Gray Leadbetter est la toute première demoiselle à courir au sein de l’ARX2, en plus d’être la plus jeune de l’histoire de la série.

Pas de temps à perdre pour Gray Leadbetter!

TROIS-RIVIÈRES — Certains spectateurs ont sûrement été impressionnés ce week-end en voyant les prouesses de la jeune pilote de 14 ans, Gray Leadbetter, au volant de la voiture numéro 28 de l’ARX2, la série de développement du Championnat des Amériques en rallycross.

Originaire de Morganton, une petite ville en Caroline du Nord, Gray Leadbetter est la toute première demoiselle à courir au sein de l’ARX2, en plus d’être la plus jeune de l’histoire de la série. Déjà, elle s’inscrit parmi les pilotes les plus respectés de son championnat. Malgré une saison 2019 relativement compliquée où elle occupe présentement le septième rang sur un total de neuf pilotes, elle ne cesse de gravir les échelons en établissant de plus en plus ses repères sur les différents circuits du monde entier.

«Normal» de courir si jeune

Aussi surprenant que cela puisse paraître, la jeune fille ne sent absolument aucune différence entre elle et les autres pilotes, qui sont tous plus âgés qu’elle. «C’est simple, partout où je suis passée, j’étais la plus jeune. Cependant, je ne me suis jamais sentie ainsi. C’est à quatre ans que j’ai commencé à courir et j’ai littéralement grandi derrière un volant. J’ai également passé plusieurs années dans la série côte-à-côte avec des gens de plus de 30 ans. Ce n’est donc pas bizarre pour moi. Ils sont seulement des gens normaux qui sont plus vieux», explique-t-elle.

Bien qu’elle soit à l’aise en piste, Leadbetter ne peut pas nier la pression certaine qui repose sur ses épaules en tant que jeune pilote. «Mon expérience me permet, si je peux le dire de cette façon, d’être habituée à cette pression. La seule chose qui est difficile, c’est de savoir que trois des six pilotes qui sont ici font ça depuis déjà quatre ans alors que je n’en suis qu’à ma première année d’expérience en rallycross. Cependant, tout le monde doit commencer quelque part et je vis très bien à travers tout ça.»

Des parents inquiets, mais fiers

C’est lorsqu’elle n’était qu’un bambin que Gray a été initiée à l’univers de la course automobile. À l’âge de deux ans seulement, elle a assisté à une course de formule électrique et dès lors, elle n’a plus jamais quitté ce monde. À trois ans, elle a obtenu sa toute première moto PW50. Peu après, certains de ses amis, qui commençaient officiellement à courser, ont incité ses parents à l’inscrire dans une course. Le reste n’a été qu’une formalité. Gray Leadbetter allait faire parler d’elle lors des dix années qui ont suivi. Aux yeux de ses parents, voir courir leur jeune fille a toujours été très naturel. «Pour mon papa, c’était très fluide de me voir commencer à courir, et ce, malgré le fait que personne de ma famille n’ait couru auparavant. Ça demeure très stressant pour lui, mais j’ai commencé tout ça tellement jeune qu’il l’a très bien reçu.»

La jeune fille a toujours fait preuve d’une grande ambition pendant sa progression. C’est un peu ce qui lui a permis d’atteindre une telle position à son âge. Dans les prochaines années, son objectif principal serait d’ailleurs de courir au sein de la série principale du Championnat des Amériques et éventuellement du Championnat mondial de rallycross. Cependant, elle ne souhaite pas se prendre la tête avec les différents buts pour se concentrer sur sa passion, la course automobile. «Je vais courir où l’on me permettra de le faire», conclut-elle.

Une finale sans grande surprise

Lors de la finale du championnat, disputée dimanche après midi, les résultats ont été fidèles aux attentes. Meneur au classement général, le pilote jamaïcain Fraser McConnell a complété un week-end de rêve en enlevant les honneurs pour la deuxième fois en deux jours. Cette course sans faille lui offre donc une sérieuse avance au classement des pilotes de la saison 2019. Forts d’une fin de semaine des plus convaincantes, les Américains Conner Martell et Cole Keatts ont respectivement obtenu les deuxième et troisième rangs. La jeune Leadbetter, quant à elle, a également répété sa performance de la veille en terminant la course au pied du podium. Après sa victoire, McConnell s’est même permis un petit clin d’oeil à sa patrie en célébrant à l’image de l’homme le plus rapide du monde, Usain Bolt.