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Le ski de haute route est un sport d’hiver de plus en plus en vogue qui procure de la liberté.
Le ski de haute route est un sport d’hiver de plus en plus en vogue qui procure de la liberté.

Ce ski qui offre la liberté!

Isabelle Gagnon
Isabelle Gagnon
Collaboration spéciale
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CHRONIQUE / Le ski de haute route, vous connaissez?

C’est un sport d’hiver de plus en plus en vogue, qui procure de la liberté. Certains parlent de randonnée alpine ou de Touring. Tous se réfèrent à la même pratique ou à quelques différences près, selon les caractéristiques de la région sélectionnée. Ce type de ski, c’est un autre défi! Je l’ai apprivoisé moi-même cette année et j’en suis déjà une adepte inconditionnelle!

Nouveau, ce sport de glisse? Pas du tout! En Europe, plus précisément dans les Alpes, des mordus, peu nombreux on s’entend, y ont goûté brièvement au début du 20e siècle.
Dans ce temps-là, c’était la «vraie» peau de phoque dont les mordus de plein air se servaient. Aujourd’hui, elle a été remplacée par des fibres synthétiques, dans le but d’épargner nos pauvres petites bêtes pour cette activité hivernale.

Les athlètes, car on peut définitivement les qualifier ainsi, parcouraient des centaines de kilomètres, sur les hauts sommets, autant en ascension, qu’en descente. Il faut dire qu’à cette époque, les remontées mécaniques dans des endroits aussi escarpés n’existaient pas!

Au Canada, je dirais même en Gaspésie, à l’Auberge de montagne des Chics-Chocs, ce fut Jacques Bouffard, guide de l’auberge dans les années 70, qui fut initié. Un ami français lui fit découvrir ce sport de glisse où l’équipement utilisé se résumait à des skis, avec de véritables peaux de phoques, ainsi que des bottes de cuir. Ils ont ainsi bravé et traversé les Chic-Chocs en entier. M. Bouffard en fera l’essai par la suite dans les centres de ski, où il attire la curiosité des gens.

Quel en est le principe? Montée autonome en forêt, en sentier ou aux abords des pistes réservées à cet effet. Le bonbon: la descente sur pistes damées ou neige fraîche poudreuse.

Mais pourquoi se donner tant de mal à gravir ces montagnes plutôt que d’utiliser les remontées mécaniques? Pour le défi! Pour la variété, les paysages, la liberté, la tranquillité! Pour l’effort physique de monter, d’avoir chaud, de sentir son cœur palpiter! Pour l’adrénaline de la descente en vitesse ou à contourner les obstacles.

En prime, découverte d’endroits magnifiques et souvent moins explorés, si les connaissances et l’expertise y sont le moindrement, bien entendu! Dans les centres de ski, les skieurs de haute route, autonomes pour leur montée, se réjouiront en arrivant avant la foule pour profiter des premières traces dans les pistes de neige fraîche. Cette escalade en ski peut durer quarante minutes à plus de deux heures.

Attention, skier hors-piste, dans de prestigieux secteurs moins visités, doit également rimer avec «sécurité». Les spécialistes suggèrent fortement de suivre des formations en avalanches, si l’expédition-voyage vise une destination à risque. Prévoir un peu de nourriture, d’eau et une trousse de premiers soins s’avère sage et plus qu’utile!

Le ski de haute route permet d’admirer de magnifiques paysages.

L’équipement, l’outil de pratique qui fait la différence

Sous l’apparence du ski alpin, les skis, les bâtons, les bottes, même les vêtements, présentent des similitudes.

Qu’en est-il exactement?

Le ski: Pour la montée, on le souhaite léger à des fins d’économie d’énergie. Pour la descente, préférablement d’une certaine rigidité si celle-ci s’exécute sur de la neige dure, plus souple pour de la neige abondante. La largeur sera un critère à considérer, toujours selon les conditions de descente dure ou poudreuse (dimension pour la largeur du ski sous le pied pouvant varier entre 80 et 102 mm).

La fixation: cette dernière est hybride et très légère. Elle sera le pivot entre la botte (au niveau des orteils) et le ski pour la montée. Comme un «transformer», elle se convertira en véritable fixation de ski alpin pour la descente.  

La botte: fabriquée à partir de matériel plus léger et plus souple, permettant davantage le mouvement de la «marche-glisse» au niveau de la flexion de cheville. Un mécanisme est placé derrière la botte au talon pour permettre de la rendre plus flexible à la cheville. On le place donc en mode marche et on le fixe également pour offrir un confort plus soutenu pour la descente.

Les bâtons: ceux-ci sont ajustables. On peut donc varier la longueur selon le terrain, si nous sommes en montée ou en descente.

Les vêtements: la transpiration risque d’être au menu en montée. Une fois le sommet atteint, la vitesse acquise en descente pourrait devenir très incommodante. Un système multicouche est prisé pour la portion d’efforts plus cardiovasculaires. Je vous suggère une mince combinaison et un manteau coupe-vent, muni d’ouvertures pour aérer. Au moment ultime de descente, l’ajout du manteau de duvet, de la tuque et du casque, représente un excellent moyen de conserver sa chaleur en plus d’éliminer les ouvertures sous les aisselles et aux jambes.

La peau: Il ne faut pas oublier «la peau»! Pas de peau, pas de montée! C’est l’élément-clé qui rend le skieur invincible par l’adhérence du ski à la neige, même sur terrain très abrupt. Fait de nylon et de mohair sur un des côtés de cette peau synthétique, le verso est enduit d’un caoutchouc antidérapant se collant au ski. Cette partie d’équipement se colle sur la base de glisse du ski et se fixe par un système d’anneau à une extrémité, et à son autre, une pince où sa longueur est ajustable.

Pour ceux qui préfèrent la planche à neige, il est également possible de trouver sur le marché des «splitboards», soit une planche divisible pour l’ascension, où l’on applique également cette peau de phoque, et qui reprend sa forme pour profiter pleinement de la descente.

Novice en la matière? Louer son équipement peut s’avérer un excellent investissement pour un essai! Troquer de vieux skis alpins, en y apposant des fixations hybrides, et chausser des bottes souples ayant déjà servi, représentent une belle alternative moins onéreuse pour une toute première expérience.

Plusieurs possibilités de pratiques s’offrent à nous! Grands espaces derrière le chalet, une petite montagne sauvage, un parc non loin de la maison ainsi que de nombreux centres au Québec, en font partie. L’aspect sécurité doit être considéré en tout temps, particulièrement dans les endroits plus éloignés ou non balisés!