PyeongChang 2018

Ann-Renée Desbiens, médaillée d'argent... dans les gradins

GANGNEUNG — Le match de la médaille d’or entre les hockeyeuses canadiennes et américaines venait à peine de prendre fin et déjà un débat était soulevé : une telle finale devrait-elle se conclure par des tirs de barrage?

Du côté canadien, on aurait préféré une autre façon de trancher le débat, mais on ne s’en plaignait pas. Du côté américain, on se doute bien que le sujet n’était pas à l’ordre du jour.

«Bonne question! Évidemment, c’est difficile de s’incliner en tirs de barrage. Je pense que ça devrait être une prolongation jusqu’à ce qu’il y ait un gagnant», répondait Marie-Philip Poulin, auteure d’un but en or en finale, il y a quatre ans, à Sotchi.

L’entraîneure-chef de l’équipe canadienne, Laura Schuler, acceptait le résultat, mais si on lui donnait la possibilité d’écrire les règles du jeu, elle changerait la formule en cas d’égalité après trois périodes. «Si j’en avais le pouvoir, je préférerais que l’on poursuive la prolongation, à tout le moins pour une deuxième prolongation de 20 minutes», disait-elle, en point de presse.

Le Canada avait disputé plusieurs matchs ayant nécessité des tirs de barrage dans sa préparation contre des équipes de calibre midget AAA de l’Alberta. Et bien souvent, les filles parvenaient à avoir le dessus.

À titre de gardienne de but, Ann-Renée Desbiens a souvent fait face à cette situation dans le passé. Mais de mémoire, ce n’était pas arrivé contre les États-Unis, du moins depuis qu’elle s’aligne avec l’équipe canadienne.

«On pratique un sport d’équipe, mais c’est dommage qu’à la fin, ce soit une compétition individuelle qui décide du sort du match pour la médaille d’or», prétendait l’athlète de La Malbaie.

Elle n’était pas en uniforme pour ce match décisif. On lui avait préféré Shannon Szabados, brillante devant le filet, notamment en prolongation. Son adjointe était Geneviève Lacasse.

Triste

Desbiens a joué un match dans le tournoi lors d’une victoire contre les athlètes olympiques de la Russie. Elle a revêtu son uniforme en fin de match afin de recevoir sa médaille en compagnie de ses coéquipières. Elle l’avait regardé des gradins, où elle était assise avec ses parents.

«Tu n’as pas l’impression de pouvoir faire grand-chose pour aider tes coéquipières. Ce n’est pas la situation que l’on préfère, mais ça fait partie de la vie de gardien de but. Les filles ont bien performé, c’est triste que ça se décide comme ça.»

Desbiens a apprécié son expérience olympique, mais ignore la suite des choses, à court terme. «Ç’a été un rêve de représenter mon pays aux Jeux. Je n’ai aucune idée de ce que je vais faire après, à part qu’on va y aller au jour le jour… et se reposer un peu», disait celle qui faisait partie de la centralisation de l’équipe à Calgary.

Si le Canada a perdu l’or, elles auront participé à une grande victoire, celle de la progression du hockey féminin. Il y avait de l’émotion, de l’intensité, de la vitesse et du talent sur la patinoire du Centre de hockey de Gangneung.

«Chaque fois qu’on affronte les Américaines, vous savez que ce sera une dure bataille. Et ç’a encore été le cas jusqu’au dernier lancer. Ce match montre à quel point le hockey féminin a progressé, ces dernières années», soulignait Poulin, la femme la plus populaire de Beauceville.

La qualité du spectacle lui donnait raison!

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UN RÉSULTAT QU'ON N'OUBLIE PAS

Les joueuses de l’édition 2018 de l’équipe canadienne de hockey féminin devront s’y faire : on n’oublie jamais un tel résultat. Leur entraîneure-chef Laura Schuler a vécu la même chose lorsqu’elle s’alignait pour la formation à la feuille d’érable aux JO de Nagano, en 1998. Les mois qui suivent n’effacent jamais ce souvenir.

«Combien ça prend de temps pour oublier? Ça ne disparaît jamais. Avec le temps, on voit la lumière au bout du tunnel, mais ça reste en nous. Il y a une partie de soi qui te fait croire que vous avez laissé tomber le pays. Mais il y a du positif à en tirer. ll faut toujours être fier d’avoir une médaille, ça n’arrive pas à tout le monde. Dans les années à venir, les filles pourront la regarder et se dire qu’elles ont tout donné, mais pour l’instant, c’est normal qu’elles soient déçues et tristes», racontait Schuler avec sagesse.

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Les JO en bref

LES QUÉBÉCOIS EN ACTION VENDREDI

Patinage de vitesse, finale 1000 m hommes, 5h* : Laurent Dubreuil (Lévis), Alexandre St-Jean (Québec)

Hockey masculin, demi-finale c. Allemagne, 7h10 : Marc-André Gragnani (Montréal), Maxim Lapierre (Saint-Léonard), Maxim Noreau (Montréal), Kevin Poulin (Montréal)

Surf des neiges, qualifications et finale, slalom géant parallèle hommes, 19h : Jasey-Jay Anderson (Mont-Tremblant)

Bobsleigh à quatre, descentes 1 et 2, à compter de 19h30 : Samuel Giguère (Sherbrooke, réserviste)

Surf des neiges, finale big air hommes, 20h : Maxence Parrot (Bromont), Sébastien Toutant (Repentigny)

Ski alpin, finale par équipes, 21h : Laurence St-Germain (St-Ferréol-les-Neiges), Valérie Grenier (Mont-Tremblant)

Ski de fond, 50 km hommes, minuit : Alex Harvey (Saint-Ferréol-les-Neiges)

*heure du Québec

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TABLEAU DES MÉDAILLES

Pour consulter le tableau des médailles en temps réel, cliquez ici.

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Doublé canadien en ski cross féminin

BOKWANG — Les Canadiennes ont dominé la finale du ski cross pour réaliser un doublé avec Kelsey Serwa en or devant la Québécoise Brittany Phelan, jeudi en Corée du Sud. Du même coup, le Canada a égalé son record de 26 médailles obtenues lors de mêmes Jeux, établi en 2010 à Vancouver.

Si Serwa, âgée de 28 ans et médaillée d’argent il y a quatre ans, s’est rapidement détachée pour gérer tranquillement son avance, la bagarre a fait rage derrière. Phelan a finalement profité d’un virage pour coiffer la médaillée de bronze Fanny Smith et Sandra Naeslund.

Transfuge du ski alpin — elle avait terminé 15e du slalom olympique de Sotchi, en 2014 — la native de Sainte-Agathe-des-Monts doit son premier podium olympique à... une déchirure du mollet. Peu entichée à l’idée de refaire de la réhabilitation pour continuer le ski alpin, elle avait alors décidé de se tourner vers le ski cross pour assouvir sa passion du sport.

Passionnée du sport

Selon le site de l’équipe canadienne olympique, l’athlète de 26 ans participe d’ailleurs à des courses de vélo de montagne sur le circuit mondial d’Enduro pendant l’entre‑saison. C’est également une adepte de kayak, de skateboard, de soccer et de squash.

Cette passion du sport ne date pas d’hier. Elle a commencé à skier à l’âge de deux ans avant de participer à sa première course quatre ans plus tard. Sa mère a raconté qu’elle devait souvent envoyer les patrouilleurs à ski à sa recherche le soir, car elle oubliait le temps qui passe alors qu’elle construisait des sauts avec ses amis.

Inspirée par l’Autrichien Hermann Maier et l’Allemand Bode Miller lorsqu’elle dévalait les pentes de ski alpin, Phelan a découvert un nouveau modèle lorsqu’elle s’est tournée vers le ski cross : Kelsey Serwa, la seule qui l’a devancée à PyeongChang.

La journée avait pourtant bien mal commencé pour les Canadiennes. Marielle Thompson, championne olympique en titre, a effectué une chute en tout début de parcours et a été éliminée lors de la première vague des huitièmes de finale. Puis India Sherret, sérieuse aspirante au titre, a aussi chuté lourdement à mi-parcours avant d’être évacuée en civière. Une scène qui a jeté de l’ombre sur la compétition.  Avec Le Soleil et La Presse canadienne

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Un sacré couple en or

PYEONGCHANG — Emmenée par Darya Domracheva, désormais la biathlète la plus titrée de l’histoire aux JO avec quatre médailles d’or, la Biélorussie a causé une petite surprise en s’imposant lors du relais dames de biathlon des Jeux de PyeongChang, jeudi.

La femme de la légende du biathlon Ole-Einar Bjoerndalen fait ainsi aussi bien que son mari et détient maintenant le record de victoires aux Jeux olympiques chez les dames après ses trois succès de Sotchi en 2014 (poursuite, départ groupé, individuel).

«Je n’ai pas pensé au record», a-t-elle assuré. «C’est juste incroyable. Cela veut dire que le jour où j’ai choisi de mettre des skis et de faire ce sport, c’était une bonne décision. C’est important de croire en soi-même, de croire en son équipe et de surmonter les difficultés. Cela veut aussi dire que toutes les portes sont ouvertes.»

Bjoerndalen, qui détenait le record de 13 médailles aux JO d’hiver avant d’être devancé par la fondeuse Marit Bjoergen mercredi, a bien entendu suivi de près la prestation de sa femme. Privé de sélection avec son pays, le Norvégien de 44 ans était présent au bord de la piste pour encourager et fournir des informations sur ses poursuivantes à la toute fraîche quadruple championne olympique de 31 ans.

«Il était surpris et ému, autant que moi», a indiqué l’héroïne du jour. Un sacré couple en or.

Conditions difficiles

On attendait l’Allemagne de Laura Dahlmeier et ce sont finalement les Biélorusses qui ont raflé la mise à l’issue d’une course disputée dans des conditions météorologiques très délicates avec de la neige et du vent, devançant les Suédoises et les Françaises.

Dans un relais transformé par moments en une véritable loterie, les Allemandes, qui ont terminées au 8e rang, ont bu la tasse (trois tours de pénalité) et d’autres favoris ont également fini par exploser, à l’image de la Norvège (4e) et de l’Italie (9e). Mais pas la Biélorussie, qui a pu compter sur un ultime relais express de Domracheva pour s’offrir l’or, une première pour le pays dans cette spécialité.

Sylvain St-Laurent

Quelques leçons de PyeongChang

CHRONIQUE / Quand on fera le bilan des deux dernières semaines, on ne manquera certainement pas de bonnes histoires à se raconter. La délégation canadienne vient de nous offrir des Jeux d’hiver tout simplement mémorables.

Derrière tous les médaillés, Valérie Grenier pourrait facilement se faire oublier. Pourtant, la jeune skieuse de Saint-Isidore, dans l’Est ontarien, a réalisé un grand exploit sportif lors du combiné alpin olympique.

Jeux olympiques

Sherbrooke honorera Kim et Alex

La Ville de Sherbrooke honorera ses deux athlètes olympiques lors d’un événement dont les modalités seront annoncées prochainement.

La médaille d’argent et les deux médailles de bronze de Kim Boutin en patinage de vitesse courte piste et la performance d’Alex Boisvert-Lacroix en patinage de vitesse longue piste ont soulevé les passions des Sherbrookois qui ont suivi les compétitions au cours des derniers jours, souligne-t-on.

Lire aussi: Kim Boutin réécrit l’histoire

La Ville de Sherbrooke tient à féliciter chaleureusement Kim Boutin et Alex Boisvert-Lacroix pour leurs performances aux Jeux olympiques d’hiver de PyeongChang 2018.

 « C’est avec beaucoup de fierté que j’ai suivi les performances de ces deux admirables athlètes. Leurs prouesses sauront assurément inspirer de nombreux jeunes sherbrookois et sherbrookoises à se dépasser pour atteindre leurs propres objectifs », indique  Steve Lussier, maire de la Ville de Sherbrooke.


Cinq candidats pour porter le drapeau canadien à la fin des Jeux

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PyeongChang 2018

PyeongChang: Ce qu'ils ont dit...

Les athlètes, entraîneurs et journalistes canadiens se trouvant présentement aux Jeux de PyeongChang n'hésitent pas à partager leur expérience olympique sur les réseaux sociaux. Voici quelques-unes de leurs meilleures publications des dernières heures.

Kim Lamarre

PyeongChang 2018

Curling masculin: le Canada s'incline devant les États-Unis en demi-finale

PYEONGCHANG — Kevin Koe ne peut plus espérer mieux qu'une médaille de bronze au curling des Jeux olympiques de Pyeongchang.

Le capitaine canadien s'est incliné 5-3 devant l'équipe des États-Unis, menée par John Shuster, dans la demi-finale de jeudi. Les Américains disputeront l'or aux Suédois de Niklas Edin dans la finale de samedi. La Suède a écrasé l'équipe suisse de Peter de Cruz 9-3 dans l'autre demi-finale au programme.

La petite finale entre le Canada et la Suisse sera disputée vendredi. Les Helvètes ont battu les Canadiens 8-6 dans le tournoi à la ronde. L'équipe canadienne avait remporté les trois dernières médailles d'or olympiques au curling masculin: Brad Gushue en 2006, Kevin Martin en 2010 et Brad Jacobs en 2014.

Le Canada n'avait jamais raté la finale depuis la réinsertion du sport au programme olympique en 1998.

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Courte piste: médaille de bronze pour le relais masculin

GANGNEUNG Les Canadiens Charles Hamelin, Samuel Girard, Charle Cournoyer et Pascal Dion ont remporté la médaille de bronze au relais 5000m, aux Jeux de Pyeongchang, jeudi.

Lors d'une course mouvementée, les patineurs canadiens sont passés du dernier au premier rang avec seulement deux tours à disputer. Les Hongrois et les Chinois ont cependant appuyé sur l'accélérateur pour devancer Girard, qui s'occupait du dernier relais.

Contrairement au relais de 3000 mètres de leurs compatriotes féminines, les Canadiens ont évité les contacts pour rallier le fil d'arrivée en un temps de 6:32,282. La Hongrie est montée sur la plus haute marche du podium en vertu d'un chrono de 6:31,971, ce qui constitue une nouvelle marque olympique. La Chine a suivi en 6:32,035.

Hamelin, de Sainte-Julie, en était à sa dernière course olympique en carrière. Le patineur de 33 ans participait à ses quatrièmes Jeux olympiques et il a gagné une cinquième médaille, égalant du même coup le record canadien de Marc Gagnon et François-Louis Tremblay en patinage de vitesse sur courte piste. En plus de cette médaille de bronze, Hamelin a gagné trois médailles d'or et une d'argent.

Girard quatrième au 500m

Moins d'une heure auparavant, Girard avait pris part à la finale du 500 m, se classant quatrième. Le Chinois Wu Daijing avait survolé la distance en un temps record de 39,584 secondes. Les Sud-Coréens Daeheon Hwang et Hyojun Lim ont suivi avec des temps respectifs de 39,854 et 39,919. Ces deux temps se trouvaient aussi sous l'ancien record mondial avant le début de la soirée, qui était de 39,937 et qui avait été établi par l'Américaine John Celski en 2012.

Girard est resté au dernier rang de la finale du début à la fin et a rallié l'arrivée en 39,987 secondes.

Âgé de 21 ans, Girard a aussi terminé quatrième au 1500m avant de remporter l'épreuve de 1000m plus tôt aux Jeux de Pyeongchang.