S’il veut jouer avec les Olympiques de Gatineau cette saison, Simon Courroux devra prouver qu’il est meilleur que Creed Jones ou Rémi Poirier. « Je devrai en battre un des deux », confirme le Gatinois de 17 ans.

Un gardien prêt à brouiller les cartes chez les Olympiques

Simon Courroux est sans doute le joueur qui voyage le moins loin, chaque matin, pour se rendre au camp des Olympiques de Gatineau.

« J’ai grandi à cinq minutes d’ici », dit-il, en quittant la patinoire du Complexe Branchaud-Brière.

Le gardien de but de 17 ans n’est pas encore très bien connu, dans sa région natale. « J’ai joué tout mon hockey mineur à Gatineau, pourtant. Sauf pour les deux dernières années. J’ai choisi d’aller dans un prep school, près de Sherbrooke. J’ai continué de me développer là-bas. »

Voilà qui explique certaines choses.

Courroux a passé les deux dernières années de son primaire, puis les trois premières du secondaire, à fréquenter le programme sport-études de l’école secondaire Nicolas-Gatineau. Au moment où il aurait pu atteindre le sommet de la pyramide, en se greffant à l’Intrépide midget AAA, il a choisi de partir, loin de chez lui.

« C’est un mix de plein de choses. Je pense que j’avais besoin d’un nouveau départ, de façon générale. Rien contre les gens de l’Intrépide. Je me suis très bien développé, ici. J’avais juste besoin d’un nouveau défi. On m’offrait aussi l’opportunité de devenir bilingue. J’ai pu apprendre l’anglais », explique-t-il.

« Ce fut difficile, mentalement. Encore plus que physiquement. Au début, c’était tough. J’étais loin de mes amis, loin de ma famille. J’ai vécu une période d’adaptation. J’en ai tellement retiré, en fin de compte. Je le referais n’importe quand. »

Avec l’équipe de hockey du Bishop’s College School, Courroux a pu compléter ses études secondaires dans le système québécois. Sur la glace, il s’est surtout mesuré à des équipes américaines.

Il y avait quand même des gens, dans sa région natale, qui ne l’avaient pas oublié.

« Les gars qui sont nés en 2002, en Outaouais, ont toujours formé une bonne équipe », souligne Éric Landry.

L’entraîneur-chef des Olympiques en sait quelque chose. Son fils, Manix, appartient lui aussi à cette cohorte de jeunes hommes, nés en 2002, qui ont été formés dans l’ouest du Québec.

Les Olympiques ont repêché Courroux, sur le tard, en 13e ronde, en 2018.

« Avoir un gardien dans ta cour, c’est toujours bon. Au départ, nous l’avons repêché pour nous donner de la profondeur, mais il continue de bien faire. Il pourrait nous donner d’autres options », affirme l’entraîneur.

C’est un commentaire intéressant.

Voler un poste

Techniquement, les Olympiques n’ont pas besoin d’un gardien. Les deux qui ont complété la dernière saison à Gatineau, Creed Jones et Rémi Poirier, sont toujours là.

« C’est clair que j’y pense, explique Courroux. Je sais que, si je veux une place dans l’équipe, je devrai en battre un des deux. Je ne me mets pas de pression, non plus. Quand je saute sur la patinoire, je me concentre sur ce que j’ai à faire. Ce qui devra arriver, arrivera. »

La formation acquise au cours des deux dernières années à Bishop’s pourrait éventuellement permettre à Courroux de faire le saut dans la NCAA. Il est chanceux. Puisqu’il vit à cinq minutes de Branchaud-Brière, les Olympiques n’ont pas à débourser un sou pour assurer sa participation au camp. Il ne risque donc pas de perdre son éligibilité universitaire.

« Je veux vraiment concentrer mes énergies sur le camp. Je ne veux pas me préparer un plan B. Ça pourrait me déconcentrer du plan A, qui consiste à jouer à Gatineau cette année. »

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WATHIER SE LANCE DANS LE HOCKEY SCOLAIRE

L’entraîneur-adjoint Francis Wathier passe ses matinées au Centre Guertin à travailler avec les joueurs des Olympiques.

Il a récemment trouvé une façon de s’occuper, l’après-midi.

À compter de la rentrée scolaire, il travaillera avec les jeunes hockeyeurs-étudiants de l’école primaire du Dôme et ceux de l’école secondaire Mont-Bleu.

Il supervisera également les équipes de calibre M13, M15 et M18, dans la Ligue de hockey préparatoire scolaire (LHPS).

« On m’a demandé de donner un coup de pouce vers la fin de la dernière année scolaire et je pense que j’ai fait une super bonne job », estime Wathier.

L’ancien professionnel du hockey – il a passé une dizaine de saisons dans la Ligue américaine – n’est pas malheureux, dans son nouveau rôle d’entraîneur à temps complet.

« Moi, je veux juste faire du hockey, déclare-t-il. Je vais garder ma job avec les Olympiques. Je serais heureux d’occuper un poste à temps complet, avec eux, un jour. En attendant, tout fonctionne plutôt bien, pour moi. Je vais passer mes matinées, ici, et mes après-midis là-bas. Pour le moment, je me sens très bien où je suis. »

Wathier, qui est originaire de l’Est ontarien, a passé quelques années à collaborer avec l’Académie canadienne internationale de hockey, à Rockland.

« Je n’ai pas grandi avec des programmes sport-études. Dans mon coin, ça n’existait pas vraiment. À Rockland, c’est une école privée. C’est très dispendieux. Donc, ce n’est pas pour tout le monde. Moi, si on m’avait offert l’opportunité de me joindre à un programme sport-études, quand j’étais plus jeune, j’aurais sauté sur l’occasion. Le matin en salle de classe, l’après-midi sur la glace ou dans le gymnase... C’est vraiment un scénario idéal pour des jeunes qui sont actifs. »

Victoire des Blancs

Le match intraéquipe impliquant les recrues a été chaudement disputé, vendredi après-midi. On a été obligés d’aller en prolongation pour départager les deux équipes.

Olivier Gervais-Daigneault, un centre qui a joué quatre matches dans la LHJMQ la saison dernière, a tranché. Grâce à lui, les Blancs l’ont emporté 3-2.

Quelques recrues auront maintenant l’opportunité d’affronter le Phoenix de Sherbrooke, dimanche après-midi.