C’est grâce notamment aux Cyclones de Grande-Rivière, qui ont prêté casques et épaulettes à leurs rivaux, que les Panthères de Mont-Bleu pourront poursuivre leur saison.

Premier match depuis la tornade

Il y aura des applaudissements, des mots d’encouragement et des cris de joie. Une petite larme ou deux sera peut-être même versée.

Un vendredi soir fertile en émotions attend Frédérik Pétrin, Tyson Allard et leurs coéquipiers des Panthères de Mont-Bleu. Ces ados disputeront un premier match de football scolaire depuis qu’une tornade leur a arraché leur école secondaire, il y a exactement deux semaines.

Une partie qui aura lieu dès le coup de 19 h à quelques mètres justement de l’établissement qui a passé au feu durant le défoulement de Dame nature, le 21 septembre dernier. Les Cougars de la polyvalente Le Carrefour seront les visiteurs pour cet affrontement présenté au stade Mont-Bleu.

« Même si nous n’avons plus d’école, nous ne nous arrêtons pas. Ça aurait été facile de lâcher le football. Mais nous sommes une famille unie. Nous nous entraînons ensemble depuis le printemps », a souligné Pétrin, le quart-arrière des Panthères, jeudi, à la veille de ce retour sur le terrain.

« Il risque d’avoir beaucoup de monde dans les estrades. Ça sera un événement rassembleur. Nous allons nous souvenir de ce match pendant longtemps. »

La dernière partie des Panthères remonte au 7 septembre, une victoire de 28-0.

« Les joueurs ont très hâte. Ça fait un mois qu’ils n’ont pas joué », a mentionné l’entraîneur-chef Sébastien Lunardi.

Son équipe devait jouer le 14 septembre contre les Cyclones de Grande-Rivière. Mais la formation d’Aylmer a dû déclarer forfait en vue de la saison en raison d’un manque de joueurs.

Puis il y a eu cette saprée tornade. Et la semaine dernière, une relâche était déjà prévue au calendrier pour les Panthères.

« Cela nous a donné une semaine pour retomber sur nos pieds et tout mettre en œuvre pour trouver une façon de jouer le reste de la saison », a expliqué Lunardi.

C’est que son équipe n’a plus accès à ses équipements qui se trouvent toujours dans l’école incendiée.

« Le feu a pris deux étages au-dessus du vestiaire. Nous ne saurons qu’au courant de l’hiver ce qui en est... Mais c’est sur qu’il y aura des pertes importantes », a précisé l’entraîneur.

Ce qui a semé l’inquiétude chez les 39 joueurs qui composent l’alignement des Panthères. Est-ce que la saison était compromise ? Où trouverait-on des pièces d’équipement de rechange ?

Puis quelque chose de magique s’est produit.

Le téléphone du coach s’est mis à sonner et vibrer sans arrêt. Différentes personnes offraient leur aide.

« Dans les jours qui ont suivi, je te dirais que moi aussi je me posais beaucoup de questions. Mais j’ai vite réalisé que la famille du football en Outaouais était là. J’ai eu des appels de toutes les autres écoles. »

Des rivaux devenus amis

Résultat, les Panthères sauteront sur le terrain avec tout l’équipement nécessaire. Leurs couleurs seront simplement un peu différentes de leur bleu traditionnel.

Les joueurs porteront les épaulettes et casques des Cyclones de Grande-Rivière. Et il était hors de question d’enlever le logo de l’école secondaire rivale.

« C’était important pour moi que le logo des Cyclones reste là. Ça démontre l’entraide qui s’est produite dans les deux dernières semaines », a fait valoir Sébastien Lunardi.

Les Griffons du Cégep de l’Outaouais, qui partagent le même stade que les Panthères, ont prêté leurs chandails blancs. La compagnie Riddell, elle, leur a remis des gaines et protecteurs buccaux.

Puis il y a ces dons qui arrivent par ici et par là.

« Je viens de recevoir 25 paires de souliers à crampons de la part des Ravens de l’université Carleton en plus de 20 paires de gants », s’est réjoui Lunardi.

On le sent. Joueurs et entraîneurs de l’équipe de football de Mont-Bleu ont été touchés par ces gestes de solidarité de leurs rivaux. « Au début, nous ne savions pas si nous allions être en mesure de continuer à jouer. Mais il y a plusieurs gens qui ont nous aidé. C’est le fun de voir ça. Nous tenons à les remercier », a lancé l’ailier défensif Tyson Allard.


«  Même si nous n’avons plus d’école, nous ne nous arrêtons pas.  »
Frédérik Pétrin, le quart-arrière des Panthères

« Autant que sur le terrain, nous ne faisons pas de cadeaux entre équipes, autant à l’extérieur il y a de l’entraide, a rappelé pour sa part Lunardi. C’est que je trouve merveilleux dans le sport. C’est une valeur que nous essayons d’inculquer aux jeunes. »

Cette partie entre Mont-Bleu et Le Carrefour ne sera pas la seule à retenir l’attention ce week-end dans la Ligue de football scolaire de l’Outaouais. Les deux équipes de tête chez les juvéniles, Nouvelles Frontières et Saint-Alexandre croiseront le fer dimanche après-midi. Elles sont toutes deux invaincues en trois parties.

Les finales auront lieu à la mi-novembre sur la nouvelle surface synthétique de l’école secondaire D’Arcy-McGee.