Dale Hawerchuk
Dale Hawerchuk

Royals de Cornwall: une conquête dans des débris et... un poulet vivant

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
Gilles Crepeau, Dan Daoust et leurs coéquipiers n’oublieront jamais le tournoi de la coupe Memorial de 1980, la plus controversée de la riche histoire du championnat national.

Les Royals de Cornwall avaient remporté la finale 3-2 en prolongation contre les Petes de Peterborough à Regina, en Saskatchewan. Un match qui avait été stoppé à une douzaine de reprises en raison de débris lancés sur la patinoire par des partisans frustrés. Des rouleaux de papier de toilette à de la bière et des boissons gazeuses.

«Un poulet vivant avait même été lancé», se souvient Crepeau, qui était le meilleur buteur des Royals en saison régulière. Il avait inscrit 48 buts, 11 de plus qu’un futur membre du Temple de la renommée du hockey, Dale Hawerchuk, qui était alors âgé de 17 ans.

«Ce n’est pas parce que j’ai marqué plus souvent que lui que ça voulait dire que j’étais plus talentueux que Dale», précise Crepeau en riant.

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Revevons au match.

Les amateurs des Praires en voulaient aux Petes et leur entraîneur-chef Mike Keenan. Ils leur reprochaient d’avoir perdu intentionnellement la dernière partie du tournoi à la ronde face à Cornwall afin de les affronter à nouveau en finale. Du même coup, ils s’assuraient d’éliminer l’équipe locale, les Pats de Régina, qui misait sur Doug Wickenheiser sur la glace et Bryan Murray derrière le banc.

Les Petes menaient 4-1 durant cette joute. Ils avaient retiré leur gardien partant en faveur du substitut.

Les Royals avaient remonté la pente pour gagner 5-4 et accéder à la finale contre ces mêmes Petes.

«Je pense à ce tournoi chaque fois que je descends dans mon sous-sol. J’ai des photos accrochées au mur qui longe les escaliers, relate Dan Daoust, qui était capitaine des Royals.

«Nous n’étions pas censés gagner la coupe cette année-là. Je me souviens de la finale. Ce n’était pas facile d’arrêter, recommencer à jour, arrêter, puis recommencer. Mais quand on a fini par jouer sans arrêt à la fin, c’était un match excitant.»


« Des amateurs nous attendaient à l’aéroport de Montréal. Il y avait 20 autobus qui suivaient ensuite notre propre autobus en route vers Cornwall. »
Gilles Crepeau

Surtout lorsque Daoust a vu son coéquipier Robert Savard monter d’un bout à l’autre de la glace en prolongation pour inscrire le but vainqueur.

«C’était un défenseur défensif. J’étais sur la glace. Je l’ai vu passer à côté de moi et les Petes ne faisaient que reculer et lui laisser tout l’espace.»

Crepeau, lui, était encore plus un spectateur privilégié, se trouvant non loin du filet lors du but vainqueur. Il avait été le premier joueur à se lancer dans les bras de Savard.

«C’était un ami. Il a grandi à Azilda, à 10 milles de chez moi», précise le natif de Levack, près de Sudbury.

Ce dernier se rappelle encore de l’accueil réservé par les partisans des Royals au retour des Royals dans l’Est ontarien.

«Des amateurs nous attendaient à l’aéroport de Montréal. Il y avait 20 autobus qui suivaient ensuite notre propre autobus en route vers Cornwall. En arrivant près de la ville sur l’autoroute 401, les gens nous attendaient déjà... les rues étaient pleines de citoyens. Ça nous a pris une heure pour traverser la ville jusqu’à l’aréna où d’autres personnes s’étaient réunies, souligne Crepeau.

«Nous avions été fêtés pendant toute la semaine. C’était excitant pour des jeunes de 16 et 17 ans. Nous nous étions retrouvés dans des corvettes pour un défilé.»