De nombreux admirateurs de Marie-Philip Poulin, dont sa tante Diane, sa grand-mère Julienne et son oncle Raymond, se sont réunis à la polyvalente Saint-François de Beauceville pour regarder le match des Canadiennes contre les Russes.

Beauceville célèbre Marie-Philip Poulin

BEAUCEVILLE — La polyvalente Saint-François de Beauceville s’est transformée en temple du hockey féminin, lundi matin. Et les fidèles vénéraient une icône plus que les autres : la fille du coin, Marie-Philip Poulin.

Un beau moment pour être fier, voire un peu chauvin. Et pourquoi pas? Il n’y a pas si longtemps, la meilleure hockeyeuse au monde arpentait elle-aussi les corridors de l’établissement scolaire.

Mercredi, les élèves de la polyvalente étaient réunis autour des proches de Marie-Philip. Ensemble, ils formaient une foule nombreuse et bruyante dans le gymnase de l’école. La mezzanine était aussi bien remplie, tout le monde observant l’écran géant installé dans un coin de la grande salle. Même l’amphithéâtre, un étage plus bas, présentait la rencontre, façon cinéma.

Une belle vue sur la convaincante victoire de 5-0 du Canada face à une équipe olympique de Russie coriace. La capitaine Poulin a inscrit le deuxième but des gagnantes, en avantage numérique. Les Canadiennes sont assurées d’une médaille d’argent, mais elles visent l’or. Et rien d’autre.

La grand-mère de Marie-Philip, Julienne Poulin, s’est réjouie de l’enthousiasme des jeunes, qui n’ont pas hésité à crier «Poulin, Poulin, Poulin» au milieu de la troisième période. «Pour notre coeur, de voir tant de monde...» a lancé Mme Poulin, les mains à hauteur de poitrine. «Je vois que les jeunes s’intéressent beaucoup au hockey. Ils sont tout jeune et ils parlent de hockey, ils veulent le hockey», a-t-elle ajouté.

Malheureusement, les spectateurs ont raté les troisième et quatrième buts des Canadiennes, en début de troisième période, car Radio-Canada a choisi de présenter le bobsleigh, au même moment.

Grâce à ce rassemblement, les étudiants ont eu congé du premier cours de la journée. L’engouement des jeunes a confirmé le «bon coup» de la direction. «On veut donner le goût aux élèves de s’intéresser aux Jeux olympiques. On l’a fait il y a quatre ans. Les élèves de première secondaire, qui sont maintenant en cinquième, s’en souviennent encore», a expliqué le directeur de la polyvalente, Robin Rodrigue.

Selon lui, Poulin est un magnifique exemple de persévérance, de l’importance de croire en ses rêves. «Marie-Philip a la passion du hockey; on souhaite que nos élèves aient aussi des passions comme celle-là.»

Présente dans les villes hôtesses aux Jeux de 2010 (Vancouver) et de 2014 (Sotchi), la marraine de Marie-Philip, Martine Gagné, a savouré la matinée de lundi en compagnie des jeunes Beaucevillois. «Je pense qu’ils ont un modèle sur lequel s’accrocher. Ils vont voir que dans la vie, quand on a un but, on peut focuser là-dessus et l’atteindre», souligne-t-elle.

Retour d’ascenseur

Pour Beauceville et ses citoyens, le soutien accordé à Marie-Philip est un juste retour d’ascenseur. La grande vedette du hockey féminin, auteure des deux buts gagnants des finales olympiques de 2010 et 2014, est devenue au fil du temps une ambassadrice de rêve pour la petite ville de Beauce, qui compte 6000 habitants. «Elle nous a mis sur la map», a souligné Julienne Poulin.

Un autre rassemblement est prévu pour la grande finale, mercredi soir. Le match débutera à 23h, ce qui risque de rebuter les couche-tôt. Ou les parents souhaitant une bonne nuit de sommeil pour leur adolescent. Mais pour la fierté de la ville, pourquoi ne pas faire une exception? «On va inviter les élèves avec leurs parents. On souhaite que les élèves incitent leurs parents à venir», a même lancé Robin Rodrigue avec le sourire.

Pour cette finale, les Canadiennes affronteront sans grande surprise leurs éternelles rivales américaines. Celles-ci ont vaincu la Finlande 5-0, plus tôt dans la journée. La rivalité est telle entre les deux meilleures équipes au monde que même le clan Poulin s’est gardé de prédire de façon convaincante une victoire du Canada. «Nous ce qu’on veut, c’est l’or. On a confiance beaucoup. C’est sûr que la pression sera plus forte [sur Marie-Philip], mais comme je lui disais l’autre jour : la pression, tu me l’envoies. Toi, tu fais valoir ton talent et tu t’amuses avec ton équipe», conclut sa marraine.