L’Autrichien Marcel Hirscher a décroché son deuxième titre olympique en 2018 lors du slalom géant. Avec six globles de cristal, et un septième à venir, il s’impose comme un géant de son sport.

Intouchable Hirscher

PYEONGCHANG — Intouchable ! L’Autrichien Marcel Hirscher a survolé le slalom géant des Jeux de Pyeongchang dimanche et décroché son deuxième titre olympique en Corée du Sud après celui du combiné mardi.

Hirscher a rejeté le Norvégien Henrik Kristoffersen et le Français Alexis Pinturault, médaillés d’argent et de bronze, à 1 sec 27/100 et 1 sec 31/100.

Le podium est une copie du classement provisoire de la Coupe du monde de la discipline que Hirscher, vainqueur de quatre des cinq géants disputés, commande avec autorité.

A bientôt 29 ans, le Salzbourgeois a définitivement gagné ses galons de «Kaiser», jusqu’à présent apanage de Franz Klammer, l’Express de la descente il y a 40 ans.

Six gros globes de cristal, et un septième à venir, trophée qu’il détient depuis mars 2012, n’avaient pas encore entièrement convaincu l’Autriche de la grandeur absolue de Hirscher. Le pays du ski honore avant tout les descendeurs qui flirtent avec la chute fatale. «A sport on the edge», disent les Américains, comblé ces dernières années avec Bode Miller et Lindsey Vonn.

Tourniquet et chicanes 

Une comparaison avec la Formule 1, sport qui se rapproche le plus du ski alpin, s’impose. Aux circuits rapides qui enivrent de vitesse, Hirscher a préféré le tourniquet et les chicanes de Monaco.

Pilote hors pair, il utilise son centre de gravité bas et parfait pour ressortir des courbes plus vite que les autres.

Comme les stars des quatre roues, Hirscher est épaulé par une équipe fournie de techniciens en tous genres. «C’est la conjugaison du talent, de l’entraînement et de la chance. J’ai la chance d’avoir à mes côtés de grands techniciens, de grands entraîneurs et du matériel super. Et l’expérience m’a beaucoup servi cette saison», a-t-il souligné.

Autre légende du ski autrichien, «Herminator» Hermann Maier ne se prive pas d’insister sur le soutien offert à Hirscher. Quand lui, l’ancien maçon, s’est construit à la dur, «et un seul technicien» à son service.

La gloire de Hirscher a rejailli sur toute l’équipe à Pyeongchang, où la Wunderteam a déjà décroché trois médailles d’or, avec celle de Matthias Mayer en super-G, et cinq breloques au total.

«L’or du combiné a été une surprise. Aujourd’hui, j’étais très attendu. Mais ce n’était pas facile de se libérer de la pression. Hier (samedi), lors du ski libre, j’ai senti que mes skis répondaient bien sur cette neige», a remarqué le vainqueur annoncé.

Jeudi, sur la piste jouxtant celle du géant, le skieur d’Annaberg partira à la conquête du troisième or olympique, en slalom.

Une nouvelle course

«Ce sera une nouvelle course et on m’attend encore. Maintenant, il fait froid, je suis ici depuis deux semaines, ce n’est pas facile de conserver le niveau», s’est défendu Hirscher.

«J’étais vraiment déçu du résultat de la première manche (10e à 1 sec 35/100). J’ai parlé avec mon père et ma «girl» et ça m’a fait du bien», a souligné pour sa part Kristoffersen.

«En géant, Hirscher est au-dessus. On se bat pour l’argent. Sa supériorité en géant? C’est l’addition de tout: le matériel, sa qualité de pilotage, l’expérience», a ajouté le Nordique.

La France a bien semé et récolté peu, avec quatre représentants dans les sept premiers, mais seulement Pinturault a réussi à monter sur le podium.

«J’étais vraiment à l’attaque aujourd’hui du début à la fin. J’ai fait des fautes qui m’ont coûté cher, mais c’était le seul moyen de récupérer du temps sur mes adversaires. Je suis vraiment content de ma course, même si je perds l’argent pour 4/100», a indiqué le Français.

Érik Read 11e 

Erik Read, de Calgary, s’est révélé le meilleur skieur canadien, se classant à égalité en 11e position grâce à un temps de 2:20,74. Trevor Philp, de Calgary, est passé de la 24e à la 18e place. Philip Brown et James Crawford, tous deux de Toronto, ont respectivement pris les 27e et 29e rangs.  Avec La Presse canadienne