Ses 1353 points, ses quatre conquêtes de la Coupe Stanley et des trophées Hart, Art-Ross, Lester-B.-Pearson et Conn-Smythe placent Guy Lafleur dans une classe à part. Ici, le Démon blond en 1982.

Outaouais: Guy Lafleur dans une classe à part

Afin de célébrer le 100e anniversaire de la fondation de la Ligue nationale de hockey, le 26 novembre, les six quotidiens de Groupe Capitales Médias ont identifié les meilleurs joueurs natifs de leur région respective et des autres coins du Québec. Deux critères comptaient : le lieu de naissance et les années jouées dans la LNH. À tour de rôle, on vous présente nos choix. Bonne lecture, et bonne fête à la LNH. 1 de 6

En Outaouais, on trouve deux monuments érigés à la gloire d’anciens hockeyeurs.

La statue de Maurice Richard est facile à trouver. Le premier héros des Québécois accueille les visiteurs qui traversent à Gatineau en empruntant le pont Alexandra.

Celle de Guy Lafleur l’est un peu moins.

Personne n’a rouspété, toutefois, quand on a décidé de l’installer devant l’hôtel de ville de Thurso. Elle est à sa place, en plein cœur de la Petite-Nation. Elle témoigne de l’attachement du Démon blond pour son village natal.

Personne n’a rouspété, non plus, lorsqu’on a suggéré que Lafleur occupe la première position au classement des meilleurs hockeyeurs de l’histoire de l’Outaouais. Cette proposition a fait l’unanimité parmi les membres de l’équipe des sports du quotidien Le Droit.

Ses 1353 points, ses quatre conquêtes de la Coupe Stanley et des trophées Hart, Art-Ross, Lester-B.-Pearson et Conn-Smythe le placent dans une classe à part.

Son statut de légende vivante du Canadien a scellé une fois pour toutes le débat.

À 66 ans, Lafleur continue de se promener à travers le monde pour rencontrer des amateurs de hockey. On nous a expliqué qu’il effectuait une tournée de l’Asie, au moment de la rédaction de ce reportage.

Il a effectué sa dernière visite «officielle» en Outaouais l’été dernier. Une impressionnante foule s’était déplacée, par un dimanche après-midi, pour le voir inaugurer une exposition portant sur la Coupe Stanley dans la petite municipalité de Plaisance.

Quand on l’a invité à prendre le micro, il a livré un discours improvisé, dans lequel il a décroché quelques flèches à l’endroit des hockeyeurs d’aujourd’hui. Ils oublient trop facilement, trop rapidement leurs racines, avait-il déploré.

«Guy prend le temps d’écouter. Il a un sens de l’écoute très développé. ll a surtout un sentiment d’appartenance à sa région. On voit ça rarement. Il est d’une simplicité désarmante. Il a un cœur extraordinaire. Il va toujours être près du monde qui l’ont aidé à se rendre là où il est aujourd’hui», avait alors affirmé la dame qui l’accueillait, la préfète de la MRC Papineau, Paulette Lalande.

«Des compliments comme ceux-là touchent toujours, avait réagi un Lafleur ému, quelques minutes plus tard. Il faut prendre ce qui passe, qu’ils disent. Ça reste toujours difficile d’être adulé comme ça. Moi, je ne me vois pas comme ça. On ne s’habitue jamais à ça.»

LES AUTRES

Une autre raison explique, en partie, le lien privilégie qui unit Lafleur à sa région natale. Même si elle est fort peuplée, l’Outaouais n’a pas produit des tas de joueurs qui ont laissé leur marque dans la LNH.

Nous avons établi notre classement en nous appuyant sur les lieux de naissance des athlètes. Ça explique la présence, dans notre top 5, de deux joueurs qui n’ont pas grandi dans la région. Denis Savard a donné ses premiers coups de patin à Verdun, un arrondissement de la ville de Montréal. Claude Lemieux a pour sa part grandi à Mont-Laurier, dans les Laurentides.

Pendant des années, faute de héros «locaux», les jeunes garçons et filles de l’ouest du Québec ont cherché leurs héros ailleurs.

«Je connaissais Guy Lafleur, mais je l’ai surtout vu jouer à la fin de sa carrière», reconnaît Daniel Brière, qui occupe le troisième rang sur notre palmarès.

«Je savais que Stéphane Richer était un joueur qui représentait ma région dans la LNH. Je l’aimais bien. Mes joueurs favoris étaient généralement ceux qui portaient les couleurs du Canadien», ajoute le jeune retraité du sport.

Les héros des jeunes hockeyeurs de l’Outaouais, dans les dernières années du XXe siècle, n’évoluaient pas nécessairement tous dans les rangs professionnels.

«Moi, c’est certain que j’allais souvent voir les Olympiques de Hull», confie Alexandre Picard, un défenseur qui a disputé 253 matchs dans la LNH entre 2006 et 2011.

Dans les années où ils étaient l’organisation-référence de la LHJMQ, les Olympiques étaient reconnus comme une équipe de grands travailleurs. «Quand je regarde les joueurs de mon âge... Rares sont ceux qui ont percé à cause de leur grand talent ou de leur grande créativité. C’était plus du monde qui bûchait fort et qui persévérait», note Picard.

+

TOP 10

Outaouais

Denis Savard
  • 1. Guy Lafleur A (Thurso) Fiche 1971 à 1991 : 560 buts et 1353 points en 1127 matchs
  • 2. Denis Savard A (Pointe-Gatineau) Fiche 1980 à 1997 : 473 buts et 1338 points en 1196 matchs
  • 3. Daniel Brière A (Gatineau) Fiche 1997 à 2015 : 307 buts et 696 points en 973 matchs
  • 4. Stéphane Richer A (Ripon) Fiche 1985 à 2002  : 421 buts et 819 points en 1054 matchs
  • 5. Claude Lemieux A (Buckingham) Fiche 1984 à 2009 : 379 buts et 786 points en 1215 matchs
  • 6. Michel Larocque G (Hull) Fiche 1973 à 1984 : 160 victoires et moyenne de 3,33 en 312 matchs
  • 7. Derick Brassard A (Hull) Fiche 2007 à aujourd’hui : 147 buts et 397 points en 662 matchs
  • 8. Tod Sloan A (Litchfield) Fiche 1948 à 1961 : 220 buts et 482 points en 745 matchs
  • 9. Bill Clément A (Thurso) Fiche 1971 à 1982 : 148 buts et 356 points en 719 matchs
  • 10. Frank Finnigan A (Shawville) Fiche 1923 à 1937 : 115 buts et 203 points en 556 matchs