Patrick Chan, patineur artistique canadien le plus décoré de l'histoire, a officiellement annoncé lundi qu'il mettait fin à sa carrière.

Patrick Chan confirme sa retraite

TORONTO — L’avenir idéal selon Patrick Chan consiste à diriger une école de patinage à Vancouver avec sa copine Liz Putnam, à vivre tous les deux dans un appartement d’un million de dollars dans le charmant quartier Kitsilano et à mener une brillante carrière dans l’immobilier commercial.

Ça fait deux mois que Chan a exécuté son dernier programme de patinage artistique en compétition, mais le triple champion du monde a eu à peine le temps de faire une pause pour réfléchir. Il aime se projeter dans l’avenir.

«Je cours partout en ville en faisant ce que je veux, et avec un grand sourire au visage. Je me sens bien», a déclaré Chan, avant l’annonce de sa retraite, lundi.

«J’avais trois ou quatre choses en attente que je voulais apprendre, et c’est ce que je fais. Je rencontre des gens, je leur pose des questions et j’assimile ce qu’est la vie. Je ne crois pas que j’en avais une idée quand je faisais de la compétition. C’est génial. Je suis comme une éponge. J’assimile et j’apprends.»

Le Torontois de 27 ans né à Ottawa, qui a fait une pause d’une saison après les Jeux olympiques de Sotchi, s’est classé neuvième dans la compétition individuelle aux Jeux olympiques de PyeongChang. Mais son formidable programme libre du concours par équipes a assuré le Canada de la médaille d’or avant même la prestation du duo en danse Tessa Virtue et Scott Moir.

S’il avait des doutes quant au bien-fondé de son retour à la compétition, cette médaille les a balayés. «Il aurait été facile d’être complaisant et de dire “Je m’en fous, je suis juste là pour soutenir l’équipe et en faire partie”, et j’aurais pu me laisser aller et dire “Je vais laisser le soin à Tessa et Scott de m’aider à passer au travers.” Je savais que c’était ma chance de briller et la chance de prouver que j’avais encore quelque chose à donner.

«Quand je me suis assis avec mes deux entraîneurs à côté de moi tout sourire et avec toute l’équipe derrière moi, de les voir tous réagir au moment de l’annonce de notre victoire... Ça m’a procuré un sentiment plus agréable que de gagner l’or individuellement. C’est une sensation très, très spéciale.»

Chan avait planifié l’annonce de sa retraite, dimanche, aux vignobles Flat Rock à Jordan, en Ontario, où il a lancé son vin de glace On Ice en partenariat avec Flat Rock en 2015. Mais la tempête de verglas en a forcé le report à lundi, à Toronto.

Pas de regret

Sacré champion canadien à 10 reprises, Chan avait envisagé la retraite après sa performance qui lui a procuré la médaille d’argent individuelle aux Jeux de Sotchi en 2014. Et même si son retour n’a pas été comme il l’avait imaginé, il est content d’être revenu à la compétition.

«Ce n’aurait pas été juste d’arrêter après 2014, parce que je ne comprenais pas vraiment qui j’étais, quelles étaient mes aspirations et ce que je voulais du sport. Le patinage ne m’avait pas comblé.

«Maintenant, j’ai trois moments forts dans ma vie : faire des spectacles, me familiariser avec le monde de l’immobilier commercial, ce qui m’a beaucoup plu, et enfin le troisième rêve serait d’avoir une patinoire et d’élaborer un programme de patinage.»

Avec son sourire rayonnant, son charisme naturel et sa forme athlétique pour exécuter les quadruples sauts qui sont désormais devenus la norme sur la scène internationale, Chan a été un favori des amateurs pendant des années. En plus de la médaille d’or par équipes en février, il a mérité deux médailles d’argent aux Jeux de Sotchi et a décroché trois titres mondiaux.