’attaquante au numéro 29 court la chance de s’imposer à nouveau.

Lors des deux dernières conquêtes, la joueuse de Beauceville a inscrit le but vainqueur à chaque fois, dont celui en prolongation, il y a quatre ans, à Sotchi, dans l’un des matchs de hockey les plus enlevants de l’histoire des Jeux, tous genres confondus. Une fin de match palpitante, où le Canada avait comblé un déficit de 2-0 en fin de troisième période pour se sauver avec la victoire grâce au second filet du match de Poulin.

Déjà, Marie-Philip Poulin fait partie des meilleures joueuses à avoir porté le chandail unifolié. Mais l’artiste n’a pas encore terminé son œuvre d’art.

«Marie-Philip est en train de développer sa légende. Si vous regardez des joueuses comme Hayley Wickenheiser et Caroline Ouellette, elles ont participé à quatre ou cinq Jeux olympiques. Il reste lui reste encore beaucoup de temps pour garnir sa feuille d’exploits», m’a raconté Melody Davidson, l’ancienne entraîneuse-chef de l’équipe canadienne.

Elle avait découvert Marie-Philip lorsque celle-ci n’était qu’une adolescente de 14 ans avec l’équipe du Québec. Déjà, elle se démarquait par son sens du hockey, sa capacité de faire la différence.

«On en entendait beaucoup parler à l’époque. Elle est devenue une grande joueuse. J’étais certaine qu’elle deviendrait un jour le pilier de notre équipe, qu’elle marquerait des buts importants, mais peut-être pas aussi vite qu’elle l’a fait dans sa carrière. Elle a un talent spécial, mais elle est surtout très humble et entièrement consacrée à l’équipe. Elle ne joue pas pour son nom dans le dos, mais pour l’écusson devant. L’équipe actuelle est la sienne, ça s’ajoute à ses actifs.»

Étrangement, Poulin jouait sur le quatrième trio, en 2010, lorsque le Canada a gagné l’or à Vancouver. Et même à Sotchi, en 2014, elle pivotait le troisième trio. Ce qui la distingue, c’est de répondre à l’appel dans les moments importants.

«Elle joue de la même façon du début à la fin, c’est ce qui en fait une grande joueuse capable de faire la différence. Dans le passé, elle a su mériter son temps de glace et elle a toujours gagné la confiance de ses coachs.»

Un jour, Marie-Philip pourrait faire son entrée au Temple de la renommée du hockey. Quelques femmes y sont déjà, comme Wickenheiser, et tout récemment, Danielle Goyette.

«Je rêve du jour où ça deviendra un automatisme de voir une femme être intronisée, et non pas seulement une fois à l’occasion. Le jour où elle prendra sa retraite, “Pou” fera une excellente candidate. Nous sommes vraiment choyés d’avoir une telle joueuse dans notre pays.»

L’équipe canadienne féminine était une valeur sûre pour remporter une médaille. La version masculine avait plus à faire pour l’imiter en raison de l’absence de joueurs de la LNH.

«Le fait que la LNH ne soit pas ici donne un peu plus de visibilité aux autres sports. Pour notre part, on sait qu’il y a de la pression, des attentes, et on l’utilise comme source de motivation. Que les joueurs viennent de la LNH ou de la KHL, ça ne change rien pour nous, on s’encourage, on partage avec eux. Ce qui compte, c’est de porter cette feuille d’érable. Défendre l’honneur du pays, c’est plaisant, on est ici pour ça, les gars comme les filles», m’avait dit la principale intéressée en tout début de tournoi. Il connaîtra sous peu son dénouement!