Rappelé des Golden Hawks de Trenton dans la Ligue junior A de l’Ontario où il avait récolté 19 points en 13 matches, le Gatinois D’Artagnan Joly devrait disputer un premier match avec l’Océanic jeudi soir à Rimouski contre le Phoenix de Sherbrooke.

Une occasion rêvée pour Joly

Quatrième joueur de 20 ans chez l’Océanic de Rimouski à l’ouverture de la saison, D’Artagnan Joly aura une occasion unique de relancer sa carrière dans les prochaines semaines alors qu’il sera appelé à évoluer à la droite du meilleur duo d’attaquants de la LHJMQ.

Du jour au lendemain, le Gatinois va passer d’une équipe junior A de l’Ontario au premier trio de l’Océanic en compagnie d’Alexis Lafrenière et de Cédric Paré. À Trenton, il avait pris l’habitude d’évoluer devant des foules moyennes de 175 spectateurs. À Rimouski, il sera lancé sous les feux de projecteurs avec les deux meilleurs marqueurs du circuit Courteau. L’Océanic attire en moyenne 3600 spectateurs par match.

Il n’y a pas plus drastique comme revirement de situation !

Entraîneur-chef et directeur général de l’Océanic, Serge Beausoleil a noté la progression de Joly au cours des dernières semaines. Chez les Golden Hawks, il a inscrit 19 points en 13 matches. Et comme Beausoleil compose avec des effectifs réduits en ce moment, notamment avec la perte de Dmitry Zavgorodniy, il a cru bon de rappeler l’ancien espoir des Flames de Calgary.

« Il avait commencé lentement avec aucun point en deux matches, mais il vient d’en récolter 19 en une dizaine de matches. Il a repris confiance. Nous avons besoin d’aide en attaque. L’option de jouer avec Lafrenière et Paré est sur la table. Je vois ça comme une belle opportunité pour lui », a expliqué Beausoleil au Droit mardi.

En action dès jeudi

Joly est allé cueillir son équipement à Trenton mardi. Il va retrouver l’Océanic mercredi afin d’affronter le Phoenix de Sherbrooke dès jeudi soir.

« C’est une fenêtre qui s’ouvre pour moi. J’ai déjà complété de bons duos dans ma carrière. À Gatineau avec Benoît-Olivier Groulx et Xavier Simoneau, puis à Baie-Comeau avec Gabriel Fortier et Ivan Chekhovich. Je vais arriver en confiance. J’ai repris goût à jouer au hockey. Je m’en vais rejoindre l’Océanic, mais ça me fait quelque chose de laisser les gars à Trenton. Je me suis senti apprécié comme jamais. Tout le monde était proche dans l’équipe. Je ne suis pas resté longtemps, mais j’étais émotif quand j’ai quitté l’aréna tantôt », a raconté Joly en route vers Gatineau.

Joly a connu sa meilleure saison dans la LHJMQ à 18 ans quand il avait récolté 68 points en 55 matches avec le Drakkar de Baie-Comeau, mais le courant ne passait pas entre son entraîneur et lui à 19 ans. Il a abouti à Rimouski où il a cumulé 23 points en 33 matches sans pourtant reprendre son rythme de croisière.

Au camp d’entraînement cette année, il n’en avait pas assez fait pour convaincre son entraîneur-chef de l’inclure parmi ses trois joueurs de 20 ans, mais les besoins d’une équipe évoluent durant une saison et l’Océanic a maintenant recours à la créativité offensive de Joly. Ce dernier revient d’ailleurs à Rimouski dans un bien meilleur état d’esprit qu’à son départ.

« J’avais le moral dans les talons quand je suis parti. Mon entourage me disait d’arrêter de jouer et de me concentrer sur mes études ou un travail, mais je voulais me donner une autre chance. Je veux encore faire carrière au hockey et je voulais continuer à pousser. Ma deuxième chance, je l’ai maintenant. J’ai huit matches devant moi jusqu’à Noël pour aider l’équipe et montrer ma valeur. Je compte bien en profiter. On va me donner la chance de jouer avec des joueurs exceptionnels. Je ne m’y attendais pas à ce moment-ci de l’année. »

À Trenton, Joly avait goûté à la victoire à ses 10 derniers matches avec les Golden Hawks.

« Je remercie l’entraîneur-chef Peter Goulet. Mon passage à Trenton a été très utile. Le calibre de jeu de cette ligue est bien plus élevé que ce que je pensais. J’ai tout aimé de mon passage là-bas. Ça me fait de quoi de quitter l’équipe, mais si je veux faire carrière au hockey, il fallait que je retourne à Rimouski. »

Il a raison. Ce n’est pas tous les jours qu’on nous donne l’occasion de jouer aux côtés du meilleur espoir de la LNH.