Patrick Lavoie a peu de patience pour ceux qui montrent «zéro et une barre» de respect envers le Rouge et Noir.

Personne ne croit au Rouge et Noir

Rarement Patrick Lavoie a été aussi animé après une séance d’entraînement du Rouge et Noir à la Place TD.

Il était question du manque de respect dont sont victimes le capitaine des unités spéciales et ses coéquipiers à travers le pays. Une simulation menée par la Ligue canadienne de football (LCF) et publiée en début de semaine sur son site web n’accorde que 4,8 % de chance à Ottawa de gagner à nouveau la coupe Grey le 26 novembre prochain.

Les Argonauts de Toronto, qui ont terminé un point devant l’équipe de la capitale au classement de la division Est, posséderaient 51,66 % de chance de soulever le trophée centenaire.

« Aucun respect. Vraiment pas. Zéro et une barre. Nous sommes quand même les champions en titre. En plus, nous rentrons en éliminatoires avec la même fiche que l’an dernier », a rappelé Lavoie.

Le Rouge et Noir avait récolté huit victoires, neuf défaites et un verdict nul en 2016. Il avait par la suite vaincu coup sur coup les Eskimos d’Edmonton et les Stampeders de Calgary pour remporter la coupe Grey.

« Remarque que nous n’avons jamais eu droit à du respect aussi l’an passé. Quand nous sommes arrivés au match de la coupe Grey, tout le monde pensait qu’on allait perdre, que nous avions zéro chance. Nous sommes quand même sortis de cette partie avec les grands honneurs, a poursuivi le vétéran de six saisons dans la LCF. »

« Et si on regarde notre dernier mois cette année, peu de gens nous accordaient de chances de gagner nos trois dernières parties de la saison régulière. »

Le Rouge et Noir a comblé des déficits importants dans chacun de ces matches pour gagner. D’abord contre les Lions de la Colombie-Britannique, puis les Roughriders de la Saskatchewan et les Tiger-Cats de Hamilton.

Lavoie bouillait. « On va arrêter ça là », a-t-il lancé au journaliste en commençant à marcher vers le vestiaire. Mais le centre-arrière québécois a fini par revenir et en rajouter.

Oui, le Rouge et Noir se retrouve avec le chemin le plus long à parcourir. Il doit gagner trois parties afin de défendre son titre.

« Mais quand tu regardes ça, on se ramasse avec deux matches que nous pouvons gagner contre la Saskatchewan et Toronto. Nous avons déjà battu les Riders une fois cette année et nos deux parties contre les Argonauts ont été très serrées. »

La leçon de... 2012

Toutes les joutes contre ces deux clubs se sont décidées par trois points ou moins.

« N’importe quoi peut arriver. Puis quand tu y penses, si nous gagnons ces deux parties, nous allons disputer un match de la coupe Grey qui va se passer chez nous... Je me serais attendu à plus que 4,8 % de chances. »

On le devine. Quelque part dans le vestiaire du Rouge et Noir, il y a ce chiffre écrit en gros sur un des murs.

Puis dans les heures qui vont précéder la demi-finale de l’Est dimanche contre les Riders, Lavoie va sûrement se faire un devoir de servir une leçon d’histoire aux jeunes joueurs de l’équipe. Il va agiter l’exemple de l’édition 2012 des Argonauts de Toronto.

Deuxièmes de leur division, ils avaient été les hôtes d’un match demi-finale de l’Est chez eux, battant les Eskimos d’Edmonton qui avaient conservé une meilleure fiche qu’eux en saison régulière.

En finale de l’Est, les Argos avaient surpris les Alouettes à Montréal, se qualifiant en vue du match de la coupe Grey qui se déroulait à... Toronto.

« Ils ont gagné la coupe... Ça doit nous servir d’inspiration. Je trouve que nous sommes à une bonne place en ce moment. Gagner nos trois derniers matches a fait beaucoup de bien. Nous croyons dans nos chances. »

Patrick Lavoie avait été témoin à l’époque du parcours inattendu des Argos. Il était membre des Alouettes. Il se trouvait sur le terrain du stade Olympique quand ses coéquipiers et lui se sont fait surprendre à l’époque.

« Cette histoire-là, je la connais en masse », a-t-il laissé tomber.

UN GALA... ET UN NOUVEAU VESTON EN VUE POUR DIONTAE SPENCER

Une visite dans une mercerie attend le joueur le plus rapide du Rouge et Noir.

Diontae Spencer a appris qu’il s’avère en lice pour un prix au gala de la LCF prévu le 23 novembre. Il sera un des deux candidats avec Roy Finch, des Stampeders de Calgary, dans la catégorie du joueur par excellence des unités spéciales. « Ça veut dire que je vais devoir aller magasiner, me trouver un nouveau complet pour cette soirée », a commenté le spécialiste des retours de botté, sourire en coin.

Diontae Spencer

Spencer ne s’en plaint pas. Au contraire. Ça lui fera plaisir de dépenser quelques centaines de dollars pour être bien vêtu. « Être en nomination au gala de la LCF, ça veut dire que tu as fait quelque chose de bien, que tu as connu une bonne saison. Dans mon cas, ça signifie aussi que mes coéquipiers ont fait du bon travail devant moi », a souligné le joueur âgé de 25 ans.

À sa première saison à Ottawa, Spencer a récolté 1313 verges sur des retours de dégagement, 1162 autres verges sur des retours de botté d’envoi et 267 verges sur des placements ratés. C’est sans compter ses deux touchés inscrits au sein des unités spéciales.

Le Rouge et Noir se croise les doigts que ce ne sera pas l’unique saison de Spencer dans la capitale nationale. Son contrat vient à échéance après le match de la coupe Grey. Des équipes de la NFL pourraient s’intéresser à lui.

Diontae Spencer ne sera pas l’unique représentant du Rouge et Noir au gala de la LCF. Le receveur Brad Sinopoli est en nomination pour une troisième année de suite pour le prix du joueur canadien par excellence.