La Paloma Tavern, un endroit prisé par Scotty Bowman et Sam Pollock à l’époque où ils étaient avec Le Canadien d’Ottawa-Hull.
La Paloma Tavern, un endroit prisé par Scotty Bowman et Sam Pollock à l’époque où ils étaient avec Le Canadien d’Ottawa-Hull.

Scotty Bowman: des noms et des adresses

Il a 86 ans. Il habite maintenant à Sarasota en Floride et conserve une maison en banlieue de Buffalo. Scotty Bowman est encore associé à une équipe de hockey de la LNH. Il est conseiller spécial chez les Blackhawks de Chicago, là où son fils Stanley est vice-président et directeur général.

Son nom est gravé 11 fois sur la coupe Stanley. Neuf fois à titre d’entraîneur-chef. Avec le Canadien, il paradé cinq fois sur la rue Sainte-Catherine avec la coupe au bout des bras.

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Les premières vedettes à patiner à Hull

Il a encore l’esprit vif et la mémoire d’un éléphant. Inspiré par la lecture de son livre Scotty, une vie de hockey d’exception écrit par son ancien gardien Ken Dryden et publié à l’automne 2019, Le Droit a pu le replonger dans ses souvenirs de ses débuts au hockey junior. Rapidement, on a pu se rendre compte que Scotty se souvenait de tout.

Dès le début de notre conversation, il a lui-même évoqué le nom de Marcel Fortin. Journaliste sportif avec une longue carrière au Droit, Marcel Fortin couvrait les activités des Canadiens d’Ottawa-Hull pendant les années de Scotty.

« C’était un très bon collaborateur », lance l’ancien entraîneur-chef du Canadien pendant leurs dernières véritables années de gloire.


« Nous étions toujours chez La Paloma Tavern. »
Scotty Bowman

Instinctivement, quand il se met à parler des avantages de diriger un club dans les deux villes frontalières avec les Canadiens, Bowman ne peut s’empêcher de dévier la conversation vers ses restaurants de prédilection.

« Sam et moi, nous préférions les restaurants de Hull. Il y en avait plusieurs bons à l’époque. Nous aimions aller chez Henri (sur la promenade du Portage). C’était de la bonne cuisine française. Nous aimions aussi le club Chaudière. Bien sûr, il y avait le golf, mais on y mangeait bien et il y avait des spectacles. »

À Ottawa, l’endroit préféré du duo Pollock/Bowman se situait au coin des rues Rideau et Nelson, juste en face des bureaux du Droit.

« Nous étions toujours chez La Paloma Tavern. C’était un restaurant qui se spécialisait dans les mets chinois. »

À sa première année dans la capitale fédérale, Scotty s’était installé dans un appartement de la rue Clemow dans le quartier Glebe, mais quand il est devenu entraîneur-chef la deuxième année, il a déménagé au 198 de l’avenue Holmwood, beaucoup plus près du parc Landsdowne, là où évoluaient les Rough Riders d’Ottawa dans la Ligue canadienne de football.

« C’était une maison de chambres et plusieurs joueurs des Rough Riders y habitaient. J’ai eu bien du plaisir avec des joueurs comme Gilles Archambeault, Merv Collins, Lou Bruce et Kaye Vaughan (un futur membre du Temple de la renommée du football canadien). Le propriétaire de la maison, Bert Clarke, était un véritable fanatique de football ! »

Brian Kilrea

Pendant son passage à Ottawa, Bowman a également eu la chance de faire la connaissance d’une autre légende locale sur un losange de baseball. Brian Kilrea était un an plus jeune et il venait de commencer sa carrière de hockeyeur professionnel, mais il rentrait toujours en ville à l’été. 

« Pendant deux étés, j’ai joué au softball avec Brian. Notre ligue était vraiment très forte et il était un très bon joueur », a dit celui qui dit aussi connaître Charles Henry, des Olympiques de Hull/Gatineau, mais surtout de réputation.

En 1967, Scotty Bowman a obtenu son premier job d’entraîneur-chef dans la LNH avec les Blues de Saint-Louis. Sa carrière allait se poursuivre dans la meilleure ligue au monde jusqu’à ce jour. Il n’a donc pas eu le temps de vraiment revenir dans la région.

« Je suis revenu voir un match de hockey junior à Hull il y a 10-15 ans. À mon sens, rien n’avait changé, mais ça m’a ramené de beaux souvenirs. »

Des questions

Une fois l’entrevue terminée, au lieu de raccrocher, Bowman a inversé les rôles et c’est lui qui a commencé à poser des questions au Droit.

Il tenait à s’informer sur les développements du nouvel aréna pour les Olympiques.

« Combien de sièges y aura-t-il ? Est-ce près du site actuel ? Est-ce que Gatineau attire encore de bonnes foules ? Est-ce que le nouvel aréna va aider l’équipe ? Est-ce que les 67’s d’Ottawa jouent contre Gatineau ? Est-ce que les matches comptent au classement ? »

Bref, il a 86 ans, mais ce n’est pas demain la veille que Scotty Bowman va cesser de parler de hockey.