Plus d’une centaine de personnes de la Petite-Nation auraient déjà prévu d’assister aux matches de Xavier Simoneau contre les Olympiques à Gatineau.

Simoneau chez lui à Gatineau

Xavier Simoneau ne pouvait pas espérer mieux pour amorcer les séries 2019 de la coupe du Président.

Non seulement son club est-il largement favori pour remporter son duel de première ronde, mais les Voltigeurs de Drummondville vont partir à la conquête du championnat de la LHJMQ en se mesurant à l’équipe de son coin de pays.

« Quand j’étais jeune, j’aimais l’ambiance qui régnait à Guertin pendant les séries. C’était toujours électrisant. Affronter l’équipe que j’adulais dans mon enfance est un élément de motivation supplémentaire. Contrairement à mes jeunes années, je vais faire partie du spectacle ! J’ai vraiment hâte que ça commence. »

Le club numéro trois au Canada a gagné l’honneur d’amorcer la série à Drummondville vendredi et samedi, mais dès mardi et mercredi de la semaine prochaine, les admirateurs de la petite bombe de St-André-Avellin vont envahir le « Vieux Bob » pour appuyer leur enfant chéri. Chez les Olympiques, on dit que la mère de Simoneau a réussi à réunir plus d’une centaine de personnes de la Petite-Nation pour assister à chacune des deux rencontres.

« Ma famille et mes amis me suivent depuis toujours, mais leurs déplacements seront facilités dans cette série contre les Olympiques. »

En théorie, les Voltigeurs pourraient donner le coup de grâce aux Gatinois dès mercredi prochain dans le quatrième match, mais Simoneau et sa bande ne tiennent rien pour acquis.

« Nous allons y aller un match à la fois. C’est sûr que les Olympiques sont négligés dans cette série, mais ils nous ont battus deux fois à Guertin. Nous savons qu’ils peuvent causer des surprises. Il faudra suivre le plan de match de nos entraîneurs parce que c’est toujours difficile de jouer à Gatineau. C’est bruyant. Les partisans font partie de l’équation, mais en jouant à notre façon, nous pouvons battre n’importe qui dans cette ligue. »

N’importe qui, c’est aussi les Huskies de Rouyn-Noranda. Les Voltigeurs ont été les seuls à les vaincre depuis le début de l’année 2019. La troupe de Steve Hartley est outillée pour veiller tard dans les prochaines séries éliminatoires. Pour certains, ils pourraient être les seuls à pouvoir rivaliser avec l’équipe numéro un pays.

« Ça fait deux ans que notre organisation prépare le terrain pour ces séries. Nous avons acquis plusieurs joueurs qui ont connu des succès en séries. Ils savent ce que ça prend pour aller loin. »

Bonnes statistiques

Côté personnel, l’ancien de l’Intrépide de Gatineau a connu une saison à la hauteur de ses attentes. En jouant au centre de Maxime Comtois et de Nicolas Guay, il a récolté 18 buts et 57 points en 55 matches à l’âge de 17 ans.

« Sur le plan des statistiques, je suis content. Je savais que nous aurions une bonne équipe cette année avec nos nombreux vétérans. Ils ont apporté beaucoup de leadership à un joueur de 17 ans comme moi. Ils ont amené tout le monde à pousser dans la même direction et c’est comme ça que nous avons connu du succès, surtout en fin de saison. »

Le choix de première ronde des Voltigeurs en 2017 a participé plusieurs festivals offensifs cette saison. À deux reprises, son équipe a marqué 12 buts dans un match. Malgré une moyenne de plus d’un point par match, cinq joueurs l’ont devancé au classement des pointeurs de son club, mais s’il avait joué à Gatineau, il aurait été premier de classe avec six points d’avance sur Giordano Finoro !

Il y a cependant une catégorie où Simoneau a mené son club et c’est dans la colonne des minutes de punition (84). À ce sujet, Simoneau promet d’être plus sage ce printemps. « J’ai souvent été puni parce que je bataillais devant les buts, mais je ferai plus attention. Dans les séries, je n’ai pas le goût de mettre mon équipe dans le pétrin en donnant des avantages numériques à l’autre équipe. »

Contre l’équipe de son patelin, Simoneau a récolté un but et quatre points en cinq matches en 2018-19.

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Landry veut voir de l’émotion

Pour emprunter une expression du regretté Pat Burns, on pourrait croire que les Olympiques de Gatineau s’en vont à la chasse à l’ours avec un couteau à beurre dans les prochaines séries éliminatoires de la LHJMQ.

Leur capitaine, Gabriel Bilodeau, devrait rater au moins le début de la série contre la meilleure attaque du circuit Courteau. Comme si ce n’était pas assez, les Gatinois devront se défendre avec un gardien qui n’a qu’une demi-saison d’expérience dans la LHJMQ en raison de la perte de Creed Jones pour la balance des séries.

Voilà deux tuiles que l’entraîneur-chef Éric Landry n’avait pas besoin de recevoir sur la tête avant un combat qui s’annonçait déjà inégal même avec la présence de ces deux joueurs importants.

Implacable durant sa carrière de hockeyeur junior et professionnel, l’entraîneur-chef des Olympiques voudra voir ses joueurs adopter la même attitude face au défi qui s’annonce contre les Voltigeurs de Drummondville.

«Nous avons une jeune équipe qui devra acquérir de l’expérience dans les matches qui s’en viennent. Je veux voir nos joueurs compétitionner. Je veux voir beaucoup d’émotion sur la glace. Ça va nous prendre de l’intensité. Il va falloir sortir de notre zone de confort. Il faudra s’investir dans toutes les batailles pour les gagner. Tous les trucs que nos joueurs ont appris depuis qu’ils jouent au hockey, ils devront les appliquer. C’est comme ça que nous allons grandir comme équipe.»

Afin d’éviter un carnage contre un club expérimenté avec de la profondeur à toutes les positions, les Gatinois devront aussi garder leur concentration pendant 60 minutes et suivre le plan de match.

«Nous avons été capables de rivaliser avec les meilleures équipes de la ligue à plusieurs reprises. Dans une série quatre de sept, ce qui est intéressant, c’est qu’un club peut toujours s’ajuster. Nous avons le même calendrier. Tous les éléments extérieurs disparaissent.»

Les Olympiques ont peu de vétérans expérimentés dans leur alignement. Ils alignent plusieurs recrues, dont certaines qui ne seront pas de retour l’année prochaine en raison des nombreux choix au repêchage à qui il faudra faire de la place. Éric Landry signale cependant que ses joueurs ne sont pas en audition pour l’an prochain maintenant.

«Le camp d’entraînement va servir à évaluer notre prochaine équipe. Pour le moment, je veux que nos joueurs se donnent à 100 % pour la cause de l’équipe. Je veux voir des joueurs capables de performer.»

Certains vont développer une force de caractère devant l’adversité des prochains jours. Il n’y a pas si longtemps, ce sont les Voltigeurs qui étaient dans la position des Olympiques. En 2016, avant même d’amorcer les séries, leurs deux premiers gardiens avaient été blessés. Drummondville était 16e. Rouyn-Noranda était premier. Un jeune Tristan Bérubé (16 ans) avait été lancé dans la gueule du loup et il avait accordé une moyenne de 8,24 buts dans les quatre matches où il avait travaillé. Ça ne l’a pas empêché de devenir le gardien numéro un des Olympiques dès les séries suivantes...