Marco Rossi a remporté le championnat des compteurs de la Ligue canadienne de hockey avec une récolte de 39 buts, 81 passes et 120 points en 56 matches. Il a été un des meilleurs joueurs de l’histoire des 67’s d’Ottawa dans ses deux années dans la capitale fédérale.
Marco Rossi a remporté le championnat des compteurs de la Ligue canadienne de hockey avec une récolte de 39 buts, 81 passes et 120 points en 56 matches. Il a été un des meilleurs joueurs de l’histoire des 67’s d’Ottawa dans ses deux années dans la capitale fédérale.

Rossi ne reviendra pas avec les 67’s

Jean-François Plante
Jean-François Plante
Le Droit
À 18 ans, Marco Rossi a dominé tous les compteurs de la Ligue canadienne de hockey avec une récolte de 120 points en 56 matches.

En principe, il pourrait émerveiller les partisans des 67’s d’Ottawa en gonflant ces chiffres davantage puisqu’il est admissible à une autre année junior, mais ceux-ci devront en faire leur deuil.

La Centrale de recrutement de la LNH l’a classé au cinquième rang parmi les espoirs qui ont évolué en Amérique du Nord en 2019-20.

Pour André Tourigny, l’entraîneur-chef des 67’s d’Ottawa, Rossi va patiner dans le circuit Bettman la saison prochaine. «Il est rendu là. Il a dominé le hockey junior canadien à 18 ans. Il est prêt pour la prochaine étape.»

Joint chez lui en Autriche mercredi, Rossi était d’accord avec son coach.

«Je suis 100 % prêt à faire le saut dans la LNH. Dans ma tête, j’ai joué mon dernier match dans la Ligue de l’Ontario (LHO). Je dois un énorme merci aux 67’s. Ils ont fait de moi un meilleur joueur. Le professionnalisme de l’organisation est exceptionnel. L’équipe qui me repêchera décidera de mon sort. Je me vois dans la LNH, mais si ça n’arrive pas, pour progresser, j’aimerais mieux jouer chez les professionnels en Europe.»

André Tourigny sait qu’il ne pourra retenir ce véritable pur-sang. Il connaît sa personnalité. Chaque jour, Rossi veut se dépasser. Les 67’s n’empêcheront pas l’Autrichien de retourner en Europe si tel est en son désir. Ils ont trop de respect pour lui et ses services rendus.

Devant Lafrenière

Rossi a tout cassé à sa deuxième saison dans la LHO. En 56 matches, il a été tenu à l’écart de la feuille de pointage seulement quatre fois. Personne n’avait récolté autant de points dans la LHO depuis Alex DeBrincat (127 points en 63 matches) en 2016-17. Il a devancé Alexis Lafrenière par huit points, mais le meilleur espoir du prochain repêchage de la LNH a aussi disputé quatre matches de moins que Rossi. Il est le troisième joueur des 67’s à remporter le championnat des compteurs dans les années 2000 après Corey Locke (2003 et 2004) et Tyler Toffoli (2011).

«Ma deuxième saison a été beaucoup plus facile. L’an dernier, j’ai dû apprendre un tas de trucs. Tout était nouveau pour moi. J’ai toujours su que je pouvais devenir le meilleur marqueur de la ligue. Ma saison prouve que c’était la bonne chose à faire de venir jouer au Canada. C’était ma décision. Mes parents hésitaient, mais ils m’ont appuyé. Le sacrifice en a valu le coût.»

Ce qu’il déteste

Perfectionniste dans tout ce qu’il entreprend, il y a un détail que Rossi ne pourra jamais améliorer: sa taille. Il mesure 5’9’’. Il déteste ça, mais il a appris à vivre avec ce que la nature lui a donné.

«Ma taille a fini par m’aider. Parce que j’entendais que ça pouvait me nuire auprès des recruteurs, j’ai redoublé d’ardeur pour me renforcer. Ma taille a fini par être un avantage parce que je suis devenu très fort physiquement. Personne ne me malmène sur la glace. Je n’ai rien à envier aux joueurs plus costauds pour prendre le contrôle de la rondelle.»

Excellent dans les trois zones, Rossi a montré un différentiel de +69 cette saison. Le record de la ligue est de +70. Il aurait pulvérisé ce record si les 67’s avaient pu jouer leurs six derniers matches.

Malgré l’annulation de la saison de la Ligue canadienne de hockey, Rossi espère pouvoir se rendre sur place pour participer à un véritable repêchage en direct. La séance prévue pour Montréal a été reportée mercredi. La date et le lieu restent à déterminer.

«Ça serait une expérience cool à vivre. Mon agent a dit que le repêchage pourrait être repoussé en septembre.»

Et si les Sénateurs lui permettaient de poursuivre sa carrière à Ottawa?

«J’étais bien à Ottawa, mais je vais me joindre à l’équipe qui voudra bien de moi. Je suis ouvert à tout. Peu importe qui va me repêcher, je vais vouloir percer l’alignement dès le départ.»

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Un rêve s’envole, un autre commence

Obsédé par sa passion du hockey, Marco Rossi se désole d’être en arrêt forcé chez ses parents en Autriche.

Il se voyait conduire les 67’s d’Ottawa au championnat de la Ligue de l’Ontario et même à la conquête de la coupe Memorial. Il aurait pu gagner d’autres points auprès des recruteurs et des directeurs généraux de la LNH avec un printemps magique dans la capitale fédérale.

Une pandémie mondiale a toutefois coupé court à ses ambitions. Son rêve s’est envolé en fumée. Comme tout le monde, il doit prendre son mal en patience et faire preuve de créativité pour garder la forme.

«C’est très triste, tout ce qui se passe, mais j’avais anticipé le coup. Je voyais ce qui se passait en Europe. Je savais que le Canada en serait éventuellement affecté et que nous aurions de la difficulté à finir notre saison. Il faut faire avec. Le hockey, c’est ma passion, mais quand je suis loin de la patinoire, je ne suis pas le hockey. Je ne regarde pas de matches. Alors, comme je ne peux plus jouer, j’ai déjà appelé mon entraîneur personnel et nous avons déjà commencé mon entraînement d’été pour la saison 2020-21.»

Rigoureux et discipliné comme toujours, il a déjà l’oeil sur son prochain objectif. Il est de retour au travail avec un entraînement spécialement concocté pour son confinement à la maison.

«J’ai seulement une chose en tête. C’est de m’améliorer tous les jours. Vous m’avez entendu répéter ça toute l’année, mais c’est la vérité. Chaque jour, je m’améliore et j’en retire une satisfaction.»

À défaut de pouvoir sauter sur la glace, Rossi se réconforte à l’idée d’avoir retrouvé ses proches.

«Quand je ne joue pas au hockey, je passe du temps de qualité avec ma famille et mes amis. Je suis un grand amateur de soccer et de tennis. Mes deux soeurs jouent au tennis. Elles ont 24 et 20 ans.»

À Feldkirch, à la frontière de l’Autriche et de la Suisse, Rossi a aussi renoué avec son plat préféré: le schnitzel.

«Celui de ma mère est le meilleur! Elle est venue m’en faire à Ottawa, mais ça ne goûtait pas pareil comme à la maison. Ici, c’est mieux!»

Marco Rossi en rafale :

- Avec sa moyenne de 2,14 points par match et avec six matches à jouer à la saison régulière, Rossi était en voie de récolter 132 points. Aucun joueur de la Ligue de l’Ontario n’a récolté plus de 130 points depuis la saison 2006-07. Cette année-là, Patrick Kane (145), John Tavares (134) et Sergei Kostitsyn (131) avaient réalisé l’exploit.

- Rossi a connu 34 matches multipoints cette saison. Dans 61 % des matches, il a récolté au moins deux points. Il a connu 7 matches de quatre points et plus, incluant un match de six points.

- Seulement 7 des 39 buts de Rossi ont été comptés en avantage numérique et 31 de ses 81 passes ont été obtenues sur l’attaque massive. Il a aussi remporté 58,5 % de ses mises en jeu.

- Un des meilleurs joueurs de l’histoire des 67’s, Rossi a complété ses deux saisons avec 68 buts et 185 points en 109 matches. Quand il était sur la glace, l’autre équipe ne comptait pas souvent comme en témoigne son différentiel hallucinant de +120.