À sa deuxième saison avec les Olympiques, Métis Roelens avait accumulé 14 points en 33 matches avant la pause de Noël, mais il a ajouté 11 points en 12 matches depuis la reprise des activités de la LHJMQ.

Roelens profite du virage jeunesse

Quand les Olympiques de Gatineau ont monnayé leurs valeurs les plus sûres pendant la dernière période des transactions, ils anticipaient que leurs jeunes vétérans étaient prêts à prendre le relais.

Métis Roelens, 18 ans, leur a donné raison en récoltant 11 points en 12 matches après la pause de Noël dans la LHJMQ.

Onze points, c’est plus que n’importe lequel des trois vétérans sacrifiés par l’équipe gatinoise cette saison. Jeffrey Durocher a 10 points en 12 matches à Rimouski. Maxim Trépanier avait récolté sept points en sept matches avant d’être victime d’une blessure il y a deux semaines à Halifax et Shawn Boudrias a amassé trois points en neuf matches au Cap-Breton.

Sans l’ombre d’un doute, l’ancien du Blizzard du Séminaire St-François est l’attaquant qui profite le plus de la grande vente de liquidation des Olympiques.

Depuis que les canons offensifs du club ont été échangés, il a marqué six buts en 12 matches. Ils ont tous été inscrits en avantage numérique, une facette déficiente du jeu chez les Olympiques avant les Fêtes.

« C’est sûr que ça m’a fait quelque chose de voir mes chums partir. Ça faisait un an et demi que nous jouions ensemble. Quand nous sommes revenus de la pause de Noël, nous avons tenu une rencontre. Notre club était devenu très jeune et c’est comme si la pression était tombée avec le départ de bons joueurs. Nous voulons toujours gagner nos matches, mais nous voulons avant tout former une équipe qui se présente à tous les matches et qui travaille fort. »

Métis Roelens, Mathieu Bizier et Charles-Antoine Roy ont hérité des minutes de jeu laissées par les vétérans échangés. Les trois ont relevé le défi. Déjà reconnu pour son efficacité défensive, Roelens savait qu’il pouvait ajouter une touche offensive à son jeu.

« J’avais confiance de pouvoir aider l’équipe offensivement au retour des Fêtes. À date, ça va très bien, surtout avec Bizier. Je le connaissais pour m’être entraîné avec lui pendant l’été. Nous avons des styles similaires, surtout parce que nous travaillons avec acharnement dans les deux sens de la patinoire. »

Au sujet de ses six buts comptés en avantage numérique dans les 12 derniers matches, Roelens affirme qu’il n’y a pas de secret.

« Je me mets à la bonne place et je fais dévier les rondelles qui s’en viennent vers moi. Depuis que nos bons joueurs sont partis, nous avons gardé les choses simples sur le jeu de puissance. Il y a quelques jeux que nous aimons pratiquer et utiliser. Nous n’avons qu’à décider celui que nous allons prendre. Nous l’essayons et jusqu’à maintenant, ça se passe bien. Notre taux de réussite a beaucoup augmenté en avantage numérique. »

Pour l’entraîneur-chef Éric Landry, le géant de 6’5’’ commence à peine à toucher à son potentiel.

« Il a juste 18 ans et il apprend à utiliser son gabarit à son avantage. Il lui a fallu apprendre à coordonner ce grand corps ! Il est plus fort et plus expérimenté que l’an dernier. J’ai hâte de le voir aller à 19 et 20 ans. »

À 6’5’’et 205 livres, le colosse déplace de l’air sur une patinoire, mais il n’y a pas que des avantages à être plus costaud que tout le monde. Physiquement, son travail est taxant.

« Parce que je prends de la place sur la patinoire, je cause des frictions à mes adversaires. Je suis dur à contourner. Ma longue portée me permet de couper des passes. C’est frustrant pour eux. Aussi, comme je suis dur à déplacer, je me fais frapper en masse en me plantant les patins devant le filet adverse. »

Toujours admissible au repêchage de la LNH, Roelens ose encore rêver d’avoir une chance avec quelques bonnes saisons dans la LHJMQ.

« J’aime mieux ne pas trop y penser, mais c’est sûr que j’aimerais être repêché ou recevoir une invitation à un camp de la LNH. »

S’il poursuit dans la même cadence, Métis Roelens sera difficile à ignorer.

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Charles-Antoine Roy s’impatiente

Charles-Antoine Roy n’a pas emprunté le chemin conventionnel vers la LHJMQ.

Ignoré au repêchage, il n’a jamais baissé les bras malgré les embûches. À 19 ans, il n’en est qu’à sa deuxième saison dans le circuit Courteau et il avait enfin accédé au premier trio des Olympiques après les multiples échanges du club pendant le temps des Fêtes.

Malheureusement, une blessure survenue le 31 décembre à Sherbrooke est venue ralentir son élan. Il croyait cette blessure au bas du corps derrière lui, mais il l’a aggravée dans un match qu’il avait complété contre les Saguenéens de Chicoutimi le 4 janvier. Puis, il a joué un match de trop contre les Remparts à Québec le 9 janvier. Cette fois, il a été convenu qu’il devait se donner le temps de guérir à 100 % avant de reprendre l’action.

Cette décision fera en sorte qu’il ratera à nouveau le prochain week-end des Olympiques à Victoriaville et Sherbrooke. Il s’agira de ses sixième et septième matches manqués et Roy commence à en avoir marre de regarder ses coéquipiers à partir des gradins.

« C’est plate parce que j’étais vraiment sur la bonne voie. Ça fait suer. Je suis tanné. J’ai hâte de revenir. J’étais enfin rendu où je voulais dans la LHJMQ. Je n’ai rien eu de facile. J’ai été retranché du midget AAA. J’ai joué midget AA à 16 ans, puis collégial à 17 ans. J’ai souvent eu des bâtons dans les roues. Je suis toujours passé sous le radar. Je commençais à peine à prendre mes aises. Et maintenant, je dois m’arrêter... »

Le Gatinois avait été épargné par les blessures jusqu’ici. Il avait disputé 66 matches l’an dernier. Il est rendu à 110 matches d’expérience dans la LHJMQ maintenant. Avec tous les départs, il est le nouveau meneur du club avec 13 buts.

Éric Landry note d’ailleurs que la progression de Roy est facile à remarquer. « Il était une recrue de 18 ans l’an dernier. Il vient de franchir le plateau des 100 matches et son expérience commence à paraître. Sa vitesse devient une arme. Il a pris confiance dans plusieurs aspects de son jeu. »

Plateau des 20 buts

Charles-Antoine Roy voudra reprendre là où il avait laissé avant de s’absenter du jeu. Le plateau des 20 buts était dans sa mire dès le début du camp d’entraînement.

« Je l’ai encore en tête et je pense bien être capable d’y arriver parce que je joue à forces égales et sur les deux unités spéciales. »

Comme il a toujours dû attendre un peu plus que les autres pour se faire justice, Roy espère justement qu’il n’est pas trop tard pour attirer l’attention des équipes de la LNH. Ses entraîneurs avancent que sa vitesse est déjà du niveau de la meilleure ligue au monde.

« C’est sûr que je rêve encore de jouer chez les professionnels et c’est sûr que je vais tout donner pour que ça arrive. »

Parlant de blessures, le défenseur Chris McQuaid prend plus de temps à guérir que prévu.

« Ça semblait mineur au début, mais ça n’avance pas. Il a fallu changer notre stratégie et nous ne savons pas quand il pourra revenir », a indiqué Éric Landry.

Pour sa part, l’attaquant recrue André Simard en a encore pour deux semaines avant de réintégrer l’alignement gatinois.