Louis Robitaille dirigera son premier match derrière le banc des Olympiques mardi, alors que l’équipe gatinoise accueillera l’Armada de Blainville-Boisbriand dans un premier match hors-concours.
Louis Robitaille dirigera son premier match derrière le banc des Olympiques mardi, alors que l’équipe gatinoise accueillera l’Armada de Blainville-Boisbriand dans un premier match hors-concours.

Une nouvelle ère pour les Olympiques

Jean-François Plante
Jean-François Plante
Le Droit
C’est à Gatineau, avec l’Intrépide midget AAA, que la carrière de hockeyeur de Louis Robitaille a pris son envol.

À 16 ans, il a quitté le foyer familial de Mercier en Montérégie pour venir jouer sous les ordres de l’entraîneur-chef Alain Sanscartier.

Son chemin s’est poursuivi avec le Rocket de Montréal dans la LHJMQ, où il a fait la pluie et le beau temps pendant quatre ans. Il a ensuite disputé huit saisons chez les professionnels, où il a notamment soulevé la coupe Calder avec les Bears de Hershey en 2006. Dans le circuit Courteau et dans la Ligue américaine, le fougueux défenseur transformé en attaquant chez les pros était un joueur de caractère, amassant plus de 250 minutes de punition à cinq reprises.

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À sa retraite, il est devenu entraîneur et il a fait ses classes avec les Voltigeurs de Drummondville et les Foreurs de Val-d’Or, avant d’accéder au poste d’entraîneur-chef des Tigres de Victoriaville au début de la saison 2016-17.

Après quatre ans à la barre des Tigres, à 38 ans, il a obtenu une promotion chez les Olympiques, où il a pu ajouter le titre de directeur général à ses fonctions. En prenant les clés de son bureau du centre Robert-Guertin au début du mois d’avril, il ne pouvait pas s’attendre à littéralement rentrer au bercail. Quand il accueillera les 34 joueurs à l’ouverture du camp d’entraînement des Olympiques dimanche matin, Louis Robitaille le fera à l’endroit même où tout a commencé pour lui. À l’aréna Baribeau !

Depuis qu’il est en poste, Louis Robitaille a eu à s’occuper d’un paquet de dossiers qui n’ont pas rapport avec le hockey. Son club a notamment été expulsé de son domicile pour faire place à un centre d’hébergement d’urgence. Depuis, il fait des pieds et des mains pour que ses joueurs puissent évoluer dans un milieu qui correspond aux normes de la LHJMQ. Il a aussi travaillé sans relâche à améliorer l’encadrement scolaire de ses nouveaux joueurs, sans compter tous les dossiers administratifs dans lesquels il a dû mettre de l’ordre.

Louis Robitaille a les traits tirés. Ses nuits sont courtes. Ses journées sont pleines. Personnage généralement enflammé, il n’avait pas anticipé l’abrupte montagne à gravir avant de pouvoir finalement faire ce qu’il aime le plus au monde : du hockey.

À compter de dimanche, il va retrouver son énergie. Il pourra enfin mettre son empreinte sur le club de hockey dont il vient d’hériter. Après des mois d’incertitudes liées à la COVID-19, les aspirants à l’édition 2020-21 vont sauter sur la glace. Lundi soir, il y aura un premier match intra-équipe. Mardi, ils accueilleront déjà l’Armada de Blainville-Boisbriand dans un premier match hors-concours.

Une nouvelle ère s’amorce chez les Olympiques. Celle de Louis Robitaille, de son directeur général adjoint Martin Raymond ainsi que de ses entraîneurs adjoints, Darren Rumble et Raphaël-Pier Richer, lui-même un ancien de l’Intrépide.

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Le premier choix des Olympiques de Gatineau lors du dernier repêchage de la LHJMQ, Tristan Luneau

UN CAMP DES PLUS RELEVÉS

N’eût été la pandémie, le camp d’entraînement des Olympiques de Gatineau qui va s’ouvrir dimanche à l’aréna Baribeau ferait courir les foules.

Pour la première fois de son histoire, l’équipe outaouaise aura quatre choix de première ronde, tous âgés de 16 ans, sur la patinoire. Tous les yeux seraient rivés vers Tristan Luneau, Antonin Verreault, Samuel Savoie et Noah Warren, les quatre exceptionnels de la dernière séance de sélection de la LHJMQ.

Les Olympiques ont terminé une longue période de reconstruction de trois ans. En 2020-21, l’équipe devrait aller de l’avant. Elle sera jeune, mais talentueuse comme jamais.

«Une bonne équipe, ça commence avec du talent et de la profondeur. J’adore la composition de cette équipe parce que nous avons les deux. Nous ne sommes pas différents de la LNH. Au hockey junior, le talent n’a pas d’âge. Nous n’allons pas nous servir de notre jeunesse comme excuse. Nous sommes prêts à passer à la prochaine étape. Je veux voir des gars qui veulent être ici et qui veulent gagner. Entre le dire et le faire, c’est deux choses. Il faut que les bottines suivent les babines», a expliqué Louis Robitaille à la veille de son premier camp à la barre des Olympiques.

La période des essais sera de courte durée. En raison de la pandémie, la LHJMQ a limité les camps d’entraînement à 34 joueurs. Dans une semaine, les Olympiques devraient réduire leur formation à 24 ou 25 joueurs. D’ici là, il y aura eu trois matches hors-concours et quelques matches intra-équipe.
«Ça va aller vite, mais en même temps, nous ne partons pas avec 60 joueurs au camp. Il y aura moins de distractions, moins de joueurs à regarder. Notre radar sera mieux aiguisé. Je suis convaincu que les 34 joueurs invités ont une chance de se tailler une place dans l’équipe. Ils ont une semaine pour nous le démontrer. Il n’y aura pas de place pour aller se cacher. Nous allons pouvoir mesurer l’été d’entraînement de nos joueurs assez facilement», a ajouté Robitaille.

Ce dernier s’attend à de bonnes batailles à toutes les positions dans la prochaine semaine.

«J’aime la direction que nous prenons. Nous avons du talent à toutes les positions et dans tous les groupes d’âge. Les vétérans sont tannés de faire partie d’un club dans le bas du classement. Prenons le taureau par les cornes et avançons maintenant. Plusieurs vétérans ont connu une bonne deuxième moitié de saison l’an dernier. Ils ont vécu de l’adversité. Ils sont prêts à bâtir là-dessus et je veux que les recrues soient prêtes à essayer de leur ravir des postes.»

Louis Robitaille et son personnel vont aussi prendre le prochain mois pour apprendre à connaître les meneurs du groupe.

«Notre but, c’est d’avoir un capitaine pour le premier match de la saison. Nous voulons voir des gars qui vont prendre les rênes, pas seulement pour eux, mais pour les autres aussi. Ça va nous prendre des joueurs qui sont prêts à tout pour l’équipe. Nous voulons de bonnes personnes qui vont bien représenter l’équipe sur la glace et à l’extérieur. Le capitaine devra être entouré de personnes qui vont bien le compléter.»