Pluie de chutes en vue au Crashed Ice

Ils ont défilé, un après les autres, aux écluses du canal Rideau. Des athlètes d'une quinzaine de pays ont mis à l'essai la piste du Red Bull Crashed Ice dans les dernières heures. Plusieurs ont adoré. Certains prédisent même une des finales les plus spectaculaires de la dernière décennie.
«Il va y avoir plusieurs chutes», a soutenu Myriam Trépanier, qui occupe le troisième rang au classement général du Championnat du monde «Ice Cross Downhill».
L'épreuve d'Ottawa, qui aura lieu samedi soir, s'avère le dernier arrêt du circuit après les courses de Marseille, Jyvaskyla et Saint-Paul, au Minnesota. Auparavant, il y aura les qualifications vendredi matin.
«C'est une piste unique. Je trouve que tu descends, tu remontes, tu redescends et tu remontes... Ça ne finit jamais, a poursuivi Trépanier, originaire de St-Michel-de-Bellechasse, un petit village près de Québec.
«Il y a plusieurs endroits sur la piste où tu pourrais voir la personne en première place se retrouver au quatrième rang.»
Ce que croit aussi l'espoir français Tristan Dugerdil, un ancien skieur alpin et joueur de hockey qui a pris le quatrième rang l'hiver dernier à Munich.
«Tu retrouves plusieurs parties techniques. Donc il y aura beaucoup de dépassements, a dit l'homme qui a grandi dans les Alpes.
«C'était bien de pouvoir participer à l'entraînement. J'avais vu plusieurs photos. Certaines portions du parcours me semblaient bizarres. Finalement, tout est bien. C'est même intéressant.»
Lutte à finir
Pour ajouter du piquant, le classement s'avère serré.
Chez les hommes, l'Américain Cameron Naasz s'est pointé à Ottawa avec une mince avance sur son compatriote Maxwell Dunne, le Canadien Scott Croxall et l'Autrichien Marco Dallago. Ce qui fait en sorte que si un de ces quatre prétendants gagne samedi, il mettra la main du même coup sur la couronne mondiale.
Naasz a terminé sur le podium cinq fois de suite et s'avère le champion en titre. «J'aimerais bien être le premier à remporter deux titres d'affilée», a-t-il dit au site web du Red Bull Crashed Ice.
Croxall, de Port Credit en Ontario, avait gagné les grands honneurs en 2015, succédant à Dallago.
Ça s'annonce tout aussi serré chez les femmes.
Trois patineuses possèdent assez de points pour espérer remporter le championnat. Amanda Trunzo dépasse tout juste pour l'instant ses adversaires canadiennes Jacqueline Legere et Myriam Trépanier, qui avait gagné l'an dernier la course de Québec.
Le coup d'envoi des finales sera donné samedi à 18h30, prenant fin vers 22h. La veille, il y aura des qualifications dès 10h. Plus tard en soirée, ce sera place à la finale junior du Championnat du monde.
Le Red Bull Crashed Ice se déroule à Ottawa pour la première fois. Il fait partie des célébrations organisées par Ottawa 2017 afin de souligner le 150e anniversaire de la Confédération.
Pompier, cascadeuse et casse-cou
On retrouvera de tout dans le peloton du Red Bull Crashed Ice. Il y a notamment des hommes d'affaires, une cascadeuse et même un pompier.
Tiens Scott Croxall, champion du monde en 2015, baigne dans le monde des affaires. L'Ontarien a fondé une marque de vêtements, TEAMLTD.
Son frère Kyle, lui, combat des feux à Toronto. Il travaille au service des incendies de la Ville-Reine.
De son côté, l'Américain Maxwell Dunne enseigne l'éducation physique tandis que Jacqueline Legare, de Saint George en Ontario, gagne sa vie en faisant des cascades au petit écran de même qu'au cinéma. Cette dernière touche à tout, du parachutisme au motocross en passant par le wakeboard.
« Il y a des athlètes qui commencent à gagner leur vie avec ça, explique le directeur sportif du Red Bull Crashed Ice, Christian Papillon. Ils sont cinq ou six. »
La vedette québécoise Myriam Trépanier, qui a joué au hockey universitaire aux États-Unis, n'est pas du lot, même si elle excelle en patinage extrême. De jour, elle occupe un emploi au sein d'une compagnie laitière canadienne.
« Je m'occupe des normes environnementales, a expliqué la dame âgée de 30 ans.
«Je prends mes vacances pour venir aux courses. C'est un passe-temps assez dispendieux. Mais c'est tellement plaisant. Je veux le faire tant que je peux. Il n'y a pas beaucoup de gens qui ont l'occasion de faire ce que je fais.»