Le président des 67's, Jeff Hunt, est entouré de son nouveau directeur général James Boyd (à gauche) et de son nouvel entraîneur-chef et vice-président des opérations hockey André Tourigny (à droite).

Tourigny à la barre des 67's d'Ottawa

Coup d'éclat chez les 67's d'Ottawa, mardi matin. Si l'annonce de la nomination de James Boyd à titre de directeur général semblait imminente, celle du nouvel entraîneur-chef de l'équipe de la Ligue de l'Ontario (LHO) a déjoué tout le monde.
Bien en selle à Halifax où il venait d'écouler la première année d'un contrat de cinq ans avec les Mooseheads en pleine ascension, André Tourigny a été incapable de résister à l'offre inattendue du président des 67's, Jeff Hunt. Sa famille étant restée à Ottawa après avoir été congédié de son poste d'entraîneur adjoint des Sénateurs, il a préféré revenir auprès des siens.
Assis au milieu du vestiaire des 67's à la Place TD, Jeff Hunt était fier de présenter ses deux hommes appelés à remplacer l'entraîneur-chef et directeur général démissionnaire Jeff Brown.
«Dans mon esprit, James et André étaient tout aussi qualifiés pour occuper les postes d'entraîneur-chef et de directeur général, mais en acceptant de diviser leurs tâches pour travailler ensemble, j'ai la ferme impression que nous comptons sur la meilleure combinaison du hockey junior. Deux têtes valent mieux qu'une? L'adage s'applique ici», a expliqué Jeff Hunt.
Âgé de 41 ans, James Boyd a porté les couleurs des 67's en 1994-1995. Au cours des six dernières années, il a été entraîneur-chef et directeur général des Steelheads de Mississauga. L'an dernier, il s'était toutefois concentré sur son rôle de dg pour construire l'équipe championne de la conférence de l'Est de la Ligue de l'Ontario.
Nomination surprenante
L'arrivée de Tourigny, 43 ans, est bien plus surprenante. Neuvième entraîneur-chef de l'histoire de l'équipe qui fêtera ses 50 ans d'existence cette année, Tourigny devient seulement le deuxième entraîneur francophone depuis Léo Boivin, qui a été aux commandes de l'équipe de 1972 à 1974... juste avant le règne de 32 saisons de Brian Kilrea.
Propriétaire des 67's, du Rouge et Noir et du Fury, l'Ottawa Sports and Entertainement Group (OSEG) a connu des succès avec des hommes clés francophones. L'entraîneur Marc Dos Santos a amené le Fury en finale de la NASL dès sa deuxième année et le directeur général Marcel Desjardins a monté l'équipe championne de la Coupe Grey l'an dernier. Quand on demande à Jeff Hunt si la nomination de Tourigny s'inscrit dans cette suite, il avance qu'il serait facile de répondre «oui», mais que ce n'est pas le cas.
«Dans ma tête, nous avons choisi les deux meilleurs hommes pour ramener les 67's vers le sommet de la ligue. Par contre, il faut reconnaître que dans notre marché, le bilinguisme d'André est un atout.»
Après avoir passé 12 saisons comme entraîneur-chef et directeur général des Huskies de Rouyn-Noranda, Tourigny a fait le saut dans la LNH où il a été adjoint avec l'Avalanche du Colorado pendant deux saisons avant d'être recruté par Dave Cameron chez les Sénateurs d'Ottawa. Congédié pour la première fois de sa carrière après une saison dans la capitale nationale, il avait accepté un pacte de cinq ans chez les Mooseheads l'an dernier.
«J'étais très bien traité à Halifax, mais je m'ennuyais de ma famille. Quand je suis rentré à mon appartement avant le repêchage à Saint-Jean, j'ai vite réalisé que c'était vide. Il me manquait quelque chose. Je suis entièrement reconnaissant envers Bobby Smith de me laisser la chance de rentrer à la maison.»
Établi à Stittsville, Tourigny pourra renouer avec ses jumeaux Jean-Philippe et Félix-Antoine (17 ans), sa fille Marie-Léa (14 ans) et son épouse Mélanie. Le natif de Nicolet a une entente de quatre ans à Ottawa. Il sera également le vice-président aux opérations hockey chez les 67's.