Des tricheurs aussi sur le Web

Message de ma sœur, en provenance de Calgary. «Est-ce toi qui as écrit l’article avec Yeji en anglais?»

À ce moment, je n’avais même pas encore constaté que mon texte de jeudi avec la jeune femme native de la Corée du Sud avait été publié sur le site Internet du Soleil, à Québec. Alors, imaginez ma surprise à cette question.

— Non, de quoi parles-tu, lui ai-je demandé?

Un site Internet qui m’était inconnu avait repiqué à la fois mon reportage ainsi que la photo fournie gracieusement par celle qui avait bien voulu se prêter au jeu de l’entrevue. Le tout avait été traduit intégralement en anglais.

Pas question, ici, de vous révéler le nom du site en question ni d’en faire sa publicité. Mais si je me base sur mon expérience personnelle, tout ce qui y est publié vient d’ailleurs.

Au début, je croyais qu’on avait réussi à mettre le nez dans mon ordinateur. Mais non, on avait seulement repris mon article, sans attribuer le crédit à l’auteur de ces lignes ni au quotidien Le Soleil, qui m’emploie.

Je ne connaissais pas ce site Internet. À ma grande surprise, je n’ai pas été le seul à voir l’un de mes reportages reproduits, mot à mot, en langue anglaise. J’ai trouvé une critique du Bye bye 2017 de notre chroniqueur télé qu’il avait réalisée dans les heures suivant la télédiffusion du l’émission du 31 décembre. Encore là, aucun crédit.

Ce n’est pas tout, nos récents reportages sur le hockeyeur Fabrice Herzog, le compte-rendu de cette nuit sur le 15 km d’Alex Harvey, le jeu des questions/réponses avec Kim Lamarre, la réaction du père de Kim Boutin publiée dans l’un des journaux de notre groupe de presse (La Tribune de Sherbrooke) sur les menaces portées contre sa fille, voilà autant de contenu exclusif de nos quotidiens ayant été utilisé sans notre consentement. Des reportages d’autres journaux du Québec s’y trouvent aussi, victimes du même modus operandi.

J’ai trouvé une adresse courriel pour joindre ce site Internet afin d’y exprimer mon désaccord. Sur la page «Qui sommes nous?», on peut y lire entre autres que «toute utilisation et reproduction de notre contenu est interdite».

«Non, mais ils en ont du front. Ils interdisent ce qu’ils font eux-mêmes...» a réagi mon nouvel ami de Winnipeg, un chroniqueur de sport qui partage le même appartement que moi à PyeongChang. Il m’avait aidé à composer le message qui n’a finalement jamais été transmis puisque le destinataire… n’existait pas.

La morale de cette histoire, les tricheurs ne sont pas seulement ces athlètes qui se dopent. Le vol de contenu existe également.

Avis aux lecteurs de ce site anglophone, si vous tombez sur ce texte écrit en français à l’origine, ne lui donnez pas les «clics» qu’il recherche. La version originale est toujours meilleure...