Les Olympiques ont longtemps vécu à crédit pour s'acheter des championnats.

Passage obligé vers la reconstruction

BILLET / Les Olympiques ont longtemps vécu à crédit pour s'acheter des championnats.
Pour gagner, ils ont lancé des choix au repêchage par les fenêtres. Facile à faire avec leurs trouvailles annuelles ontariennes. Claude Giroux et Paul Byron ont été les principaux artisans de la dernière coupe du Président des Olympiques en 2008. Sans eux, pas de coupe.
Charlie Henry et sa gang sortaient des joueurs de partout sur la planète. Même du Japon. Ne riez pas. Les Olympiques ont gagné la coupe avec Takuma Kawaï. Cette époque est révolue. Le dernier Ontarien d'impact à avoir porté l'uniforme gatinois a été Tye McGinn. La Ligue de l'Ontario a tout fait pour minimiser les défections. En travaillant fort, certains clubs arrivent encore à trouver des perles, mais les Olympiques ont délaissé ce réseau.
Depuis trois ans, le club outaouais n'a pratiquement pas repêché de joueurs dans les six premières rondes de la séance de sélection de la LHJMQ. Aujourd'hui, il devra vivre avec les conséquences et en payer le prix.
Le meilleur compteur de la ligue, Vitalii Abramov, met tout en place pour percer la LNH à 19 ans. S'il devait être retranché, il a déjà fait savoir qu'il préférait retourner en Europe. Au pire, il changera d'adresse dans la LHJMQ et les Olympiques pourraient mettre la main sur un excellent choix au repêchage... qui ne les aidera pas à gagner cette année.
Zack McEwen, deuxième compteur du club. Parti. Yakov Trenin, troisième compteur. Parti. Même chose pour Daniel Del Paggio, quatrième compteur. Mitchell Balmas, avec ses 51 points, est le seul survivant des cinq meilleurs marqueurs de la dernière saison.
Qui marquera les buts cette année ? Balmas a besoin de quelqu'un pour l'alimenter. Il devrait commencer l'année avec Jeffrey Durocher (28 points) et Shawn Boudrias (33 points) dans le premier trio. Même s'ils sont outillés pour exploser à leurs troisièmes saisons dans la ligue, il reste qu'ils n'ont pas les mêmes statuts que Yak, Big Mac ou Abracadabramov.
Est-ce que des jeunes vont sortir de l'ombre cette année ? Possible. Encore là, les Olympiques n'alignent pas beaucoup de haut choix au repêchage.
Très expérimentés, les défenseurs et les gardiens représenteront leur principal atout. Même si la brigade défensive n'a rien à envier aux meilleurs clubs de la ligue, il n'y a pas de véritable général à l'arrière.
Il faut reconnaître qu'avec Éric Landry comme entraîneur, ce groupe va travailler comme des forcenés. Ça va lui rapporter des victoires, principalement dans la faible division ouest où tout est ouvert à part le premier rang qui sera occupé par l'Armada. L'écart pourrait être minime entre la deuxième et la sixième place.
Il reste que je vois les Olympiques au dernier rang de leur division. À mon avis, ils sont vulnérables en cas de blessures. Parce qu'ils n'ont pas repêché depuis trois ans, ils n'ont pas de profondeur. L'équipe prétend le contraire. Tant mieux si c'est le cas. J'ai besoin d'être convaincu.
Même quand il a été bourré de talent et qu'il a «acheté agressivement» à la date limite des transactions, ce club a eu de la misère à se tailler une place dans les séries depuis trois ans. Qu'est-ce que ce sera avec un club en reconstruction ? Le nouveau directeur général Alain Sear n'aura pas le choix. Il devra payer ses dettes et rebâtir son club via le repêchage comme les Mooseheads et le Drakkar des dernières années.
Il pourra passer à la caisse en liquidant ses meilleurs vétérans. Quand ça sera fait, la deuxième moitié de saison sera plus ardue.
La direction, les entraîneurs et les joueurs ne semblent pas manquer d'enthousiasme. Ils feront les séries pour une 34e saison consécutive, mais il est temps de rebâtir l'image de l'organisation.