Le Complexe Branchaud-Brière garde habituellement deux patinoires opérationnelles, tout au long de l’été.
Le Complexe Branchaud-Brière garde habituellement deux patinoires opérationnelles, tout au long de l’été.

«On dirait qu’on est passé d’un extrême à l’autre»

«Dans les 24 dernières heures, c’est un peu comme si tout le monde avait été pris de court. On dirait qu’on est passé d’un extrême à l’autre. Je ne dis pas que c’est négatif. C’est quand même surprenant.»

Alain Sanscartier résume ainsi la pensée de plusieurs intervenants dans le petit monde du hockey mineur en Outaouais.

Le président de l’organisme Vision Multisports Outaouais (VMSO) ne se doutait pas que le gouvernement du Québec s’apprêtait à autoriser l’ouverture des complexes sportifs intérieurs.

Son téléphone s’est mis à sonner, sans arrêt, après la conférence de la ministre responsable du loisir et du sport, Isabelle Charest.

Les annonces de mardi matin pourraient avoir un gros impact sur ses opérations. Son organisme gère notamment le Complexe Branchaud-Brière (CBB). L’établissement qui est situé sur le boulevard Labrosse, à Gatineau, garde deux patinoires opérationnelles, tout au long de l’été. Ça lui permet d’accueillir de nombreux camps estivaux de hockey et de patinage artistique.

Le président de Vision Multisports Outaouais, Alain Sanscartier

«C’est clair que plusieurs partenaires avaient déjà tout annulé pour l’été 2020. Ils sentaient qu’ils n’avaient pas le choix. Ils devaient offrir des réponses définitives à leurs clients. Ils avaient aussi de l’équipement à commander, ou non, auprès de leurs fournisseurs. L’annonce, surprenante, en poussera peut-être quelques-uns à reconsidérer. Il est évident que la demande sera forte en ce qui a trait aux utilisateurs.»

L’ancien défenseur des Sénateurs d’Ottawa et du Canadien de Montréal, Alexandre Picard, a reçu plusieurs coups de fil, mercredi.

Des parents qui avaient déjà été remboursés étaient curieux de savoir s’il avait l’intention de rouvrir les inscriptions pour l’école de hockey Payant-Picard.

Le risque était trop grand.

«Nous en avons parlé pendant une dizaine de minutes, environ. Nous avons finalement décidé de ne pas changer d’avis. Nous avons travaillé tellement fort pour monter notre business... Ce serait plate de perdre notre nom en faisant les choses de la mauvaise façon, en cette période où personne ne sait vraiment comment s’enligner.»

Si les camps qui accueillent des groupes importants d’athlètes n’ont pas suffisamment de temps pour s’adapter, Alain Sanscartier s’attend à ce que les parents de hockey mineur se tournent vers les entraîneurs particuliers, qui offrent déjà des programmes d’entraînement axés sur le développent des aptitudes individuelles.

«Les cliniques spécialisées qui réunissent quatre à six joueurs sont déjà très populaires. Le hockey est rendu là. Ces ateliers ne s’adressent plus exclusivement aux professionnels de la Ligue nationale. Ils visent les joueurs de tous les niveaux», dit-il.

Vérification faite, l’entraîneur spécialisé dans les techniques de patinage Guy Desjardins doit aussi composer avec une augmentation de la demande.


« Je crois que les gens ont vraiment hâte de retourner sur la glace. »
Guy Desjardins

«Il y a de l’intérêt, c’est certain. Dans les 48 dernières heures, on a commencé à recevoir des indices qui nous laissaient envisager une réouverture. Les gens ont commencé à se manifester», explique-t-il.

«Il y a toujours une demande pour les séances d’entraînement semi-privées. Au-delà de tout cela, je crois que les gens ont vraiment hâte de retourner sur la glace, tout simplement.»

M. Desjardins pourrait offrir davantage de cours, durant l’été. Tout dépendra des heures de glace qui seront mises à sa disposition, en Outaouais.

Pour l’instant, c’est dur à dire.

Le CBB, un complexe privé, sera ouvert.

Mercredi, les responsables des communications de la Ville de Gatineau ont été incapables d’identifier les arénas qui ouvriront leurs portes durant les prochains mois.

«Les équipes sont mobilisées depuis plusieurs semaines à préparer différents scénarios afin d’établir un plan de reprise des activités quant aux arénas. La Ville veillera à aviser les citoyens d’une telle réouverture», a répondu le Service des communications quand nous avons posé la question.