Darick Louis-Jean reçoit un peu d’amour de son coéquipier Shawn Boudrias pendant une pause d’entraînement des Olympiques de Gatineau vendredi matin.

Sacrifices payants pour Louis-Jean

Débarqué tardivement au camp d’entraînement des Olympiques de Gatineau, Darick Louis-Jean a progressé à vue d’œil auprès de ses entraîneurs, de ses coéquipiers et même des partisans dans les gradins du centre Guertin.

Le simple fait qu’il porte les couleurs d’une équipe de la LHJMQ cette saison tient de l’exploit. À pareille date l’an dernier, il sautait dans le métro tous les matins et tous les soirs avec son sac d’école et sa « poche de hockey » pour poursuivre son rêve d’accéder aux rangs professionnels en jouant dans une ligue civile et une ligue scolaire.

« Pour aller à l’école, je partais de Pointe-aux-Trembles vers 6 h 45 avec tout mon équipement de hockey. Nous étions souvent très tassés dans le métro. C’était vraiment gênant ! Le soir, après mes pratiques, je faisais le trajet inverse. »

Pendant que la majorité des jeunes de son âge se faisaient conduire par papa ou maman, Darick Louis-Jean, lui, devait se taper des heures de transport public.

« Il faut aimer ça ! Je suis le plus vieux chez nous. Mes deux autres frères jouent au basket-ball. Je jouais aussi au basket et au football. J’étais bon au foot, mais j’avais fait trop de sacrifices pour me rendre où j’étais rendu au hockey. J’ai concentré mes efforts là-dessus. Ç’a payé. Je suis le seul qui joue au hockey dans ma famille. Mes cousins sont au basket ou au foot, mais mon père était un joueur de hockey. Il a été mon inspiration », a raconté le défenseur de 17 ans, qui a joué son hockey midget AAA avec le Rousseau Royal de Laval-Montréal.

Choix de neuvième ronde des Foreurs de Val-d’Or en 2016, il croyait bien avoir une chance de se tailler un poste là-bas cette année, mais Louis-Jean a rapidement été prêté aux Olympiques pendant le camp.

« Le directeur général des Foreurs trouvait que j’avais plus de chances de faire l’équipe à Gatineau. Quand je suis arrivé ici, nous étions neuf défenseurs, mais en regardant ma compétition, je me suis dit que j’étais capable de me battre pour un poste. »

Darick Louis-Jean a gagné son pari. Il est resté, notamment en récoltant trois points à ses trois premiers matches hors-concours. Il a bien sauté le premier match de la saison régulière à Val-d’Or, mais il a été rayé de l’alignement seulement une autre fois depuis.

Sa progression est tellement évidente que l’entraîneur-chef Éric Landry ne peut plus se permettre de le sortir de l’alignement.

« Nous avons confiance en lui. Il est arrivé ici sans véritable expérience, mais il réagissait très bien aux enseignements. Il était dans une très bonne forme physique. Il était très rapide et fort. Il gagnait ses batailles le long des rampes. Il a progressé rapidement dans plusieurs phases du jeu. Il fait attention aux détails. On voit que ça devient plus facile pour lui de jouer au niveau junior majeur. »

Ligue scolaire

Après avoir complété son stage midget AAA, il avait été retranché à son premier camp avec les Foreurs. L’an dernier, il a donc évolué dans une ligue scolaire, où pour la première fois de sa carrière, il a accumulé les points avec aisance. C’était son objectif de la saison.

« Je voulais travailler les aspects de mon jeu que je ne pouvais pas faire dans le midget AAA. Je voulais améliorer mon jeu offensif. Je voulais travailler dans mes zones d’inconfort. J’ai pris toutes les heures de glace que je pouvais. Je jouais à l’école Georges-Vanier, mais j’étais aussi remplaçant avec le collège André-Grasset. »

Le colosse de 6’1’’ et 194 livres a attendu au 17e match de la saison pour obtenir son premier point avec les Olympiques, mais il en a ajouté un autre deux matches plus tard. Il a aussi livré son premier combat. Plus la saison avance, plus il se sent en confiance.

« Ça va bien et c’est tant mieux. C’est mon année de repêchage ! »