Cette fois-ci, Josée Picard se pointe aux Jeux avec un duo en pleine ascension. Julianne Séguin et Charlie Bilodeau ont été vice-champions du monde juniors en 2015.

De retour aux Jeux, seize ans plus tard

Ce sera sa sixième présence aux Jeux olympiques, mais sa première depuis... 2002 à Salt Lake City.

« Ça fait un bout de temps », concède Josée Picard. La sexagénaire originaire de Hull dirigeait à l’époque Anabelle Langlois et son partenaire Patrice Archetto, qui avaient pris le 12e rang en paire.

Cette fois-ci, l’entraîneuse se pointe aux Jeux avec un duo en pleine ascension. Julianne Séguin et Charlie Bilodeau ont été vice-champions du monde juniors en 2015. Ils ont gagné l’or à Skate America en 2016.

Puis il y a eu les blessures.

Séguin a subi notamment une série de commotions cérébrales. Quant à Bilodeau, il a dû être opéré à un genou en mai dernier.

« Ils ont grandi à travers tout ça. Tout ce qu’ils faisaient au début de leur carrière allait bien et vite. Le fait d’avoir eu des embûches leur a permis d’apprécier un peu plus la victoire. »

Séguin et Bilodeau sont âgés respectivement de 21 et 24 ans.

« Ils seront des bébés comparés aux autres couples. Par exemple, la patineuse de la paire allemande en sera à ses cinquièmes Jeux. Les Chinois, eux, participeront aux Jeux pour une troisième fois. »

Sauf que Séguin et Bilodeau miseront sur un coach qui a tout vu, tout vécu sur le bord d’une patinoire olympique.

Picard était de l’aventure en 1988 en sol canadien à Calgary. Elle a vu son élève Isabelle Brasseur gagner le bronze en 1992 à Albertville en compagnie de Lloyd Eisler. La paire a répété l’exploit en 1994 à Lillehammer.

Les champions du monde Shae-Lynn Bourne et Victor Kraatz se sont aussi entraînés sous sa férule.

Si 16 ans se sont écoulés depuis sa dernière présence aux Jeux, c’était un peu voulu.

Josée Picard voulait recommencer au début en banlieue de Montréal où elle habite depuis une vingtaine d’années. « Retourner à la base avec des jeunes. Ça faisait longtemps que je travaillais avec des adultes avec tout le stress qui vient avec ça », explique-t-elle.

« Les enfants ont cette joie et cette innocence. Oui, ça demande plus d’années. Mais je trouve ça plus valorisant de les voir évoluer jusque-là. Par exemple, ça fait neuf ans que j’enseigne à Julianne. »

Les derniers mois auront été fertiles en émotions pour Picard, qui a été intronisée au Temple de la renommée du patinage artistique canadien à l’été 2017. À PyeongChang, elle va renouer avec certains de ses anciens élèves qui se sont recyclés en entraîneur.

C’est le cas de Bruno Marcotte qui enseigne aux champions canadiens Meagan Duhamel et Eric Radford. Même chose pour Patrice Lauzon, qui s’occupe des champions olympiques Tessa Virtue et Scott Moir.

« Je retourne aux Jeux un peu en famille ! Ce sont des jeunes que j’ai côtoyés depuis leur enfance qui sont maintenant devenus des coaches avec des athlètes de haut niveau. C’est le fun de les regarder. »