Le sort a voulu qu'Éric Landry se retrouve avec tout un défi au premier tour des séries: Vitalii Abramov et les Tigres de Victoriaville.

Tigres en quatre

BILLET / Dans une saison surprenante où les Olympiques ont gagné pas mal plus de matches que prévu en tenant compte de leur plan de monnayer certains de leurs meilleurs éléments, ils auraient mérité mieux que d’être confronté à leur plus important sacrifice dès le premier tour des séries.

Aller au front sans Vitalii Abramov en séries éliminatoires, c’est une chose. De l’avoir dans le visage dès le départ, ça vient carrément tourner le fer dans la plaie.

En tombant entre les griffes des Tigres de Victoriaville, les Olympiques ne sont aucunement récompensés pour leur 11e position au classement général. Les Tigres ont tout balayé sur leur passage en terminant la saison avec 11 victoires de suite.

Avec tous les ajouts apportés à leur équipe, les Tigres n’ont rien d’un club de sixième position. Ils ont été le deuxième club le plus performant de la LHJMQ à partir du 1er janvier. À ce compte, c’est comme si vos «Piques» avaient pris le 15e rang pour jouer contre la deuxième place. Les fantômes du «Vieux Bob» les ont-ils sanctionnés pour avoir osé sacrifier le meilleur compteur européen de l’histoire du circuit Courteau?

Les Olympiques ont-ils une chance face à leur ancien coéquipier?

Un miracle? Un contrat!
Malgré leur réputation de jouer les trouble-fêtes lorsque le printemps se manifeste, les Olympiques n’ont tout simplement pas les munitions pour rivaliser avec un sérieux aspirant à la coupe du Président. Et même s’ils arrivent à limiter les dégâts, ils devront ensuite trouver une façon de se rendre jusqu’à Étienne Montpetit, le meilleur gardien de la ligue.

Si les Olympiques parviennent à éliminer le club à qui ils ont contribué à gonfler les rangs en leur envoyant Abracadabramov – et le défenseur Mathieu Charlebois –, l’entraîneur-chef Éric Landry aura mérité un contrat à vie!

Imaginez s’il arrivait à renverser cette super puissance malgré toutes les cartes qu’on lui a arrachées des mains. Landry entrerait immédiatement dans la légende des Pat Burns, Alain Vigneault, Claude Julien et Benoît Groulx.

Les Tigres ont huit marqueurs de 40 points et plus. Les Olympiques? Trois. Les Tigres ont cinq compteurs de 20 buts. Les Olympiques? Deux.

Gatineau a terminé sa saison en queue de poisson pendant que les Tigres se bombaient le torse contre les meilleures équipes du plateau en signant des victoires décisives les unes après les autres. De leur côté, les Olympiques n’ont gagné qu’un seul de leurs 11 derniers matches. C’était contre les pauvres Cataractes de Shawinigan, un club exclut ses séries.

En quatre matches, les Gatinois ont vaincu les Victoriavillois une fois cette année. C’était le dernier match de Vitalii Abramov à Gatineau. Il avait marqué le but vainqueur et récolté trois points.

On a beau dire que les compteurs sont remis à zéro dans les séries, je n’ai rien senti de spécial à la répétition générale des Olympiques avant leur départ pour Victoriaville jeudi.

Pas de coupe de cheveux des séries comme les 67’s d’Ottawa l’ont fait en signe de solidarité. Pas de slogan accrocheur. Pas de signe d’enthousiasme à la veille de la tranche de saison la plus enivrante.

C’est comme si le citron avait été pressé. Les Olympiques ont surpris tout le monde avec leur début de saison victorieux. On pensait même qu’ils pourraient se raviser et conserver les services d’Abramov. Ils ont plutôt suivi leur plan, mais les Gatinois ont continué à gagner beaucoup. Au 31 décembre, ils étaient à deux points de la première place!

Encore là, ils ont vendu Mitchell Balmas et Will Thompson. Ils ont mis du temps à s’en remettre, mais ils l’ont fait. Puis, Alex Breton et Giordano Finoro ont été blessés. Ç’a été la goutte qui a fait déborder le vase. Ils ont joué le reste de la saison sans grande conviction comme ça avait le cas en 2012, la dernière fois qu’ils ont été balayés dans une série de première ronde contre l’Armada de Blainville-Boisbriand.

Ce triste scénario semble en voie de se répéter en 2018.