Un duo de Gatinois se retrouve aux commandes des Screaming Eagles du Cap-Breton avec les nominations de Patrick Leblond (à gauche) à titre de recruteur-chef du Québec et de Jacques Carrière (à droite) à titre de directeur général. Les deux hommes regardent plusieurs matches au Complexe Branchaud-Brière.

Un nouveau shérif au Cap-Breton

Dans la vie de tous les jours, Jacques Carrière habite à Gatineau et travaille à la Police d’Ottawa.

Depuis trois semaines, il occupe aussi le poste de directeur général des Screaming Eagles du Cap-Breton dans la LHJMQ.

Après 14 saisons comme recruteur-chef des Foreurs de Val-d’Or et des « Oiseaux » à Sydney, il a été promu dans la chaise du DG pour remplacer son ami Marc-André Dumont, congédié récemment de son double rôle d’entraîneur-chef et de DG.

Il y a deux semaines, il a pris une première décision importante en nommant le Gatinois Patrick Leblond recruteur-chef au Québec et Jonathan Murphy recruteur-chef dans les Maritimes.

Mardi, il a réglé un autre dossier prioritaire en annonçant la nomination de Jake Grimes à titre d’entraîneur-chef.

« Il était mon premier choix depuis le début du processus d’embauche », a-t-il dit au sujet de celui qui était entraîneur-adjoint chez le Storm de Guelph, champion de la Ligue de l’Ontario cette saison.

Grimes est natif de la Nouvelle-Écosse. Il a également été un choix des Sénateurs d’Ottawa en 1992.

« À part son expérience comme entraîneur et comme joueur, Jake est hautement respecté par ses pairs dans le monde du hockey. Il est reconnu pour ses habiletés à développer ses joueurs. »

Samedi à Québec, Carrière supervisera son premier repêchage dans un rôle différent où il pourra effectuer des transactions.

Espoir clef des Sénateurs

« Nous ne serons pas les plus actifs. J’aimerais donner la chance à nos entraîneurs de se faire la main avec les joueurs que nous avons. Notre top-6 à l’attaque sera très bon. Notre gardien, Kevin Mandolese [un espoir des Sénateurs] sera la pierre angulaire de notre club. Nous allons plutôt nous repositionner aux Fêtes en fonction de notre classement. »

Responsable des sélections d’Anthony Mantha, Guillaume Gélinas et Olivier Galipeau à Val-d’Or, il a aidé les Foreurs à construire l’équipe championne de 2014 [mais il était déjà rendu au Cap-Breton quand Val-d’Or a gagné]. Au Cap-Breton, il a dû se montrer convaincant pour choisir Pierre-Luc Dubois au cinquième rang en 2014.

« Marc-André Dumont m’avait demandé si j’étais certain parce que nos jobs en dépendaient. Mitchell Balmas était un joueur local convoité aussi, mais j’étais convaincu. Quand nous avons vu Dubois devenir le troisième choix au total dans la LNH deux ans plus tard, j’ai demandé à Marc-André s’il avait encore peur ! »

Objectif LNH

Recruteur dans l’âme, Jacques Carrière attendait quand même une promotion depuis un moment.

« C’est le recrutement qui m’allume, mais je ne cacherai pas que je vise la LNH. Le poste de recruteur-chef, c’est la marche du bas. DG, tu montes d’une marche et tu deviens plus exposé à la LNH. Des gars comme Alexandre Rouleau et Jérôme Mésonéro sont devenus dépisteurs dans la LNH après avoir été DG dans la LHJMQ. »

Jérôme Mésonéro avait justement été le premier à lui offrir un poste de « pointeur » à Chicoutimi.

« Pierre Boisvert était DG avec les Olympiques à l’époque et il me voyait partout dans les arénas. Il avait essayé de me trouver un job avec un club d’expansion, mais ils avaient déjà leur monde en place. C’est Jérôme Mésonéro qui m’a donné mon premier boulot. J’étais pointeur (bird dog). Ça consistait à identifier des joueurs pour notre recruteur-chef. Après deux mois, il m’a promu à un poste de recruteur régional. Ce qui est ironique, c’est que le premier joueur qu’il m’a envoyé voir est aujourd’hui policier à Ottawa comme moi ! »

Âgé de 53 ans, Jacques Carrière prendra sa retraite de la police dans 18 mois. À ce moment, il compte devenir le shérif en ville à Sydney où il pourra se dévouer à son poste de DG à temps plein sans contraintes même s’il ne compte déjà pas ses heures.