Xavier Simoneau, qui sera de passage à Gatineau mardi pour affronter les Olympiques, se concentre sur les séries qui approchent plutôt que sur son éventuel repêchage.

Simoneau refuse de se laisser décourager par son classement

Les matches du mardi soir sont rares au centre Robert-Guertin, mais celui contre les Voltigeurs de Drummondville arrive à un bon moment pour les mordus de hockey.

La moitié des clubs de la LNH profitent d’une pause prolongée du Match des étoiles. Les Sénateurs et le Canadien ne sont pas en action et Xavier Simoneau s’amène pour disputer son troisième et dernier match à Gatineau avec un des clubs favoris pour gagner la coupe du Président dans la LHJMQ. L’attaquant de St-André-Avellin est loin d’être la seule carte d’attraction dans ce club bondé de joueurs vedettes à partir des attaquants Maxime Comtois, Joe Veleno, Gregor McLeod, Nicolas Guay et Félix Lauzon, des défenseurs Nicolas Beaudin et Pierre-Olivier Joseph ainsi que du gardien Olivier Rodrigue.

Pour Simoneau, il s’agira aussi d’un dernier passage dans son patelin avant le prochain repêchage de la LNH. La semaine dernière, la Centrale de recrutement a publié la liste de mi-saison de ses meilleurs espoirs en vue de la séance de sélection 2019. À la lecture du document, il est permis de se demander si l’ancien de l’Intrépide de Gatineau sera réclamé malgré sa récolte de 15 buts et 37 points en 34 parties. À 16 ans, il avait aussi amassé un impressionnant total de 45 points en 61 matches.

La « Centrale » n’a pas oublié Simoneau, mais elle l’a placé à la fin de sa liste, au 214e rang des patineurs nord-américains. Cette liste contenait 216 patineurs et excluait les espoirs européens. À Vancouver, en juin prochain, 217 joueurs seront réclamés.

« C’est une liste comme les autres. Ce n’est pas la première fois que mon nom se retrouve sur une liste et ce n’est pas cela qui va changer ma façon de jouer. Ce qui m’intéresse pour l’instant, c’est d’aider notre équipe à gagner et nous gagnons souvent. »

L’exemple de Pageau

Le patineur de 5’6’’ peut se consoler. Le Gatinois Jean-Gabriel Pageau n’avait même pas été considéré par la Centrale en 2010-11 en raison de sa taille de l’époque, mais les Sénateurs d’Ottawa l’avaient quand même sélectionné en quatrième ronde après des séries du tonnerre, surtout celle contre... les Voltigeurs de Sean Couturier.

« Je ne connais pas personnellement Pageau, mais je connais bien son histoire. Je pourrais nommer plusieurs joueurs qui n’ont jamais été sur cette liste et qui ont été repêchés quand même. Ce n’est pas une science exacte. Les rangs ne sont pas toujours un reflet de la réalité et peut-être que ma blessure plus tôt cette saison n’a pas aidé », a raconté Simoneau au Droit à la veille de son prochain match contre les Olympiques.

Comme Pageau, qui a guidé les Olympiques vers la finale de la coupe du Président en 2011, Simoneau voudra se servir des séries du printemps 2019 pour tomber dans l’œil d’une équipe.

« Nous avons un excellent club. Les séries pourraient m’aider. Si oui, tant mieux. Sinon, tant pis. Notre but, c’est d’aller à Halifax et jouer pour la coupe Memorial. Dans les séries, quand une équipe se bat pour sa survie, on peut voir les vrais compétiteurs. »

Vendredi soir dernier, à Drummondville, Simoneau et les Voltigeurs ont d’ailleurs eu un avant-goût des séries quand le centre Marcel-Dionne était plein à craquer pour un duel au sommet contre les Huskies de Rouyn-Noranda.

« Tous les billets étaient vendus. C’était le moment de démontrer qui nous étions. Nous voulons aller loin dans les séries. Nous sentions que c’était comme un match des séries. Ça paraissait sur la glace. C’était l’fun comme ambiance. Malheureusement, nous avons perdu (3-2), mais nous avons deux autres matches contre eux. »

En attendant, les Voltigeurs (36-10-1) tenteront d’infliger un huitième revers consécutif aux Olympiques (16-26-5) mardi soir.

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DES RECRUTEURS EXPLIQUENT LEURS DOUTES

Trop petit et historique de commotions cérébrales.

Voilà deux thèmes qui sont revenus souvent lorsque Le Droit a approché des recruteurs de vraies équipes de la LNH afin de commenter le 214e rang à l’échelle nord-américaine de Xavier Simoneau sur la liste de mi-saison de la Centrale de recrutement.

Malgré ses 37 points en 34 matches, à 5’6’’, le jeune homme de St-André-Avellin a encore beaucoup à faire pour convaincre les recruteurs du circuit Bettman. Peu de joueurs ont réussi à s’établir dans la meilleure ligue au monde avec cette taille.

Quant à l’historique de blessures à la tête, Simoneau et son agent ont du travail à faire pour renverser la croyance populaire. Le patineur de 17 ans répète qu’il n’a subi qu’une seule commotion cérébrale en carrière. C’était à l’époque où il évoluait au niveau midget AAA.

« Mais c’en était une grosse, signale un recruteur de la division Pacifique de la LNH. À sa grandeur, la crainte existera toujours pour que cette blessure survienne encore. »

Pour sa part, un recruteur de la section Centrale fait remarquer que Simoneau fait tout pour démontrer qu’il est prêt à payer le prix. « Il arrive à jouer plus gros que son gabarit, sans aucun doute, mais il le fait à son détriment. Il veut tellement montrer qu’il joue gros qu’il est de toutes les batailles. Des petits joueurs comme Yanni Gourde, Jonathan Marchessault ou Alex Barré-Boulet ne se faisaient pas frapper beaucoup dans le junior majeur. Simoneau a le feu sacré, c’est sûr, mais il se fait frapper en masse. Trop. »

Pour ce même dépisteur, la vitesse de Simoneau ne serait pas encore assez explosive.

« En zone neutre, il n’embraye pas assez rapidement. Il se fait souvent rattraper vers l’angle extérieur (back side) en situation de pression. Si tu veux percer dans la LNH comme petit joueur, tu dois être ultra rapide. Simoneau est un joueur junior fantastique. Son caractère est très fort. C’est le candidat idéal pour obtenir une invitation à un camp. Être repêché, c’est une autre histoire. »

Quand on demande à un recruteur de la division Est si Simoneau sera repêché en juin prochain, il répond que c’est une question « à une piastre et quart. »

« C’est un petit joueur qui joue gros. Il n’a peur de personne. Il a beaucoup d’habiletés. Il compétitionne fort. Il brasse de la merde sur la patinoire. Il crée des flammèches. Il fait sortir l’adversaire de ses gonds. Dans le junior, si tu veux gagner, tu vas le chercher demain matin, mais pour un recruteur, c’est embêtant de recommander un joueur de 5’6’’ à ses supérieurs. S’il pouvait grossir un peu et gagner un pouce, un pouce et demi, ça pourrait faire toute la différence. Une équipe pourrait lui donner une chance à titre de joueur invité. »

Un autre recruteur a dit au Droit que son club ne disposait pas d’assez de choix au repêchage en 2019 pour tenter sa chance sur un joueur productif, mais au petit gabarit. « Nous allons concentrer nos efforts sur des choix sécuritaires cette année, mais un club qui dispose de plusieurs choix pourrait le réclamer. Je vais toujours me battre pour les joueurs en qui j’ai une confiance absolue. Avec Simoneau, j’ai confiance, mais un petit doute persiste », a-t-il avancé.