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Aussi simple que de ralentir la pratique de l’activité pour quelques jours, de revoir la technique utilisée, de transférer un certain volume à une autre discipline ne reproduisant pas de douleur s’avéreraient des éléments gagnants et très rassurants à considérer.
Aussi simple que de ralentir la pratique de l’activité pour quelques jours, de revoir la technique utilisée, de transférer un certain volume à une autre discipline ne reproduisant pas de douleur s’avéreraient des éléments gagnants et très rassurants à considérer.

Simple courbature ou véritable blessure? [CHRONIQUE AUDIO]

Isabelle Gagnon
Isabelle Gagnon
Collaboration spéciale
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Vous est-il déjà arrivé de ressentir un inconfort, une douleur inquiétante?

Que ce soit au niveau articulaire, musculaire ou tout autre tissu corporel? Parfois soudain, parfois progressif, cet inconfort affecte certes notre physique mais, la plupart du temps, notre psychologique. Lorsque nous avons mal, tout ce processus devient le centre de notre vie et ne fait qu’empirer ce que l’on ressent.

Nombreuses sont les recherches qui démontrent que dans plusieurs cas, malgré la présence de douleur non aiguë, des symptômes peuvent apparaître tels que l’anxiété, la difficulté à dormir, une accumulation de fatigue majeure et une tendance à s’isoler. Ces contrecoups peuvent aussi mener à la dépression, à des changements émotionnels. Physiquement, craintif de reproduire la douleur ou d’empirer la blessure, les gens choisiront l’arrêt prolongé de leurs activités qui suivra un déconditionnement physique (cardiovasculaire et musculaire).

Fait bien connu à considérer, c’est le repérage et l’évaluation que certaines populations font du niveau de cette douleur présente. Chez les jeunes enfants, ces derniers éprouvent des difficultés à préciser leur douleur, soit par manque de connaissance d’eux-mêmes ou encore parce que leur système neuromusculaire n’est pas à point. Cependant, ces derniers auront un processus de guérison plus rapide que les adultes. Quant à la population des 30 ans et plus, ils développeront une meilleure tolérance à la douleur en quelque sorte par du «déjà vu» et préféreront ne pas consulter par crainte de découvertes plus inquiétantes.

Avant que la panique ne s’installe!

Lorsqu’une douleur est incommodante, on doit d’abord en analyser le niveau de douleur ainsi que la cause. Si la douleur ressentie est suite à un incident externe (chute, impact contre objet ou autre, mouvement de torsion) et celle-ci se situe à 8 sur 10 sur l’échelle de perception de douleur, des précautions rapides devraient être considérées. Lors de ces situations, il devrait être impossible de faire de la mise en charge (soit d’être en mesure de mettre du poids sur le membre affecté). L’arrêt instantané de l’activité serait la première phase du traitement.

Advenant le cas d’une douleur se présentant progressivement, qui pourrait survenir à exécuter un mouvement à répétitions et où l’incapacité ne serait pas totale, la source de la problématique rime la plupart du temps, à évaluer si le matériel utilisé est désuet, si la biomécanique est adéquate et s’il y a une augmentation trop rapide du volume ou de l’intensité à l’entraînement. Dans ces cas-ci, toutes les causes peuvent être gérées et révisées, parfois avec l’aide d’un professionnel, parfois non, afin de retourner rapidement à nos activités.

Aussi simple que de ralentir la pratique de l’activité pour quelques jours, de revoir la technique utilisée, de transférer un certain volume à une autre discipline ne reproduisant pas de douleur s’avérerait des éléments gagnants et très rassurants à considérer.

Qui et quoi sont affectés?

À la clinique de chiropractie du docteure Karine Mongrain à Trois-Rivières, les consultations des gens sportifs les plus courantes seront les tendinites et les bursites touchant davantage les articulations telles que les hanches, les genoux, les problèmes de bandelette, les coudes, les épaules et les douleurs sacro-iliaques. Ces blessures sont la plupart du temps reliées aux mêmes causes relatées précédemment soit une surutilisation, une mauvaise technique et un équipement qui laisse à désirer.

Dans le cas des douleurs éprouvées par des gens non reliées à la pratique sportive, la docteure Mongrain a aussi remarqué une augmentation importante des consultations avec la pandémie pour des douleurs au niveau lombaire, cervicale, des épicondylites et aux épaules. Ces sources d’inconfort proviendront davantage de mauvaises postures quotidiennes au télétravail, à l’école, au sommeil ou lors des loisirs (le cellulaire ou tout autre écran).

Du chaud ou du froid?

Dans le cas d’entorses, de blessures avec choc externe important, une inflammation soudaine se manifestera. Cette inflammation fait partie du processus de guérison et c’est en soi un «avertissement» que quelque chose d’inhabituel est à surveiller. Le tout vise à réparer ce qui est endommagé et peut perdurer de 24 à 72 heures. Cette douleur ressentie est une combinaison de l’oedème local des différents liquides ainsi que du flux sanguin, qui une fois le volume augmenté vient compresser de façon plus importante les structures environnantes. C’est ce qui cause la douleur! En appliquant la glace, il y aura vasoconstriction des vaisseaux, réduction de l’apport sanguin et ça aura aussi un rôle analgésique. La prescription suggérée? 10 minutes aux 2 heures/jour, lors des trois premiers jours, ce qui aidera énormément à réduire l’inconfort et à accélérer le processus de guérison. Petit rappel de ne jamais appliquer la glace directement sur la peau pour éviter les engelures, et de considérer les contre-indications médicales existantes quant aux cas de mauvaise circulation sanguine, d’anémie et de syndrome de Raynaud.

Pour une douleur qui surviendrait progressivement, suite à l’exécution de mouvements répétitifs ne causant pas une incapacité complète, la source doit être également analysée. Le processus d’application de glace et de modification des causes de douleur représentent les meilleures actions à poser. Dans le cas présent, le retour rapide à l’activité est très souhaitable.

Et concernant la chaleur? Une fois que le processus inflammatoire est maîtrisé (normalement 48 à 72 heures après l’incident), l’objectif est d’augmenter la circulation sanguine, en créant une vasodilatation (dilatation des vaisseaux sanguins) pour accélérer la guérison. Dans les cas de douleurs chroniques, il est proposé d’appliquer de la chaleur pour une durée de 15 à 20 minutes, trois à quatre fois par jour. Tout comme le froid, on doit jouer la prudence quant au contact direct avec la peau! Privilégier un léger matériau en guise de protection contre les brûlures.

Dois-je arrêter de bouger si j’ai mal?

En ce qui me concerne en tant que kinésiologue, mon référent est la douleur ressentie au mouvement.

Si une douleur est présente légèrement avant et pendant l’activité, qui s’aggrave à la pratique, celle-ci doit être arrêtée ou réduite par l’amplitude ou une diminution de la charge (tension, vitesse de mouvement). Si la douleur persiste au-delà de trois jours, il est préférable d’arrêter toute activité reproduisant notre douleur, en déterminer la cause, puis consulter un spécialiste du sport et de la santé.

Dans la situation où cette douleur n’est ressentie qu’après la pratique sportive et qui ne perdurerait pas, ralentir le rythme de l’activité légèrement, s’étirer, appliquer de la glace en fin de journée seraient des choix judicieux. Si cette douleur tend à revenir à une certaine fréquence, réviser les circonstances de la réapparition douloureuse.

Pour ces fameuses courbatures ressenties au lendemain d’un gros entraînement, ces dernières s’estomperont après l’usage d’étirements, d’automassage local… et il faut aussi se donner un peu de temps de guérison (24 à 72 heures)!

La prévention avant tout

Il est rassurant de savoir qu’une simple gestion de la technique utilisée à l’entraînement, d’une utilisation plus judicieuse de l’équipement, ou d’une planification bien dosée peut régler une majeure partie des blessures! Ne pas oublier que malgré la pratique d’exercices de renforcement et d’étirements, la posture quotidienne ainsi que les postes de travail ou autre, doivent être bien ajustés pour vous. Maintenant que vous savez qu’il est normal d’être courbaturé au lendemain d’un entraînement mais que ces raideurs diminueront avec le temps, que l’application de glace ou de chaleur est un atout à connaître, il est plus facile de poser les bonnes actions lors de douleurs ou tensions ressenties.

Restez actifs!