La Norvégienne Ada Hegerberg, 23 ans, qui joue à Lyon, a remporté le premier Ballon d’Or féminin, décerné à Paris lundi.

Peu de chances de voir Hegerberg au Mondial

OSLO — Nul n’est prophète en son pays. Premier Ballon d’Or féminin de l’histoire, l’astre Ada Hegerberg rayonne sur la planète football autant qu’elle brille par son absence dans une équipe nationale norvégienne qu’elle boude obstinément à l’approche du Mondial 2019 en France.

Dans une robe dorée de circonstance, l’attaquante de 23 ans a reçu lundi soir à Paris le trophée «historique» après avoir remporté trois Ligues des champions successives avec l’Olympique Lyonnais et avoir été élue joueuse de la saison par l’UEFA en 2016.

De quoi relancer les appels en faveur de son retour dans la sélection norvégienne dont elle a bruyamment claqué la porte en août 2017 après un Euro catastrophique et des frictions tant avec la Fédération qu’avec ses coéquipières.

«Faites-la revenir en équipe nationale», clamaient mardi les réseaux sociaux. «Déplorable que la Coupe du monde l’an prochain, qui se jouera a fortiori en France, n’ait pas Ada dans son casting», déplorait un éditorialiste du journal Dagsavisen. Officiellement, la porte est ouverte.

«Espérons qu’Ada, peut-être, changera d’avis et peut-être qu’elle pourra faire partie de l’équipe nationale à l’avenir», a confié à l’AFP le coach de la Norvège, Martin Sjögren.

«En tant que sélectionneur national, vous voulez toujours les meilleures joueuses mais vous ne pouvez pas vous concentrer sur celles qui ne veulent pas en être», a souligné le Suédois.

La verra-t-on sous le maillot norvégien lors du Mondial en France l’an prochain ? «À ce stade, je dirais non», estime Martin Sjögren. «Mais on ne sait jamais ce qui peut se produire.»

Ada Hegerberg, elle, campe sur ses positions. «Il y a besoin de pas mal de changements pour que j’envisage un retour», a-t-elle affirmé lundi soir à la radiotélévision norvégienne NRK.

«La question n’est pas si je dois changer d’avis. La question, c’est surtout ce que la Fédération et l’équipe nationale doivent faire pour s’améliorer. Et là, il y a du chemin à faire», a-t-elle ajouté.

Primadonna ?

À cette joueuse talentueuse, on reproche un ego démesuré, ce qui lui vaut d’être taxée de «primadonna» et des analogies avec l’illustre Suédois Zlatan Ibrahimovic.

Ses ex-coéquipières, rapportait NRK en septembre, exigent des excuses, notamment pour des propos tenus après le fiasco de l’Euro 2017.

«J’ai toujours le sentiment d’être devenue plus mauvaise quand je rentre d’un rassemblement et cela ne devrait pas être le cas», avait-elle dit au journal Aftenposten, après l’élimination dès le premier tour de la Norvège avec trois défaites et aucun but marqué.