Vainqueur de la Coupe Memorial en 2018, Samuel Asselin avait vécu une entrée en matière cauchemardesque dans la LHJMQ, à son année de repêchage.

Samuel Asselin: «Profitez de votre journée»

QUÉBEC — Samuel Asselin a mis un point d’exclamation sur son stage junior ces dernières heures en acceptant une offre de contrat des Bruins de Boston. Ces derniers auraient coupé l’herbe sous le pied du Canadien, notamment, pour mettre la main sur un des joueurs les plus prolifiques du hockey junior canadien ces deux dernières années.

Asselin, c’est trois finales de la LHJMQ. Deux finales de la Coupe Memorial. Une Coupe du Président, une Coupe Memorial. Meilleur buteur de la ligue l’an dernier avec 48 filets. Et meilleur buteur de l’histoire du tournoi de la Coupe Memorial!

Voilà un tableau de chasse qui ferait rêver n’importe quel joueur de hockey.

Pour Asselin, c’est une douce revanche, lui qui avait vécu un véritable cauchemar à son repêchage, il y a cinq ans à Sherbrooke!

«Je voulais m’en aller»

Répertorié au 15e rang des meilleurs espoirs, Asselin avait évidemment enfilé ses plus beaux habits. Il rêvait de parader sur le podium en première ronde, tel que son rang le prévoyait. Ses conseillers l’avaient préparé au cas où l’attente serait un peu plus longue, il s’était donc mis dans la tête que l’élastique pourrait le catapulter au milieu du deuxième tour.

Ce fut plus long. Beaucoup plus long. Une éternité. Plus les minutes passaient, plus Asselin se sentait démoli. «Ma sœur était stressée, ma mère n’osait pas me regarder tellement elle sentait la déception. Moi, je voulais m’en aller. Et abandonner le hockey. Heureusement, mon père m’a convaincu de rester. C’était difficile de voir les gars sortir un après les autres. Tu les connais, tu as joué contre eux. Tu te demandes ce qu’ils ont de plus que toi… Tu te demandes si tu n’as pas été simplement oublié…»

Le calvaire a pris fin en cinquième ronde. Il est devenu le 78e choix de l’encan 2014, une prise des Cataractes. À la table de l’équipe, on fêtait. Les hommes de hockey étaient abasourdis de voir à quel point Asselin avait glissé. L’adolescent la trouvait pas mal moins drôle. C’est avec les larmes aux yeux, un peu sonné, qu’il a échangé des poignées de main. «La première personne qui m’a demandé comment j’allais, c’était notre conseiller pour les études, Stéphane Lajoie. Je lui ai répondu que ça allait mal! Il ne comprenait pas ma déception, il m’avait fait tout un speech. Dans le fond, il avait raison. Ça importe peu, le rang de sélection.»

Asselin s’en est rendu compte rapidement. La semaine suivante, lors d’une première activité d’équipe, il a chaussé les patins avec les Beauvillier, Gignac et compagnie. Il s’est senti à sa place. Il a enchaîné avec un excellent premier camp d’entraînement… où il a été coupé à la dernière journée. «Ça aussi, ça été dur à prendre. J’avais aimé mon camp, j’avais marqué la veille des dernières coupures, j’étais tout excité. Sur le coup, je n’ai pas trop compris la décision de me renvoyer midget AAA. Mais les Cataractes avaient un plan pour moi. J’ai continué à travailler fort, je me ne suis pas découragé. Faut admettre que le plan n’était pas mauvais en fin de compte!»

Quand il est revenu en Mauricie à 17 ans, c’était pour s’y installer. Il a graduellement fait sa place sur l’échiquier offensif, avant d’être échangé à Bathurst l’an dernier où il a carrément explosé. Il a joué un rôle-clé dans la quête du Titan, buvant dans les coupes du Président et Memorial. Échangé à nouveau aux Mooseheads, il a encore une fois été très important sur la route qui s’est arrêtée en finale de la Coupe Memorial.

Non, Asselin ne changerait pas grand-chose des cinq dernières années, qui ont filé à un rythme d’enfer. Sauf peut-être son attitude en cette fameuse journée du repêchage. «Quand des jeunes m’en parlent, je leur dis: ‘profitez de votre journée, peu importe ce qui se passe’ Ce n’est pas tout le monde qui a la chance de vivre ça. Quant au repêchage LNH, c’est réservé à un plus petit groupe encore. Nous sommes chanceux dans la LHJMQ d’avoir accès à une journée comme celle-là. Il faut simplement s’y présenter sans attente et savourer le moment. Après tout, ce n’est qu’une étape. Ceux qui croient en eux et qui bûchent sans relâche, ils vont faire leur chemin. C’est comme un premier contrat pro. C’est bien l’fun, mais ça ne garantit rien. Tu dois toujours continuer de pousser…»